K-2000 – INTéGRALE DE LA SéRIE
Knight Rider - Etats-Unis - 1982 / 1986
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Réalisateur : Glen A. Larson
Image : 1.33 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 Mono
Sous-titre : Français
Durée : 4050 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 16 juin 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Blessé par balle au visage, le policier Michael Long est pris en charge par la Fondation pour la Loi et le Gouvernement (FLAG), dirigée par le milliardaire Wilton Knight. Déclaré mort, il reçoit un nouveau visage et une nouvelle identité. Devenu Michael Knight, il combat le crime et l'injustice au volant d'une voiture dotée d'une intelligence artificielle, KITT ….
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Road Warrior

« Les exploits d'un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Le chevalier et sa monture. Un héros des temps modernes. Dernier recours des innocents, des sans-espoir, victimes d'un monde cruel et impitoyable. » Ces mots, prononcés dans la version française par le regretté Yves-Marie Maurin, ont propulsés quantités d'enfants et d'adolescents des années 80 dans un monde fait de courses-poursuites, de méchants patibulaires, de belles demoiselles, de gadgets high-tech et d'humour inoffensif. 34 ans après l'arrêt de K-2000, le charme opère t-il toujours ? Un homme seul peut-il toujours faire une différence ? Éléments de réponse dans la luxueuse intégrale en haute définition proposée par Elephant Films.

C'est un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, comme le dit la chanson. Il aura suffit de deux séries télévisées - Twin Peaks et The X-Files, au cas où vous l'ignoreriez - au début des années 90 pour initier une révolution du petit écran qui se poursuit aujourd'hui avec les chaînes de streaming et une offre de plus en plus vertigineuse, de plus en plus ambitieuse et résolument tournée vers un public adulte en quête de sujets forts et de transgressions en tous genres. A l'exception des séries policières (ou procedurals) qui continuent de faire les beaux jours des networks historiques, la télé à papa, c'est fini. K-2000 est donc devenu une relique un peu poussiéreuse ou, au mieux, une madeleine de Proust que l'on cite lors d'un quizz nostalgique à l'heure de l'apéro. On se souvient de son thème musical, de la coupe de cheveux de l'éternel has-been David Hasselhoff et de cette drôle de voiture qui parle et de guère plus. Les plus mordus s'amuseront sans doute à imiter avec la bouche le woosh-woosh caractéristique de la lumière rouge qui balaye inlassablement l'avant de KITT et qui tente de lui donner un air menaçant. Pour commencer à mettre de l'ordre dans tout ce bazar où s'entremêlent clichés et à-priori, il est surtout utile de se souvenir de l'homme derrière la série, le créateur, le grand manitou, le talentueux mais aussi gentiment roublard, Glen A. Larson.

 

le parrain de la petite lucarne


Californien pur jus, Larson est arrivé à la télévision par le biais ... de la musique. Membre du groupe The Four Preps, il anticipe une seconde carrière très tôt en rejoignant le staff de scénaristes du Fugitif, créé par Roy Huggins et diffusé sur ABC. Sans réellement quitter ses racines musicales (il participe souvent à la composition des génériques de ses séries), il se prend au jeu du petit écran et multiplie les projets en signant un contrat chez Universal. Premier succès en 1971 avec la série western Opération Danger (Alias Smith & Jones en vo) qui pose les bases de la « méthode » Larson. La narration est limpide et classique, presque scolaire, avec trois actes parfaitement identifiables. Les thématiques sont simples et manichéennes avec un (ou plusieurs) héros chevaleresques et un méchant recourant le plus souvent à la corruption et profitant des failles du système pour opprimer la veuve et l'orphelin, par cupidité ou vengeance. Et l'histoire d'avancer par un mélange d'humour, d'action et de cliffhangers serialesques. Un schéma que l'on retrouve dans L'Homme qui valait 3 milliards, son succès suivant, puis dans The Hardy Boyz/Nancy Drew Mysteries, puis dans Le Signe de Justice, et ainsi de suite.

