QUELQU'UN DERRIèRE LA PORTE
Someone Behind the Door - France, Italie - 1971
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Quelqu'un derrière la porte »
Genre : Thriller, Drame
Réalisateur : Nicolas Gessner
Musique : Georges Garvarentz
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 94 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 8 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Quelqu'un derrière la porte »
portoflio
LE PITCH
Folkestone, Angleterre. Un neurochirurgien vient en aide à un amnésique retrouvé errant sur la plage. Pour mieux le soigner, dit-il, il l’emmène dans sa demeure, une belle résidence côtière. Mais derrière le geste altruiste, se cache un plan machiavélique.
Partagez sur :
L'étranger dans la maison

Après Cold Sweat (De la part des copains), sorti l'année dernière dans sa collection Make My Day, Jean-Baptiste Thoret revient encore à Charles Bronson à l'occasion de son 25ème numéro. En bon chercheur d'or, il nous propose cette fois une pépite où ce bon vieux Charlie écope d'un rôle pour le moins inhabituel dans sa prestigieuse carrière. Et face à lui, Anthony Perkins, plus retors que jamais.

A l'origine du film, un roman de Jacques Robert, également écrivain de théâtre et dialoguiste pour le cinéma (la série des Monocles avec Paul Meurisse, celle des Gorilles avec notamment Lion Ventura...). L'histoire d'un écrivain de romans policiers en panne d'inspiration et qui trouve, en l'arrivée providentielle d'un amnésique, la clé lui permettant de dénouer l'écheveau de son récit ou, plutôt, de sa vengeance. Un récit qui, même s'il est question de meurtre, lorgne délicatement du côté d'un fantastique discret mais malaiseux.
Pour le film, qui sortira à peine quatre ans plus tard, le personnage du romancier devient neurochirurgien et récupère les traits d'Anthony Perkins, qu'on ne présente plus depuis son personnage de Norman Bates pour Hitchcock. Face à lui, pour incarner l'étranger amnésique, Charles Bronson, dont la carrière déjà bien fournie en Europe explosera peu de temps après devant la caméra de Michael Winner. Un face à face étonnant et inhabituel, surtout pour Bronson, qui va devoir livrer une prestation d'acteur comme il en a encore eu rarement l'occasion.

 

Le rat et le labyrinthe


Perkins prête donc ses traits à un personnage froid et calculateur, qui invite un homme totalement paumé avec pour seul dessein de le rendre coupable d'un crime. Un jeu pervers dans lequel l'acteur new-yorkais excelle évidemment, prouvant une fois de plus qu'il n'avait pas son pareil pour jouer les psychopathes en puissance. La tâche est plus compliquée pour son partenaire de jeu, plus habitué aux rôles taiseux et monolithiques. Ici, Bronson doit réellement livrer une composition, jouer l'incompréhension, la peur, la colère. Une prestation qui, il faut bien l'admettre, manque de crédibilité à de nombreuses reprises et plombe légèrement le film. Mais, sacrément aidé par le talent de Perkins, celui ci arrive tout de même à prendre son envol. Réussie aussi la réalisation, pleine de très bonnes idées, de Nicolas Gessner, réalisateur suisse peu connu (La Blonde de Pékin, comédie d'espionnage avec une Mireille Darc amnésique (déjà!) ou encore La Petite Fille au Bout du Chemin, avec une très jeune Jodie Foster) qui utilise ici parfaitement le peu d'espace mis à sa disposition pour rendre tout à fait lisible la géographie de cette maison à deux niveaux qui va voir évoluer la quasi totalité de son huis clos. Coincé entre ses quatre murs, le personnage de Bronson est alors clairement comparé à un rat pris au piège et le script n'a plus qu'à faire le reste. Malheureusement, il tire souvent à la ligne via des dialogues trop présents, qui manquent de punch, le tout sur une musique discrète mais bucolique et doucereuse quand on l'aurait préférée, au vu des personnages et des enjeux, plus sombre et mystérieuse. On se retrouve alors face à un film qui souffle le chaud et le froid, jusqu'à un final qui va en rajouter une couche via une scène particulièrement réussie, d'une extrême violence envers deux femmes (dont Jill Ireland, épouse de Bronson à la ville) où passé et présent se superposent.

Très loin d'être parfait, Quelqu'un derrière la porte conserve donc, contre toute attente, une certaine aura assez indéfinissable, comme celle qui traverse, bien souvent, toutes ses productions 70's, décennie décidément riches en bobines obscures et totalement oubliées dont Jean-Baptiste Thoret, amoureux fou de cette période, et sa collection Make My Day, ne cessent de nous abreuver. Pourvu qu'il en soit ainsi encore longtemps.

Laurent Valentin






Partagez sur :
 

Image :
Malgré quelques (rares) scintillements et un grain parfois très prononcés lors de plans qui ont subi un peu plus que d'autres les affres du temps, le film profite d'une belle restauration qui explose parfois littéralement à l'image. Grâce notamment à une foultitude de détails qui donnent un relief indéniable aux matières.

 


Son :
Comme souvent, on préfèrera la vo à la vf (en plus ce n'est pas Claude Bertrand qui double Bronson!), plus chaude, profonde et fidèle au mixage d'origine. Quant au DTS-HD 2.0, seule piste pour les deux langues disponibles, il se montre à la fois très claire et sans défauts.

 


Interactivité :
Comme pour chaque numéro de la collection, choix est fait avant visionnage d'intégrer ou non une préface de Jean-Baptiste Thoret. Préface toujours instructive qui, lancée avant le film, permet d'en savoir un peu plus sur son origine, sa production et les différents acteurs y ayant contribué. En plus de cela la section bonus propose un commentaire audio du réalisateur, enregistré à l'occasion de la sortie du film chez les Américains de Kino Lorber en 2019. Commentaire raccourci de plus de 30mn (Nicolas Gessner se contentant bien souvent de regarder le film sans piper mot) dans lequel on apprend quelques anecdotes sur le tournage, sur Bronson et sa relation sur le plateau avec Perkins et sur les différences avec le roman de Jacques Robert, qui lorgnait plus directement vers le fantastique. La bande annonce, qu'il vaut mieux ne pas regarder avant d'avoir vu le film, vient clore la section.

Liste des bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (6'14), Commentaire du réalisateur (49'39), bande annonce d'époque.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020