LES PIONNERS DE LA WESTERN UNION
Western Union - Etats-Unis - 1941
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Les Pionners de la Western Union »
Genre : Western
Réalisateur : Fritz Lang
Musique : David Buttolph
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français DTS HD Master 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Pionners de la Western Union »
portoflio
LE PITCH
Dans les années 1860, la Western Union doit installer une ligne télégraphique à travers l’Ouest des Etats-Unis. Un des responsables de la compagnie, Creighton, est secouru dans le désert par Vance Shaw, recherché pour un vol de banque. Reconnaissant, Creighton embauche Vance comme éclaireur pour la Western Union. Mais l’installation de la ligne est rapidement perturbée par des attaques indiennes et des vols de chevaux, et le passé trouble de Vance refait bientôt surface…
Partagez sur :
Petit lang ?

Comme beaucoup, on a facilement tendance à cantonner Fritz Lang à sa carrière allemande. Il est vrai que les Mabuse, Metropolis ou M le maudit sont de fabuleux arbres ayant tendance à cacher le reste de sa forêt cinématographique après son exil américain. Le pays de l'oncle Tom (mais peut-on encore le dire ?) lui a permis de s'exprimer encore brillamment avec des films de premier ordre. Mais l'apanage des grands réalisateurs ne se compte pas en nombre de classiques. Non, la reconnaissance des génies se reconnaît dans ce que l'on peut considérer d'œuvres mineures ou de commandes.

Les Pionniers de la Western Union pourrait rentrer dans cette catégorie mais comme Fritz Lang se retrouve aux commandes du projet, ce film de seconde zone se revêt d'atouts de grande classe. Second western qu'il tourne pour Darryl Zanuck après le retour de Frank James, le magnat de la Fox confia comme mission à Lang de poser son regard d'européen sur le genre le plus galvaudé de son pays d'adoption. Il ne faudra pas lui en donner plus pour mener à bien sa tache. Par son œil iconoclaste et son sens du cadrage il allait prendre un malin plaisir à offrir sa fonction d'observateur sans pour autant sacrifier à la sacro-sainte imagerie du genre avec ses cowboys et ses indiens. Son film sera selon ses dires « un far-West non pas comme il était, mais un film qui a fait rêver le public et lui a donné le désir que le far-West ait réellement était ainsi ».

 

Grand Western !


Fritz Lang s'amuse à démonter le mythe américain. La trame principale est simple. Elle évoque l'arrivée du télégraphe dans le grand Ouest laissant sceptique les vieux de la vieille.
Son point de vue singulier prendra forme au travers le personnage interprété par Robert Young, le responsable citadin chargé de la mise en œuvre de la mission. Troquant son costume trois pièces pour un bel accoutrement de cowboy d'opérette (à faire pâlir Marty Mc Fly dans le troisième Retour vers le futur), il aura fort à faire pour imposer le respect que sa fonction impose. Dur de ne pas faire l'amalgame avec Fritz Lang cherchant à faire son trou dans le paysage cinématographique hollywoodien. Bien sûr, on peut comprendre l'attachement du cinéaste pour ce personnage qui ne déviera pas d'un iota de son image. Petit à petit, il gagnera forcément le respect de ses pairs et contre toute attente livrera un duel gagnant contre le bad guy du film. Mais celui-ci n'est pas seul. Le monolithique Randolph Scott joue ici le second rôle de luxe en bon samaritain torturé avec son passé trouble l'empêchant d'entrevoir la reconnaissance d'une vie nouvelle. Le réalisateur s'applique ardemment aux faux-semblants et démonte gentiment le cahier des charges du Western. Après son cowboy au rabais, il passe par la case obligée de l'attaque d'indiens qui n'ont de peau rouge que l'apparence. Iconoclaste, il joue sur les couleurs pour accentuer le décalage ponctuant son film d'humour par le biais d'un personnage engagé contre son gré pour faire la tambouille à un campement vorace. Chacune de ses apparitions est un véritable bonbon pour le spectateur.

Alors, Les Pionniers de la Western Union, grand film ? Avec Fritz Lang, il n'y en a pas de petits, il y en a certes de moins référentiels, de plus anecdotiques mais ceux-ci peuvent créer la surprise comme celui-là. Après vision, on comprend mieux l'attachement de son réalisateur pour ce film qu'il décrivait comme son meilleur Western. On ne peut qu'être d'accord.

Cédric Lemaire




Partagez sur :
 

Image :
Resplendissante ! Un pur bijou de restauration HD, la colorimétrie est formidable, le piquet aux petits oignons. Difficile d'imaginer de telles conditions de visionnage pour un film de 80 ans. En clair, l'image est à tomber, Sidonis nous offre une restauration optimum !

 


Son :
De très bonnes pistes sons nous sont proposées ici. En mono 2.0 elles sont parfaitement équilibrées, justes et claires aussi bien en VF qu'en VO.

 


Interactivité :
Fidèle à tous les titres de la collection, Patrick Brion y va de sa présentation maison. Par contre ce qu'il faut retenir, c'est l'interview qu'accorda Lang au réalisateur William Friedkin en 1975. D'un montage initial de 140 mn, celui-ci raccourci à trois quart d'heure, voit le cinéaste s'attarder sur sa période allemande jusqu'à sa fuite rocambolesque d'Allemagne suite à sa rencontre avec Goebbels. Forcément passionnant.

Liste des bonus : Présentation de Patrick Brion (9'), Conversation avec Fritz Lang (47')

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020