Opportuniste, Glen A. Larson l'est également lorsqu'il se lance dans Battlestar Galactica et Buck Rogers au XXVème siècle, deux séries capitalisant sans vergogne (mais avec un ton bien particulier) sur l'engouement pour la science-fiction généré par le phénomène Star Wars. Ou lorsqu'il s'acharne à décliner ses créations en franchises bordéliques mais sympathiques (L'Homme qui valait 3 milliards - encore lui ! - et son spin-off, Super Jaimie).
C'est alors que son contrat avec Universal touche à sa fin que le producteur et scénariste hérite du projet K-2000 qui se résume alors à un concept griffonné sur un coin de table : « un justicier qui fait équipe avec une voiture qui parle ». Larson va en faire sa chose et y injecter toutes ses « obsessions ». Tout y est : l'attrait pour les nouvelles technologies, la chevalerie, l'influence toujours évidente des aventures de James Bond, un mentor so british, un héros séduisant, de belles jeunes femmes, un ton léger (qui vient contredire le sérieux du texte introductif) des cascades en pagaille. À défaut d'être sa plus belle réussite (un honneur qui revient de droit à Magnum P.I., lancée deux ans plus tôt), K-2000 est bel et bien la série qui ressemble le plus à son créateur.

 

circuit fermé


Dès le pilote intitulé « Knight of the Phoenix », K-2000 atteint déjà son rythme de croisière et impose une dynamique qui ne changera quasiment pas au cours de ses 90 épisodes et quatre années de production. Rares sont les séries qui trouvent le bon équilibre à leur lancement. Un exploit dû bien évidemment au professionnalisme éprouvé de Glen A. Larson et de son équipe (dont le producteur et scénariste Robert Foster et le réalisateur Winrich Kolbe deviendront des piliers essentiels) mais qui scelle aussi le destin de la série, celle-ci ayant toutes les peines du monde à se renouveler et recourant ad nauseam aux même ficelles. Chaque épisode raconte peu ou prou la même histoire et ce ne sont pas quelques changements purement cosmétiques au cours des trois saisons suivantes qui changent quoi que ce soit à l'affaire. Mais la magie est ailleurs.

Outre le thème musical aux sonorités électro et instantanément culte composé par Stu Philips et Don Peake et retravaillé par Glen Larson en personne, le numéro de duettiste entre David Hasselhoff et KITT, la voiture dernier cri pilotée par un ordinateur au caractère bien trempé, est au centre de toutes les attentions. Repéré suite à sa participation au très bis Starcrash de Luigi Cozzi (un savoureux rip-off à l'italienne de Star Wars), David Hasselhoff compense un jeu très limité par sa grande silhouette élancée et athlétique, son sourire de winner et un charisme viril typique des beaux gosses des années 80. Un charme avec date de péremption que contrebalance à merveille l'humour et le stoïcisme de KITT, lointain cousin du HAL 9000 de 2001, l'Odyssée de l'espace mais en plus chaleureux et moins psychotique. Avec la voix de William Daniels en vo ou celle de Guy Chapellier en France, le personnage vole aisément la vedette à son comparse humain. Sa carrosserie noire immaculée, les lignes harmonieuses de la Pontiac Trans Am de 1982 et l'ajout d'une lumière rouge à l'avant du capot, empruntée aux cylons de Battlestar Galactica en ont fait l'un des véhicules les plus célèbres de la pop culture et c'est encore peu dire.

 

Pièces détachées


On ne va pas tenter de vous la faire à l'envers, K-2000 a subi les outrages du temps et son manque de cohérence et d'originalité ont bien peu de chances de séduire un public contemporain. Pour les autres en revanche, les vieux de la vielle, les grands enfants et les télévores d'antan, le menu reste copieux.
Aux côtés du duo vedette, Edward Mulhare et Patricia McPherson font souvent des miracles. Le premier par sa classe et son phrasé séduisant, la seconde par son refus de jouer les bimbos en se présentant comme le parfait équivalent féminin de Q (avec une touche de Moneypenny), déterminée et inventive. On en dira pas tout à fait autant de Rebecca Holden, éphémère remplaçante de Bonnie pour la seconde saison (au grand dam des fans et de David Hasselhoff qui feront pression pour obtenir son retour), et Peter Parros, louable tentative de diversité mais qui peine à rendre attachant son mélange de justicier des rues et de mécanicien intérimaire. Deux comédiens pas forcément mauvais mais dont la série n'a jamais vraiment su quoi faire.

