LES EVADéS
France - 1955
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Genre : Drame
Réalisateur : Jean-Paul Le Chanois
Musique : Joseph Kosma
Image : 1.33 4/3
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 115 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 4 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
1943. Michel et François, deux prisonniers de guerre, s’évadent d’un camp allemand. En chemin, ils rencontrent Pierre, un lieutenant français dont le plan d’évasion a échoué. Une amitié nait entre ces trois hommes aux caractères très différents et qui exercent dans la vie des professions très dissemblables. Mais ils ont un objectif commun : gagner la Suède en traversant le nord de l’Allemagne et le Danemark…
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La clefs des camps

Film d'évasion relativement peu connu et bien rare sur nos écrans, Les Evadés (non pas le film avec Tim Robbins et Morgan Freeman) fut pourtant bel et bien consacré Grand Prix du cinéma français et avoisina les quatre millions d'entrées au cinéma. Un authentique succès pour un grand film d'évasion en espace réduit.

Le film d'évasion est, en tant que genre, largement attaché à une certaine culture américaine, à une certaine vision d'un cinéma historique sensationnel, viril et spectaculaire, à l'image de la légende Steve McQueen. Une leçon de courage droite et sans bavure en sommes, en particulier lorsque celle-ci prend place dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant ce Les Évadés est un film français, qui justement s'efforce tout du long d'esquiver le piège de l'héroïsme aveugle, de la célébration de figures détachées des véritables réactions humaines face à ce cadre dangereux et désespéré. Les trois personnages centraux du film, incarnés avec une forte justesse par Pierre Fresnay (La Grande illusion, L'Assassin habite au 21), François Périer (Le Samouraï, L'Attentat) et Michel André (à la carrière malheureusement moins glorieuse que les deux autres), sont certes des héros de guerre prenant le risque d'être fusillé pour leur évasion, mais ils doutent, se trompent, s'invectivent, hésitent parfois à se rendre et surtout n'imaginent pas forcément ensuite se lancer dans la résistance, mais plutôt attendre que les évènements se tassent.

 

Le bon aiguillage


Ce regard très humain, sans une once de manichéisme primaire (certains allemands ont l'air bien sympathique et pas nazi pour un sou, alors qu'on évoque ouvertement les collabos) et ce regard des plus réalistes s'explique certainement par la personnalité même de l'acteur / scénariste Michel André, qui s'inspire justement ici de ses mémoires de détenu d'un camps. Aussi par de celle du réalisateur éclectique Jean-Paul Le Chanois (Le Temps des cerises, Papa, Maman, la bonne et moi..., Les Misérables) militant communiste très attaché aux valeurs syndicales et reconnu pour avoir été un grand résistant. Un film au plus proche de ses personnages, de leur fatalisme parfois (envoyé au front avec des armes rouillées et des munitions du mauvais calibre), jamais de leur désespoir, qui opte d'ailleurs dans sa grande majorité pour la forme du huis clos, coincé dans un wagon de marchandise avec seulement quelques litres d'eau. Aidé par la photographie ciselée et rigoureuse de l'un des meilleurs chef opérateur de l'époque, Marc Fossard (La Belle équipe, Les Enfants du paradis...), Le Chanois maîtrise parfaitement son découpage, habille fermement un film finalement assez figé dans sa scénographique, réussissant à imposer un authentique suspens tout en se permettant des petits sorties légèrement humoristiques toutes en délicatesses.

Bien entendu nos trois gaillards réussiront, après moult péripéties, dangers et impasses, à retrouver la liberté célébrant ainsi un avenir radieux (une fin en couleur fut même envisagée). Mais Les Evadés n'aura cependant pas hésité en cours de route à offrir une séquence glaçante alors que le trio entend des voix de femme chanter le Temps des cerises, réclamant de l'eau, dans un wagon proche... Celui remplis de femme et d'enfants juifs, émaciés, le regards déjà vide, envoyés vers ces autres camps dont on ne revenait pas.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Inédit en DVD, Les Evadés passe directement par la case Bluray, avec une restauration grand luxe dans la foulée. Effectué avec le concours de TF1 Vidéo, ce nouveau scan 4K réhabilite totalement ce film un peu oublié en lui offrant un piqué extrêmement précis, de superbes matières, une profondeur inédite et des argentiques à tomber. On notera bien de ci de là un plan de stock-shot (les mitrailleuses allemandes) plus fouilli, quelques fondus enchainés moins détaillés et une ou deux griffures résistantes, mais la copie est à 90% resplendissante.

 


Son :
Sobre mono d'origine restitué en DTS HD Master Audio, la piste française reste bien évidemment essentiellement frontale et sans grands effets dynamiques. Mais là aussi la restauration est évidente avec une stabilité éprouvée et une stabilité sans hésitation.

 


Interactivité :
Proposé dans la collection La Séance de Coin de mire, Les Evadés est donc disponible dans un toujours superbe mediabook au titre souligné de lettres d'or. L'objet renferme comme à chaque fois un livret piqué comportant une reproduction de communications de presse ainsi qu'une sélection de photos d'exploitations auquel viennent s'ajouter dans des pochettes 10 reproduction physiques de celles-ci et un fac-similé de l'affiche. Le film est quant à lui proposé en DVD et Bluray avec la fameuse option de séance complète qui souvre par une sélection d'actualités de l'année 1955. La visite de Khroutchev en Yougoslavie, les talents de notre marine française, la course d'Indianapolis... Un voyage historique bien sérieux compensé après la bande annonce de Si tous les gars du monde par quelques petits pubs bien rétros dont l'une des premières d'Orangina (qu'on n'avait pas encore besoin de secouer), un petit moment d'animation avec les esquimaux de Gervais et de la bonne huile de moteur vantée par les gosses. Le tout bien entendu restauré comme il se doit.
A noter aussi que lors de la restauration du film, l'éditeur à découvert une seconde version de la fin du film en négatif Eastman Color. Une fin en couleur donc, imaginée dès l'origine par le réalisateur, avec une jolie transition qui permettait d'appuyer encore le message final plein d'espoir qu'on aurait clairement imaginé intégré en seamless branching.

Liste des bonus : Fin alternative inédite en couleurs, La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm).

 
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