DOUBLE IMPACT
Etats-Unis - 1991
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Double Impact »
Genre : Action
Réalisateur : Sheldon Lettich
Musique : Arthur Kempel
Image : 1.85 16/9
Son : Français & Anglais DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 2 septembre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Double Impact »
portoflio
LE PITCH
Séparés à la naissance, des frères jumeaux se retrouvent à Hong-Kong et unissent leurs forces pour se venger des meurtriers de leurs parents …
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Grimper les échelons

Dernière production « indépendante » avant le plongeon dans le grand bain des majors hollywoodiennes, Double Impact apparaît avec le recul comme un véritable condensé du cinéma de Jean-Claude Van Damme. Entre deux coups de pieds sautés retournés dans la tronche, le karatéka belge a toujours eu quelques obsessions très personnelles à caser.

Né Jean-Claude Camille François Van Varenberg en 1960, JCVD vaut bien mieux que la réputation de musclé bas du front et d'ancienne gloire de vidéoclub que bien des critiques lui ont collé sur le front. Certes, les interventions parfois surréalistes du bonhomme sur divers plateaux télé n'ont pas vraiment aidé. La drogue et la participation à des DTV fauchés non plus. Mais il y a un cœur (et davantage encore) qui bat sous les pectoraux huilés de l'enfant du plat pays.
À l'instar d'un Arnold Schwarzenegger, Van Damme s'est hissé au sommet du box-office par un mélange d'opiniâtreté, de sincérité et un travail acharné, surmontant un à un les obstacles (accent, amateurisme, naïveté). Bien décidé à ne jamais décevoir son public, il s'est investi au-delà de sa simple présence devant les caméras. N'ayant jamais fait la moindre école de cinéma, il reprend par exemple à zéro le montage de Bloodsport et transforme un film jugé irregardable en succès immédiat, ayant un sens instinctif de l'image et du rythme. Il faut dire que dès son plus jeune âge, son père le biberonne au septième art. Lawrence d'Arabie et les films de Bruce Lee laissent une empreinte durable dans l'esprit de JCVD. La grande aventure et les arts martiaux. Deux genres auxquels il rendra par la suite un hommage vibrant avec son unique film en tant que réalisateur, Le Grand Tournoi. Acteur, co-scénariste, co-producteur, il ne laisse aucun détail de la conception de Double Impact lui échapper. Incroyable mais vrai, cette sympathique série B emballée par un artisan consciencieux (Sheldon Lettich, fidèle de JCVD) et qui ne semble pas péter plus haut que son cul est aussi un vrai film d'auteur.

 

Double Damme


Se déclarant bipolaire à qui veut bien l'entendre, Van Damme trimballe une inépuisable fascination pour la figure du double. Le patronyme même de Van Damme, qu'il emprunte à un ami d'enfance, le contraint d'ailleurs à se créer un alter-ego. Van Damme, le dur à cuir, le cador du kickboxing, et Van Varenberg, le discret, le sensible, le candide. Bruce Lee et Tintin en une seule et même personne. Si Kickboxer lui permet déjà de jouer avec cette idée en faisant évoluer le personnage de Kurt Sloane du petit frère introverti vers le guerrier intrépide, Double Impact pose les fondations de plusieurs films à venir, Risque Maximum et Replicant notamment. Sans forcément livrer une prestation apte à le placer en lice pour les Oscars, Van Damme parvient à retranscrire l'essentiel des nuances qui séparent Chad Wagner, le minet élevé entre la France et Beverly Hills, de son frère Alex, le macho qui s'est fait un nom dans les bas-fonds de Hong-Kong. Et le thème du double de s'étendre même jusqu'aux méchants, une belle paire de salopards, l'occidental corrompu et le mafieux de Canton, chacun ayant son homme de main.