Des grands noms et des gueules, on en trouve dans la section des guest stars et on ne va pas résister à la tentation de vous en citer quelques un(e)s. William Smith (papa de Conan et soldat russe d'élite chez John Milius), William Sanderson (le J.F. Sebastian de Blade Runner), Geena Davis, James Cromwell, Maria Conchita Alonso, les Barbarians (des jumeaux bodybuildés, concurrent de Schwarzy dans quelques péloches transalpines labellisées héroic fantasy) et on en oublie encore un paquet. Tout ce beau monde se partage le gâteau entre victimes, méchants et side-kicks de circonstance au cours d'histoires rocambolesques où l'on trouve de tout. Des trésors perdus, des ranchs menacés par de grands propriétaires, des terroristes, des soldats reconvertis dans le trafic d'armes nucléaires, des savants fous. Le tout dans un esprit qui hésite entre le bis qui tâche et la bande dessinée.
Des moments forts ? Usant et abusant de la figure du double maléfique, Glen A Larson nous pond non pas un mais deux jumeaux maléfiques (et même un troisième) : KARR, prototype sociopathe de KITT, et Garth Knight (!), rival de Michael Knight, toujours incarné par David Hasselhoff mais avec une canne de maquereau, une barbe et un gros camion et qui se paie le luxe dans deux double-épisodes. Impossible de passer sous silence le sadisme des scénaristes à l'égard de KITT qui sera détruite et reconstruite dans une bonne dizaine d'épisodes. Et si le budget aura permis à la série de s'affiner au cours des ans, les cinéphiles pointus s'amuseront à débusquer l'emploi de stock-shots piqués à Enfer mécanique et au Superman de Richard Donner. Rien ne se perd.

Définitivement ancrée dans son époque (toutes les tentatives de prolonger la série en feront les frais) et se visionnant à peu près comme on s'enfile une bonne barre chocolatée, K-2000 a vieilli sans perdre son charme, ses défauts faisant presque office de valeur ajoutée. Oui, un homme peut toujours faire une différence. À condition d'avoir la bonne monture.

Alan Wilson
















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Image :
Comparé au coffret intégral paru en dvd en 2009, le gain de qualité est stupéfiant. Le gain de définition n'y pas pour rien avec des extérieurs qui gagne en profondeur et en luminosité et un générique au grain et à la stabilité enfin maîtrisé. Les couleurs revivent également avec des teintes rouges souvent séduisantes et une garde robe so 80's qui retrouvent de sa superbe. Les noirs gagnent aussi en profondeur, notamment pour l'inusable veste en cuir de Micheal Knight et la carrosserie rutilante de KITT même si les scènes nocturnes conservent un voile gris discret Après Hulk et Miami Vice, Elephant Films fait preuve une fois de plus d'un sérieux intouchable en matière de remasterisation.

 




Son :
Le réflexe est bien évidemment de se jeter sur la célèbre version française. Sachez seulement qu'elle manque de relief et que les variations de volume peuvent rendre l'écoute inconfortable si l'on a la mauvaise idée de pousser un peu trop ses enceintes. La version originale se redécouvre donc avec un confort non négligeable, les basses et la stéréo bénéficiant aux scènes d'action et à la musique.

 


Interactivité :
Le commentaire audio dispensable de Glen Larson et David Hasselhoff sur l'épisode pilote ainsi qu'une poignée de featurettes courtes mais instructives sur les cascades, la musique et la création de la série proviennent directement des parutions en dvd. Une exhaustivité appréciable mais qui ne remplace pas la création de bonus spécifiques et un peu plus denses. Las, le module produit spécialement pour cette intégrale et animé par Alain Carrazé sent le remplissage et n'amuse que par la rencontre avec un fan ayant recréé KITT pour son plaisir. Le coffret est toutefois joliment agrémenté d'un petit livret analytique qui se concentre sur l'attrait présenté par chaque épisode. Un guide de visionnage indispensable. Le morceau de choix (si on peut dire) reste néanmoins le téléfilm Knight Rider 2000, piteux épilogue (en définition standard, donc pas très belle) et promesse ratée d'une nouvelle série qui ne vit jamais le jour où KITT renaît sous une carrosserie rouge criarde et ringarde et se contente de se balader sur un fleuve telle une gondole dans les canaux de Venise au milieu d'effets spéciaux ratés et avec une musique atroce de Jan Hammer qui ne reprend jamais le thème original. Une catastrophe dont l'intérêt est purement d'ordre « historique ».

Liste des bonus : Commentaire audio du pilote par Glen A. Larson et David Hasselhoff (VOST) / « K 2000 : sous le capot de KITT » par Alain Carrazé (20') / Modules vidéo (VOST) : K Scade (6'), K Boom (6'), Sous le capot (15') / Le téléfilm : « K 2000 - La Nouvelle arme » de Alan J. Levi (« Knight Rider 2000 », 1991, 95', SD, VF/VOST) / Galerie photos animée / Galeries des plans / Bandes-annonces

 
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