TIRE DJANGO, TIRE !
Spara, Gringo, spara - Italie, France - 1968
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Genre : Western
Réalisateur : Bruno Corbucci
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français mono
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 7 juillet 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Fraîchement évadé de prison, Django se fait attraper par Guttierez, un riche propriétaire terrien, qui l’oblige à aller chercher son fils, Fidel, parti rejoindre une bande de malfrats. Django se lance sur la piste, dans le désert mexicain, et devra en découdre avec les bandits, avant de se rendre compte que les intentions du père ne sont pas des plus bienveillantes.
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C'est un Django pas comme les autres

Nouveau Django (pas le vrai bien entendu), nouveau Corbucci (pas le vrai... enfin pas tout à fait) et nouveau western spaghetti typique de son époque (enfin pas tout à fait) avec Tire Django, Tire ! qui ne vise pas très bien mais canarde généreusement.

En 1966 un certain Sergio Corbucci venait apporter fièrement sa pierre à l'édifice baroque du western à l'italienne en proposant un inoubliable et nihilise Django, tout simplement. Un succès instantané qui ouvre la porte à des dizaines de copies plus ou moins honorables et de Django pas forcément officiels. En 1968 un certain Frank B. Corlish (pseudo quand tu nous tiens) délivre sur les écrans français un curieux Tire Django, Tire ! mais dont la filiation n'est réelle que dans le doublage hexagonal. Chose amusante, de son vrai nom Spara gringo, spara est pourtant bel et bien signé par un Corbucci, mais Bruno, le frère de. Un sacré boxon typique de cette belle époque et qui permit, il faut l'avouer, à cette petite pellicule somme toute assez modeste d'attirer le curieux et le chaland mal informé. Car même s'il a participé à l'écriture du fameux film et qu'il remettra la main à la patte sur le non moins fabuleux Le Grand Silence, Bruno ne pratique pas vraiment le même cinéma que le frangin et a clairement fait sa marque de fabrique du coté de la comédie italienne, que ce soit avec la série des Toto en tant que scénariste, puis comme réalisateur avec les parodies d'espionnage James Tont, les multiples épisodes de l'inspecteur Nico Giraldi incarné par Tomas Milian et enfin quelques Bud Spencer dans les années 80 (Aladdin et Les Superflics de Miami, juste pour vous faire rêver...). Autant dire que le monsieur ne fait que rarement dans la dentelle, la poésie et la demi-mesure.

 

Balade entre hommes


Et forcément lorsqu'il s'attaque au western en tant que metteur en scène, il en reste des traces et Tire Django, Tire ! est traversé de grosses incongruités comiques à l'instar de ce braquage maquillé en faux mariage avec un truand jouant les vierges effarouchée, le chef de gang (Keenan Wynn complètement cuit selon la légende) qui s'amourache d'un canard ou une risque bien virile au saloon qui ressemble à se méprendre à une planche de Lucky Luke. Un peu de légèreté dans un monde de brute, pourquoi pas, et le cinéma italien a toujours aimé mélanger les genres. Mais il faut reconnaitre que lorsque la virée à travers le désert en compagnie de Brian Kelly (ex-gentil papa dans Flipper) et Fabrizio Moroni (jeune bellâtre habitué aux comédie romantique, ici avec frange blonde et rimmel) tourne à l'aventure crypto-gay, cela devient assez irrésistible. Petits échanges de coups qui se termine en roulade dans la poussière, symbolisme à base de cigare allumé, œillades de camarades et sous-entendus qui frisent, relation dominant dominé qui trouve gentiment son équilibre au gré des coups de fouet... Il y a de quoi se demander. Surtout que lorsque la bellissima Erika Blanc apparait comme une sauveuse dans le désert, c'est pour mieux devenir l'objet d'une jalousie silencieuse entre nos braves héros. Là, clairement c'est pas du Leone ! Rendu sympathique par ses petits glissements de terrain pas forcément volontaire, Tire Django, Tire ! (ça prend un tout nouveau sens) reste dans son habillage un petit western de l'époque, pas toujours rythmé, pas toujours percutant, mais qui se suit avec plaisir car mis en boite avec soin et profitant généreusement des décors d'Almeria, tout en concoctant en récompense un ultime gunfight habilement chorégraphié et au petit twist bien placé. On n'en fera pas un classique, mais une bonne petite soirée pour adepte du second degré.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Effectué à partir d'une nouvelle copie restaurée 2K, le DVD d'Artus (non, il ne peuvent sans doute pas proposer tout leur catalogue en Bluray) se montre plutôt performant avec des cadres effectivement très propres et une colorimétrie bien pêchue et intense. Oen sent parfois que le master a un potentiel plus musclé encore et la compression semble se tendre à quelques séquences par sa gestion du grain, mais le spectacle tient la route jusqu'au bout.

 


Son :
Le film ayant été légèrement coupée en France pour des questions de durée plus qu'autre-chose, la version française est complétée par quelques petites minutes en italien sous-titré. L'occasion de noter que ce doublage a fait disparaitre par la même occasion quelques thèmes de la bande originale. Si la traduction française vaut parfois son pesant de cacahuètes, c'est la version italienne, plus homogène et solide, qui s'impose comme la piste à privilégier.

 


Interactivité :
Toujours disponible pour ses amis d'Artus Films, Curd Ridel le spécialiste du western revient pour nous fournir une longue présentation du film, ou plutôt de tous les noms affichés au générique. Pas vraiment d'intérêt pour le métrage proprement dit, l'intervenant se consacre à retracer les carrières du réalisateur et des acteurs avec la précision qu'on lui connait. Plus original, la galette propose aussi un petit court métrage français assez récent croisant western italien et invasion zombie avec son petit lot de clichés totalement assumés.

Liste des bonus : Présentation du film par Curd Ridel (26'), Court métrage « The Dead West » (16'), Diaporama d'affiches et de photos, Film-annonce original

 
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