SEULES LES BêTES
France, Allemagne - 2019
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Genre : Drame, Policier
Réalisateur : Dominik Moll
Musique : Benedikt Schieffer
Image : 2.35 4/3
Son : Français DTS 5.1 et stéréo, Audiovision
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 112 minutes
Distributeur : Blaq Out
Date de sortie : 1 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Seules les bêtes »
portoflio
LE PITCH
Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition. Chacune a son secret mais personne ne se doute que cette histoire a commencé́ loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent où le soleil brûle, et où la pauvreté́ n’empêche pas le dési...
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Battement d'ailes du papillon

Cinéaste discret mais touche à tout, Dominik Moll n'avait pas fait parler de lui depuis un sacré bout de temps. Hormis sa participation à la série d'Arte Eden, le cinéaste aurait même eu tendance à sombrer dans l'oubli.

A y regarder de plus près, son dernier coup d'éclat pourrait bien remonter à Harry, un ami qui vous veut du bien, film qui révéla au public Sergi Lopez et Laurent Lucas. Sensation cannoise auréolée d'un beau succès critique et public, Harry allait propulser son auteur sur le devant de la scène. Seulement... c'était il y a 20 ans. Depuis, pas grand-chose, ou plutôt si, un film tous les cinq ans et autant de rendez-vous manqués avec son public. Mais le cinéaste n'a pas dit son dernier mot. D'ailleurs, les mots, il les trouve dans un roman de Colin Niel. Ceux-ci lui font si forte impression que des images ne tarderont pas à s'incruster dans son esprit pour l'en libérer qu'une fois gravées sur pellicule. Avec son complice de toujours, Gilles Marchand, ils comprennent vite que changer la structure narrative dénaturerait la structure du récit. Bien leur en prit. Ils diviseront leur scénario en chapitres comme autant de personnages concernés par ce récit hitchcockien où une femme a disparu.

 

la patte moll


Mais que peuvent bien avoir en commun ces cinq personnes aussi différentes soient-elles dans cette affaire mystérieuse ? Du fin fond du Massif Central à la jungle urbaine d'Abidjian, tout semble s'exclure pour mieux ne former qu'un. En structurant son récit sur les différents points de vue à la Rashomon (un chapitre = un personnage), Dominik Moll dresse sans efforts apparents une radioscopie de la solitude dont notre monde est étreint. Les sentiments ne sont que fantasmes et l'amour vrai ne peut prendre forme que dans l'inaccessible lorsque celui des corps n'est que mécanique. Ainsi, un personnage ne sent son coeur battre que par tchat interposé tandis qu'un autre préfère un corps inerte aux vivants qu'il ne tardera pas à rejoindre pour ne faire qu'un avec celui-ci. Autant de situations difficiles à filmer. Le cinéaste évite tous les pièges du pathétisme en filmant les ambiances comme autant de moments vécus. Un climat où les silences se font pesants, la musique volontairement restée en retrait est remplacée par les bruits mécaniques des véhicules et du vent traversant les paysages. Ceux-ci s'expriment à la place de ses personnages qui ne savent pas se parler. Denis Menochet est une fois de plus minéral dans son rôle de paysan et s'impose face à ses collègues qui ne dénotent pas pour autant. Autres personnages essentiels : les paysages. Ecrasant dans le massif des Causses, anxiogène dans les ruelles d'Abidjan. C'est d'ailleurs de là que part le récit que nous ne dévoilerons pas. Mais le bonheur des uns y fait le malheur des autres, à moins que ce ne soit le contraire, une fois encore Moll brouille les pistes. Ce kaléidoscope de vie explore les tréfonds des sentiments humains, celui d'êtres aimés dans un monde où l'amour du plus grand nombre s'est refroidit. Dans cette époque de surpopulation, Moll nous a fait un grand film sur la solitude.

Cédric Lemaire








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Image :
Testée sur DVD, le film bénéficie de paysages grandioses que le réalisateur filme avec le plus grand soin. Les décors souvent nocturnes et enneigés du Massif Central sont aussi précis que les paysages surexposés de soleil sont lumineux dans les scènes de Côte-d'Ivoire.

 


Son :
Particulièrement immersif par ses ambiances, Seules les bêtes apporte un soin particulier aux bruits extérieurs tels que les bourrasques de vent ou les atmosphères du monde rural grace à un mixage 5.1 dynamique et enveloppant.

 


Interactivité :
Deux modules à découvrir sur le dvd. Le premier concerne des scènes coupées très finement remises dans leur contexte par le metteur en scène qui aurait pu emousser le suspense de son film. Plus curieux, vient celui sur les effets spéciaux du film. Si invisible dans le film qu'il ne faut pas moins de ce bonus pour en réaliser leurs présences.

Liste des bonus : Scènes coupées 10', Les effets spéciaux 20'

 
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