10 RUE FREDERICK
10 North Frederick - Etats-Unis - 1958
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « 10 Rue Frederick »
Genre : Drame
Réalisateur : Philip Dunne
Musique : Leigh Harline
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Digital mono 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 24 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Procureur respecté, Joseph B. Chapin vient de rendre l'âme. Qui était en réalité cet homme au-dessus de tout soupçon, qu'on dit moralement irréprochable ? Au moment de ses funérailles, sa fille Ann se remémore les cinq dernières années de sa vie. Un quotidien familial et politique sombre qui cachait en réalité une brève et insoupçonnée histoire d'amour.
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Ton univers impitoyable

TSortie il y a plus de 60 ans mais resté plutôt méconnu depuis, 10 North Frederick ressort en blu-ray. Adaptation très édulcoré d'un best seller de l'époque, le film est surtout une bonne occasion de redécouvrir Gary Cooper dans un de ses derniers rôles et dans une composition très différente des personnages forts et héroïques qui ont fait sa gloire.

À l'origine du film, il y a un roman de John O'Hara sortie en 1955 Ten North Frederick. L'auteur était un spécialiste de la critique acerbe de la bourgeoisie américaine de l'entre-deux guerres. Le livre n'y fait pas exception et met en scène le personnage de Joseph B Chapin, riche avocat d'une cinquantaine d'année qui évolue dans un milieu corrompu et superficiel. On va ainsi suivre sa vie mais aussi celle de ses parents dans une grande fresque qui suit plusieurs générations de la famille Chapin sur près de 60 ans, depuis le début du 20ème siècle. Le roman est un succès critique et la 20th Century Fox lance tout naturellement une adaptation pour une sortie trois ans plus tard.
Le film est confié à Philip Dunne, réalisateur maison mais surtout scénariste qui a écrit pour John Ford, Henry Hathaway ou Joseph Mankiewicz (jolie C.V !). Dunne s'est notamment distingué dans ses portraits de femmes fortes plongées dans des milieux très masculins ( La Flibustière des Antilles premier film a mettre en scène une femme pirate en premier rôle) ou dans des histoires d'amour impossible (le magnifique L'aventure de Mme Muir). Pourtant en 1958, même si il commence à faiblir, le code Hays est toujours en vigueur aux Etats-Unis et un récit qui critique ouvertement le puritanisme américain ne va pas forcément être bien vu par les grandes instances, le scénariste va donc allègrement adoucir son propos.

 

Amour, gloire et beauté


Exit le récit sur plusieurs décennies, le film se concentre uniquement sur le personnage de Joe Chapin et ses dernières années, la critique des moeurs et de l'entrisme du milieu riche est encore là, mais beaucoup plus discrète. Tellement discrète qu'elle en devient même problématique pour la caractérisation des personnages, notamment au travers du personnage d'Edith, l'épouse de Joe, femme intransigeante avec ses enfants et son époux et qui fait passer l'image de sa famille avant tout le reste. Elle concentre en elle tous les défauts de cette société et en devient un personnage très antipathique, autant pour le spectateur que pour les personnages du film, là où dans le roman le personnage de Joe Chapin était plus ambiguë et leur relation plus approfondie.
Dans le film, Joe Chapin est un homme honnête et droit, un bon père de famille et une exception auprès de ses pairs tous corrompus, un « vrai gentleman » comme décrit par un des personnages. Un rôle qui semble être taillé sur mesure pour Gary Cooper et qui peut ressembler à celui qu'il tenait dans Le Rebelle de King Vidor mais qui, dans le cas de 10 rue Frederick tient plutôt du contre-emploi vu que Joe Chapin est ici, un homme très passif, faible et manipulable (il mettra quand même un coup de poing dans la figure de quelqu'un, histoire de rassurer ses habitués). Il trouvera quand même une échappatoire de courte durée dans une idylle avec une femme beaucoup plus jeune que lui, amie de sa fille. Cette partie intervenant dans le dernier tiers du film, est, hélas, peu convaincante, non par l'alchimie du duo mais plutôt par un manque d'épaisseur de l'écriture. Le couple se forme et se défait en très peu de temps alors que leur histoire est sensée être le coeur du film et la raison de la chute du personnage de Joe Chapin alors que paradoxalement c'est dans l'aveu d'échec de leur relation que Gary Cooper arrive enfin à toucher le spectateur. Avouant sa vieillesse, ses regrets, on ressent toute la fragilité de l'acteur à travers son personnage, qui comprend être passé à côté de sa vie.

En édulcorant le roman d'origine, le film devient une critique très gentille de la bourgeoisie, qui ne questionne jamais le pourquoi de ses vices, reste en surface des choses pour devenir au final un mélo peu passionnant. A voir plutôt, donc, pour la prestation de Gary Cooper en homme faillible, hors de son temps dans ce qui allait être un de ses derniers rôles.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Le film a bénéficié d'un nouveau master plutôt convaincant. Malgré quelques traces de griffures sur la pellicule, le piqué de l'image est très satisfaisant, le noir et blanc est bien contrasté. Un transfert qui rend honneur à la très jolie photo du film.

 


Son :
Les pistes audio, en V.O ou V.F, sont en mono dolby digital 2.0 avec un rendu tout à fait correct. Les voix sont clairs et bien équilibrées, en V.F le doublage étouffe un peu le reste de la bande sonore mais le film étant un drame intimiste, ça ne gène pas la vision.

Liste des bonus : Aucun

 
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