Le choix de Hong-Kong comme toile de fond pour cette histoire de vengeance n'est pas non plus innocent. L'ombre de Bruce Lee plane évidemment sur l'ex-colonie britannique mais Van Damme en profite pour retrouver Bolo Yeung, son adversaire de Bloodsport, dans le rôle d'un assassin encore plus cruel que ne l'était le grimaçant Chong-Li. Abattant une femme sans défense d'un coup de fusil à pompe en pleine tête puis revenant tabasser nos héros, le visage défiguré, il est l'une des attractions majeures de Double Impact (même si sa mort est décevante) avec la tueuse sadique, cuir et bisexuelle qu'incarne Cory Everson, inspiration évidente pour la Xenia Onatopp de Goldeneye. Tourner à Hong-Kong, c'est aussi l'occasion pour la star de faire un appel du pied à toute une cohorte de cinéastes (John Woo, Tsui Hark, Ringo Lam) qu'il retrouvera par la suite.
Alors, Double Impact, relique rigolote des 90's ou œuvre charnière d'une action star aussi attachante que torturée ? Choisis ton camp, camarade.

Alan Wilson








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Image :
Parfois chahuté pour la qualité de ses restaurations (Cabal et Robin des Bois ont déchaîné les passions sur les forums internet), ESC met ici les petits plats dans les grands avec un master de première bourre, à la définition robuste, à la propreté stupéfiante et aux couleurs vibrantes. C'est tellement beau qu'on en oublierait presque que le film n'a longtemps été visible que dans des VHS granuleuses et délavées.

 


Son :
La stéréo française manque un peu d'énergie face à une version originale pétaradante. Mais les explosions et les fusillades finissent un peu par noyer les ambiances et la musique pour un rendu qui navigue entre plaisant et exténuant. Les bourrins seront sous le charme, les autres joueront avec le réglage du volume.

 


Interactivité :
Répartie sur deux disques et d'un contenu à la richesse inespérée, l'interactivité fait largement honneur à un packaging rétro et séduisant. Fan indécrottable de la star belge, Christophe Champclaux revient dans un premier temps sur les coulisses de Double Impact avant d'analyser sur un ton nettement plus généraliste la carrière de JCVD. Une agréable mise en bouche complétée par une visite pittoresque et attendrissante de l'antre d'un collectionneur et président de fan-club français, David Lefebvre.
Découpé en deux partie pour une durée de presque deux heures, le making-of convoque une bonne partie de l'équipe du film (le réalisateur, un producteur, une actrice, des doublures et cascadeurs et Van Damme himself) et se révèle bien fourni en anecdotes croustillantes, entre les origines d'un projet qui faillit s'appeler The Corsican Brothers (oui, d'après le roman d'Alexandre Dumas) avec des photos promotionnels d'un JCVD en berger du Maquis (!) et les détournements d'une partie du budget par la société de Michael Douglas pour les besoins d'un nanar avec Brian Bosworth. Du beau boulot auquel on pourra néanmoins reprocher une facture technique un peu limite. La même critique s'applique aux scènes coupées et alternatives mais s'excuse parfaitement au vu de la rareté de celles-ci. Issues d'une copie de travail sur bande magnétique, ces scènes à l'état brut n'enrichissent pas franchement le propos du film mais permettent d'entrevoir la somme de travail abattue par l'équipe de montage en vue de rythmer ou d'adoucir un métrage dont la violence aurait pu rivaliser avec celle de Robocop ou de Total Recall (corps criblés de balles, sadisme sous stéroïdes). Ce qui nous fait regretter amèrement que JCVD n'ait jamais tourné pour Paul Verhoeven. Entre une analyse de séquence par Sheldon Lettich et une paire de featurettes promo d'époque, le tour d'horizon des suppléments s'achève sur une belle petite note de nostalgie.

Liste des bonus : Entretien autour du film avec Christophe Champclaux (HD, 20 min env.) / Scènes longues et scènes coupées (SD, 54 min) / Bande-annonce originale / Bande-annonce de KICKBOXER / Documentaire « Le Making-of de Double Impact » Partie 1 (HD, 53 min) et Partie 2 (HD, 59 min) avec Jean-Claude Van Damme, le réalisateur Sheldon Lettich, le producteur Ashok Amritraj, les acteurs Cory Everson-Donia, Peter Malota et les doublures Jeff Rector et Jerry Rector. ◾️SUPPLÉMENTS / « La légende Jean-Claude Van Damme » : entretien avec Christophe Champclaux (HD, 30 min) / Journal d'un fan : rencontre avec le fanbassador France David Lefebvre (HD, 15 min env.) / Anatomie d'une scène avec le réalisateur Sheldon Lettich (HD, 8 min) / Coulisses du tournage : clip d'époque (SD, 6:58) • Entretien d'époque avec l'équipe du film (SD 6:21)

 
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