3 FROM HELL
Etats-Unis - 2019
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Genre : Horreur
Réalisateur : Rob Zombie
Musique : Zeuss
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 111 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 15 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « 3 From Hell  »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Après avoir survécu de justesse à la prison, le clan dément des Firefly s’est mis en fuite, déclenchant une toute nouvelle vague de meurtres, de folie et de chaos.
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Pour quelques cadavres de plus

Quinze ans après les avoirs laissé pour morts, Rob Zombie ressuscite la famille Firefly pour un ultime tour de piste. Un cirque toujours aussi décadent et macabre mais où plus que jamais le chaos prend le pouvoir.

En deux films plus que mémorables, House of 1000 corpses et Devil's Rejects, Rob Zombie avait aussi bien imposé sa nouvelle voie de carrière (de star du métal à réalisateur du ciné d'horreur, il n'y a qu'un pas) qu'imposé une nouvelle famille de dégénérés aux panthéon des joyeux drilles, euh monstres, du cinéma moderne. Le premier était une variation excité et passionnée du séminal Massacre à la tronçonneuse (et tout un tas d'autres survival des 70's), le second un road-movie aux contours de western baroque, mais à chaque fois la folie de ses personnages, Baby (Sheri Moon Zombie), Captain Spaulding (Sid Haig) et Otis (Bill Moseley), emportait le spectacle dans une violence absurde, glauque, dérangeante, une sorte de délire aussi furieux que fascinant. Achevé comme des Bonnie and Clyde moderne (en beaucoup plus dangereux) à l'issue de leur cavale sanglante, on pensait le trio enterré pour de bon. Après avoir pendant des années refusé l'évidence, et sans doute aussi à cause de du résultat assez mitigé de ses dernières réalisations, Rob Zombie a fini par plancher sur un troisième chapitre tardif forcément très attendu. Trop cela va sans dire. Surtout que dès le départ, 3 from Hell s'est retrouvé prisonnier de l'état de santé de Sid Haig, affaibli par la maladie et ne pouvant finalement que participer de manière succincte dans l'introduction. On réécrit donc le script à quelques semaines du début du tournage, on invoque par magie un demi-frère oublié Winslow (incarné par la gueule Richard Brake déjà vu sur 31), et on s'efforce d'expliquer laborieusement un sauvetage in extremis de tout ce beau monde avant de les cloitrer pour un long séjour en prison.

 

dia de muertos


Un départ tiré par la cheveux, mais qui passe finalement assez bien par une introduction en forme de documentaire qui rappelle les belles heures de la télé-poubelle et de ses fascinants portraits de serial killers charismatiques. Une sorte de pacte tacite avec le public de fans qui fonctionne assez bien dans une première partie se concentrant sur l'évasion d'Otis puis de Baby, et le calvaire vécu par un juge et sa famille. Entre les exactions d'une Baby plus délurée que jamais menant la matonne vacharde Dee Wallace par le bout du nez (et ce n'est pas qu'une image) et les sévices imaginé par un duo masculin en roue libre, Zombie délivre quelques tableaux mémorables, infernaux et méchamment dérangeants où le spectacle navrant d'un clown de passage cohabite avec une pauvre femme violée et avilie attendant la mort. Scabreux, nerveux, parfois à la lisière de la rupture à cause d'une réalisation trop percutée courant après le chaos sans jamais le sculpter, le film se voit malheureusement complété par une seconde partie beaucoup moins convaincante et qui donne l'impression d'avoir été plaquée de force par un scénario bricolé. Un détour au-delà de la frontière mexicaine qui aimerait se donner des petits airs de western crépusculaire post Sam Pekinpah, qui s'amuse à balancer une armée de faux Santo au basque de nos « héros » sous prétexte d'une vengeance sortie du chapeau (celui du cameo Danny Trejo dans l'intro du film et déjà oubliée) après une mini-orgie bien sage où seuls quelques effets psychédélique ont pu faire leur effets. Baby à beau porter une coiffe de chef indien et répondre par quelques tires de flèches, difficile de reconnaître là l'irrévérence vertueuse des deux premier films, ni même l'aura inquiétante de ces personnages tour à tour fatigués (Bill Moseley est vraiment en sous régime) ou presque parodique (Sheri Moon en fait des caisses) , mais jamais aussi malsain qu'ils avaient su l'être. Difficile aussi de reconnaître le croisements de cadres portés, d'images granuleuse et de fulgurances visuelles de Rob Zombie, celui-ci se contentant de courir après ses comparses ne prenant même plus le temps de torturer leurs victimes comme il se doit.

Une dernière virée en demi-teinte, comme si tout ce beau monde avait pris un bon coup de vieux profitant prendre le large vers un horizon ensoleille plutôt que de transformer le bordel qui les entoure en véritable enfer. Pourtant en pleine période Trump, le white trash avait les coudés franches.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Si Rob Zombie n'a plus les moyens de tourner sur pellicule 35mm depuis Halloween II, il continue de travailler sa photographie avec la même intensité et la même intention. L'image numérique a donc connu quelques jolies petites retouches pour s'offrir un grain et des teintes saturées dignes d'une bonne vieille péloches en 16mm crasseuse. Un résultat savoureux brillamment rendu par un master HD très généreux aussi bien dans sa colorimétrie que dans un piqué à la précision idéale soulignant chaque matière, chaque variation de source, chaque rayon de soleil à contre-jour avec la même déférence.

 


Son :
Tout aussi intense que l'image, le DTS HD Master Audio 5.1 offre de sacrée ambiances, réussissant à passer souplement de la frontalité télévisée des premières minutes à une installation largement plus amples et chargées de la suite. De quoi accompagner chaque craquement d'os et hurlement de souffrance, tout en rebondissant sur une soundtrack en nappe indus relevée de quelques tubes rock bien placés. Cependant, pas de nouveau titre signé Rob Zombie en personne et à c'est un peu triste.

 


Interactivité :
Seuls deux bonus viennent auréoler cette édition, mais ils sont d'importance. Un commentaire audio très studieux et précis du réalisateur tout d'abord, qui aborde autant la disparition du copain Sid Haig que des questions purement techniques ou les références disséminées. Cependant ce dernier n'a pas été sous-titré en français.
Heureusement, le long documentaire qui sert de making of, oui. Et To Hell and Back est dans son genre est une vraie réussite autant dans son amplitude que dans sa forme, et qui dénote franchement avec le tout venant des making of de ces dernières années. Un mélange d'images de tournage, d'archives et d'interviews, mais qui sait alterner les points de vue, traverser toutes les questions qui comptent (photo, décors, costumes, acteurs, écriture, mise en scène, cascades...) sans jamais laisser échapper quelques élans promo, préférant les petites anecdotes plus collégiales. Instructif et cool.

Liste des bonus : Commentaire audio de Rob Zombie (VO), Making of (90')

 
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