LE CHAMPION
Champion - Etats-Unis - 1949
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Champion »
Genre : Drame
Réalisateur : Mark Robson
Musique : Dimitri Tiomkin
Image : 1.33 4/3
Son : Français et Anglais DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 25 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Champion »
portoflio
LE PITCH
Venu avec son frère à Los Angeles pour s’occuper d’un restaurant, Midge Kelly rencontre Tommy Haley, un manager qui va lui apprendre l’art de la boxe. Prêt à tout pour réussir, dénué de scrupules, Midge va devenir un champion. Mais le prix à payer sera très élevé.
Partagez sur :
Fortune et gloire

Stanley Kubrick, Vincente Minnelli, John Huston, Howard Hawks, Otto Preminger, Joseph L. Mankiewicz, Elia Kazan et Billy Wilder. Ce ne sont pas une liste d'étoiles parsemant Hollywood boulevard. Non, il s'agit tout simplement de noms de metteurs en scène ayant un acteur en commun : Kirk Douglas.

Mais qui se rappelle de Mark Robson ? Pas grand monde. Pourtant, cet ancien monteur devenu metteur en scène était loin d'avoir deux mains gauches. Réalisateur touche à tout, cet ancien transfuge de la mythique RKO savait manier sa barque conciliant adroitement psychologie des personnages et mise en scène. Son film Le Champion, sur un scénario du génial Carl Foreman (Le Train sifflera trois fois, Le Pont de la rivière Kwai...), va justement explorer la facette sombre de son protagoniste pour mieux faire ressortir ses angoisses. Midge Kelly (Douglas) est ce personnage. De monsieur tout le monde, il va gravir avec hargne et détermination les échelons du monde de la boxe pour terminer au sommet, là où la réussite n'est qu'ego, là où les spotlights brûlent les ailes. Pour cela, aucun sacrifice ne sera trop grand. Celui du corps tout d'abord mais surtout celui de la morale. Abandonnant celle du cœur et de sa famille pour privilégier la richesse financière, synonyme pour lui de reconnaissance et de gloire.

 

Grandeur et décadence


Le rôle-titre échoit à un jeune acteur. Plus tout à fait un jeune premier mais assurément une star en devenir. Après avoir donné la réplique à Robert Mitchum dans La Griffe du passé et Burt Lancaster dans L'Homme aux abois. Sa gueule carrée, son corps d'athlète et son coté frondeur impressionnent. Alors que la MGM lui propose son dernier gros projet qui ferait de lui une star, le jeune Kirk, contre toute attente, lui préfère un petit film sur fond de boxe. Choix étrange sur le papier tant le rôle qu'il doit interpréter est antipathique et risqué comme choix en pleine éclosion de carrière. Mais du haut de sa trentaine, Douglas a déjà ce flair qu'il suivra tout au long de sa filmographie d'acteur et de producteur. Et il faut reconnaitre qu'il en impose et qu'il transcende le film avec une sacrée classe. Son rôle paraît être fait sur mesure et nous ne sommes pas loin de penser que le parallèle entre l'ascension du héros et de l'homme n'est pas fortuit. Aussi bon que soit un personnage, il faut que celui-ci soit entouré par des antagonistes tout aussi vivaces. Paul Stewart est attachant en manager investi et blasé. Les personnages féminins ne sont pas en reste et existent en dehors des rôles d'utilité ou de potiche. Mais la palme revient à Arthur Kennedy en interprète du frère boiteux. Sorte de double angélique de Douglas où son handicap matérialiserait les mauvais penchants de son frère, sa cupidité, son orgueil.

Film sombre, explorant les mauvais penchants de l'âme humaine en quête de reconnaissance et de gloire, Robson nous le matérialise par un noir et blanc aux limites de l'expressionisme. Les rings exultent les corps blancs des boxeurs se battant sur le fond noir du décor, la foule faisant office de musique. Robson égratigne ce milieu viril où la corruption n'est jamais bien loin. Il poussera cette notion encore bien plus loin en réalisant quelques années plus tard Plus dure sera la chute sur la même thématique (offrant au passage son dernier rôle à Humphrey Bogart). Mais dans ce monde de brute, il s'offre une parenthèse de légèreté au détour d'une scène faisant office de trait d'union dans la vie de son personnage principal. La fameuse scène d'entrainement ne se fait pas sur des airs guerriers à la Bill Conti pour Rocky, mais sur des notes humoristiques. Le compositeur Dimitri Tiomkin s'amuse à accentuer les efforts de Douglas comme aurait pu le faire un Chaplin ou un Keaton histoire de lâcher un peu la pression.

Vous l'aurez compris, ce Champion vaut le détour. L'explosion de l'acteur Kirk Douglas n'y est pas pour rien. Mais au-delà de son statut de star, ce film permet de redécouvrir un réalisateur tombé dans l'oubli et un scénario bien plus manichéen que de coutume.

Cédric Lemaire






Partagez sur :
 

Image :
Tirée du master américain datant de 2013, la copie se trouve un peu fatiguée, comparée aux standards d'aujourd'hui avec des grains un peu trop étouffés. L'image est propre (trop diront certains) avec des contrastes bien travaillés sur l'éclairage pour mieux en retranscrire le côté expressionniste du film.

 


Son :
En DTS HD Master Audio 2.0 mono, la VO est à privilégier. Dynamique et bien équilibrée, elle est bien plus nette que la VF, plus sourde et parasitée par un souffle récurrent.

 


Interactivité :
L'unique bonus est une interview de Séverine Danflous, critique de cinéma qui revient sur certains détails du film rarement abordé comme la place des femmes dans ce milieu d'hommes.

Liste des bonus : Interview de Severine Danflous 23'

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020