MAXIME
France - 1958
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Genre : Comédie
Réalisateur : Henri Verneuil
Musique : Georges Van Parys
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 123 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 4 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Paris, 1914. Maxime Cherpray est sans le sou mais, grâce à sa culture et son affabilité, côtoie la bourgeoisie parisienne dans les soirées mondaines. Un de ses amis lui confie alors le rôle d’entremetteur auprès d’une riche et belle célibataire. Mais Maxime en tombe rapidement amoureux...
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Les lumières de la ville

Déjà quatre ans que les parisiens de Coin de Mire redonnent, en haute définition, une nouvelle jeunesse aux plus grands films du patrimoine français. Cette fois, c'est un Verneuil méconnu qui retrouve le feu des projecteurs. L'occasion de découvrir une perle du cinéma hexagonal et le travail, toujours aussi impressionnant, d'un éditeur qui soigne sa passion.

Maxime est à la base un roman d'Henri Duvernois édité pour la première fois en 1927. Duvernois, écrivain plutôt oublié (malgré un beau succès public et critique à l'époque) fut aussi journaliste, dialoguiste et auteur de théâtre. Autant de cordes à son arc qu'on retrouve, disséminées, au sein du film d'Henri Verneuil (qui sort à peine du drame social très en avance sur son temps Des Gens Sans Importance). Le film s'ouvre donc sur une introduction très journalistique des différentes visites de la famille royale d'Angleterre en France avant de glisser doucement vers Maxime (Charles Boyer, le plus américain des acteurs français de l'époque), personnage principal, plutôt âgé, côtoyant la haute bourgeoisie sans pour autant en faire véritablement partie. Une légèreté de ton, très proche de la comédie, qui nous présente différents personnages riches, semblant importants mais finalement frivoles, qui ne pensent qu'à s'amuser sans penser au lendemain. Hubert de Treffujean (Félix Marten, futur Simon Templar de Le Saint mène la danse), boursicoteur coureur de jupons, Gazelle (Arletty, à l'immortel sourire carnassier), ex petite amie de Maxime qui a trouvé réconfort et richesse dans les draps d'un vieux Général qui écrit ses mémoires... Une ménagerie qui s'ébroue dans les soirées des grands clubs parisiens et dont le microcosme va soudain tressaillir à la venue de la jeune et belle célibataire Jacqueline Monneron (Michèle Morgan, lumineuse et mordante). Treffujean la veut dans son lit. Maxime en tombe amoureux. Le sempiternel triangle amoureux sur fond de différence social (Maxime est clairement pauvre malgré les apparences) qui va, par la grâce de dialogues ciselés à l'or fin et de la caméra de Verneuil, en très grande forme, s'envoler vers des sommets insoupçonnés.

 

Les ombres de la vie


Si Verneuil signe lui-même l'adaptation de Duvernois, il s'offre aussi les services d'Henri Jeanson, scénariste et dialoguiste de génie (on lui doit, entre autres, ceux des Maudits de René Clément ou encore de Fanfan la Tulipe) qui va signer des dialogues percutants qui donnent au film un rythme incroyablement soutenu, le faisant passer parfois de la comédie au drame en un tournemain, et offrant à certains de ses personnages les plus gouailleurs (Arletty en tête, évidemment) des lignes de dialogue écrites sans aucun doute pour eux. De son côté, la caméra de Verneuil fait des merveilles, multipliant les plans magnifiques (contre-plongée mettant en valeur le personnage de Morgan au milieu de la chambre de bonne étroite et miséreuse de Maxime) ou les jeux de miroirs ou d'ombres. Des ombres qui vont se faire sentir de plus en plus présentes, au fur et à mesure que la comédie fait place au drame, où il est question d'amour contrarié, de statut social, de trahison et de duel. Jusqu'à un ultime retournement de situation qui, comme dans l'introduction, va replacer sa petit histoire dans la grande pour déployer, au dessus de ses personnages, les ombres de la Grande Guerre.

Formidablement bien joué et réalisé, drôle et enlevé, Maxime mérite donc la (re)découverte. D'autant, qu'une fois de plus, Coin de Mire met les petits plats dans les grands et ne néglige aucun détail pour redonner au film sa grandeur d'antan. Autant de raisons d'y replonger avec délice.

Laurent Valentin






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Image :
A part quelques plans fugaces légèrement sombres et flous, la quasi totalité du film est restaurée rubis sur l'ongle, avec une netteté et une luminosité sûrement jamais vues depuis sa sortie. Une somme de détails absolument fou apparaissent alors pour la première fois à l'écran grâce à un transfert 4K minutieux. Un travail fabuleux !

 


Son :
La seule piste mono a elle aussi subie un beau lifting ! Le résultat ? Peu ou pas de ces habituels chuintements qui peuvent rendre inaudibles certains dialogues. A la place, des lignes de dialogues claires et précises habillées par un univers sonore tout aussi fidèle à l'enregistrement original. De la très grande restauration.

 


Interactivité :
Comme dans toute sa collection La Séance, Coin de Mire laisse le soin au spectateur, dans un menu noir et or du plus bel effet, de choisir entre un simple visionnage du film ou bien de lancer avant lui des actualités et des réclames d'époque. On a donc droit à tout ce qui faisait la grandeur de la France des années 50, entre Bardot et différentes industries (travaillant pour certaines d'entre elles au bien-être des peuples africains). La bande annonce du film vient clore la section bonus. Et le packaging est tout aussi élégant avec un Mediabook contenant une reproduction de documents d'archives et des facs similés de photos d'exloitations et de l'affiche en prime.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm).

 
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