THéâTRE DE SANG
Theater Of Blood - Royaume-Uni - 1973
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Genre : Horreur
Réalisateur : Douglas Hickox
Musique : Michael J. Lewis
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 104 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 19 août 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Acteur grandiloquent et vaniteux, Edward Lionheart orchestre une vengeance sanglante contre un cercle de critiques l'ayant publiquement humilié, s'inspirant des pièces de William Shakespeare, …
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être ou ne pas être ? Ne pas être.

Après des salves consacrées à la Amicus et à la Hammer, la collection British Terrors continue d'exhumer les pépites de l'épouvante made in Britain. Humour noir, cabotinage et tirades shakespeariennes sont au programme de ce Théâtre de sang, délice pop et gore tout à la gloire de l'immense Vincent Price.

Il était l'une des icônes du cinéma fantastique et d'horreur. Né en 1911 à Saint Louis dans le Missouri, Vincent Price était donc un américain pur jus. Des origines que sa voix unique et son phrasé très maniéré feraient ainsi presque oublier. Second rôle chez Michael Curtiz, Otto Preminger, James Whale, Henry Hattaway, Cecil B. De Mille ou encore Henry King, Price marque les esprits par sa silhouette menaçante et racée, le genre d'homme que l'on imagine sans peine ourdir quelques sinistres complots à la lueur d'une bougie. La Maison de Cire d'André de Toth le propulse en 1953 en haut de l'affiche ainsi qu'au panthéon du cinéma de genre. Roger Corman, William Castle et même Mario Bava font appel à ses services. L'épouvante costumée, gothique et torturée, celle que l'on associe aux travaux d'Edgar Allan Poe, lui sied à merveille.
Si les années 50 et 60 lui sourient, les années 70 et son âge grandissant mettent la popularité de Vincent Price à l'épreuve. Pour bien comprendre l'importance de Théâtre de sang, il est essentiel d'aborder L'Abominable Dr Phibes et sa suite, sortis respectivement en 1971 et 1972. Devant la caméra de Robert Fuest, le bougre enfile le (ou plutôt, « les ») costume(s) d'Anton Phibes, ancien médecin châtiant les chirurgiens qu'il estime responsable de la mort de sa femme en prenant pour inspiration les fameuses plaies d'Égypte. Le mélange d'humour noir typiquement britannique et d'exubérance pop fait son effet au box-office et incite Price à poursuivre sans retenue dans cette voie. La formule ne demande qu'à être exploitée.

 

lever de rideau


Le médecin défiguré laisse la place à l'acteur bafoué et les calamités de l'Ancien Testament disparaissent au profit des morts les plus affreuses jalonnant l'œuvre de William Shakespeare. Pas forcément célèbre pour la grande subtilité de son jeu, Vincent Price profite toutefois de l'occasion pour ironiser avec délice sur ses tendances au cabotinage. Si Phibes était une figure tragique, le cruel Lionhead aurait lui tout à fait sa place dans un épisode de la série Batman des 60's. Une référence qui n'a rien d'innocent, Price ayant interprété l'un des innombrables méchants (Egghead, Tête d'Oeuf en vf) cherchant à se débarrasser d'Adam West et Burt Ward entre deux pitreries. Impossible d'ailleurs de ne pas sentir l'influence de Théâtre de sang sur les deux opus de Tim Burton consacré au Caped Crusader, les « résurrections » du Joker et de Catwoman entretenant des similarités frappantes avec celle de Lionhead plongeant dans la Tamise puis revenant à la vie entre les mains de clochards déments et rongés par l'alcool et la crasse.
Pour autant, la prestation énormissime de Vincent Price n'est pas tout à fait le seul argument à porter en faveur du film de Douglas Hickox. Outre la présence forcément hypnotisante d'une Diana Rigg charismatique en diable, le casting aligne les seconds rôles truculents : Ian Hendry, Harry Andrews, Michael Hordern, Jack Hawkins, Robert Morley, etc ... Des gueules, comme on dit, et appelés à trépasser dans les pires souffrances pour le plus grand plaisir du spectateur. Maniant l'humour et l'horreur avec un sens du cadre et du rythme remarquable, Douglas Hickox orchestre ce ballet macabre avec toute l'efficacité attendue, s'autorisant au passage de remarquable raccords. L'un d'entre eux, où un bâillement masculin succède à un cri d'effroi féminin, sera même copié sans vergogne par Steven Spielberg pour conclure le prologue du Monde Perdu: Jurassic Park. On ne pouvait espérer plus beau compliment.

Alan Wilson






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Image :
Compression et définition enterrent sans sourciller la vieille galette signée MGM et disponible dans tous les bons bacs à soldes depuis 2003. Pour autant, la source semble être la même avec un master stable mais constellés de points blancs et autres accidents de pellicule. Ces petites traces du temps qui passe n'enlèvent cependant rien au charme d'un rendu très authentique.

 


Son :
Une fois n'est pas coutume, la version française propose plus de dynamique et de confort que la version originale, laquelle sature un peu vite et peine parfois à dissimuler un petit souffle disgracieux. Dans les deux cas, la restitution des dialogues et du très bon score de Michael J. Lewis demeure agréable.

 


Interactivité :
Le très belge et très enthousiaste Christophe Lemaire, grand admirateur de bis et de fantastique anglais devant l'Éternel, décortique l'œuvre en presque vingt minutes et n'oublie rien ni personne. Une mine d'informations précieuses même si on rappellera à ce bon vieux Cricri Lemaire que Zulu Dawn n'est point un remake du Zoulou de Cy Enfield mais sa préquelle. Contrairement à Edward Lionhead, nous sommes prêts à le pardonner. Mais juste cette fois-ci.

Liste des bonus : Présentation de Christophe Lemaire (19 minutes)

 
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