LE TUEUR
France, Italie, Allemagne - 1972
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Genre : Policier
Réalisateur : Denys de La Patellière
Musique : Hubert Giraud
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 87 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 14 octobre 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Le commissaire Le Guen a fait mettre à l’ombre un tueur d’élite, Georges Gassot. Celui-ci risque les Assises, la réclusion à vie ou l’établissement psychiatrique et l’impunité selon les conclusions de l’enquête. Ici s’affrontent deux visions de la police : Le Guen, un flic, un vrai Vidocq que rien n’arrête pour empêcher de nuire les tueurs du genre Gassot, et Tellier, nouveau patron de la Sûreté Nationale qui pratique une police scientifique où l’ordinateur remplace l...
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Et après on se range des voitures

Nouvelle chasse à l'homme pour Jean Gabin, de retour dans la défroque si populaire de ce bon flics désabusé mais solide et moral. Une nouvelle chasse à l'homme certes, mais au rythme pépère car en 72, la star française a 68 ans et fatigue sérieusement.

A quelques mois de la retraite comme Danny Glover, Gabin semble pour une fois bien à la traine dans Le Tueur et il est fini le temps où il galopait après les délinquants dans les rues et sur les toits de Paris. D'autant plus ardus alors de coller aux basques du fringant Fabio Testi (La Poursuite Implacable), truands taiseux abattant les gêneurs comme de rien, trimballant sa dulcinée (une prostituée absente portant les traits de l'allemande Ushi Glas) avec une certaine forme de désespoir. On croirait presque parfois que c'est bel et bien lui le héros du polar, véritable moteur de l'action, modèle de charisme et révélateur par sa violence et son incapacité à construire sa propre chance, tant ses opposants de l'ordre et la loi semblent tristement monolithiques et immobiles. Sans spoiler, c'est bel et bien lui qui mettra fin à ses jours dans le dernier plan du film, devant les yeux lourds d'un Gabin fataliste.

 

en fin de course


Difficile de savoir à quel point cela était volontaire, mais il est bien souvent question de conflit générationnel dans la dernière partie de carrière de « la bête humaine », tour à tour claqueur de gosses sans cervelles ou défenseur d'une jeunesse active prête à prendre en main son destin. Ici le message semble plus trouble, bien moins maitrisé. Surtout lorsque l'opposition entre les veilles méthodes récalcitrantes d'une police à papa et une vision plus médiatique et carrée, se joue entre Jean Gabin d'un coté et Bernard Blier de l'autre dans quelques joutes verbales qui sont loin d'égaler celles du maitre Audiard. En puis en terme de fossés des générations on a vu plus flagrant.

Mollement réalisé par un Denys de La Patellière (Un Taxi pour Tobrouk), artisan habitué des productions Gabin mais nettement plus à l'aise dans le drame classique que dans la nervosité du polar made in 70's, le film reste pourtant très intéressant dans son utilisation très poussée d'un décor parisien en pleine mutation, entre crasse des ruelles et grands quartier en plein travaux, et surtout cette vision historique du fameux trou des Halles, ventre béant. La France est en train de changer et le tueur du film n'en serait qu'un symptôme ? Ce serait pousser un peu loin l'analyse. Mais le cinéma français lui aussi change et cette coproduction européenne est l'avant dernière réalisation cinéma de La Patellière qui se retranchera à la télévision, tandis que Gabin de son coté, qui enchainait là un second échec populaire après Le Drapeau noir flotte sur la marmite, passe le relais sans le savoir à la futur légende du cinéma populaire hexagonal : Gérard Depardieu. Une gueule de jeune délinquant décontractée du gland qui en deux petites apparitions, dont un « j'ai faim ! » mémorable, dévore déjà tout sur son passage. Et lui est alors encore très loin de la retraite.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Comme toujours Coin de mire est allé chercher le meilleur matériau possible pour concocter son nouveau master HD. Ici un scan 4K du négatif original 35mm accompagné d'une restauration plus que solide et d'un réétalonnage assez remarquable. On remarquera quelques plans et segments manifestement issus d'une source plus abimée (grain plus neigeux, léger flou...), mais l'ensemble est vraiment très agréable avec des couleurs joliment saturées, des cadres stables et une sensation de grain organique maintenue et ce malgré une photographie légèrement vaporeuse et de tout petits décrochages de la définition.

 


Son :
Le mono d'origine porté en DTS HD Master Audio a lui aussi été restauré pour l'occasion et assure un confort d'écoute totale. Si les silences laissent parfois entendre un léger souffle omniprésent, les dialogues sont clairs et directs et les ambiances frontales parfaitement restituées.

 


Interactivité :
L'objet est toujours aussi magnifique. Un nouveau Mediabook noir sur lequel apparait le titre en lettres dorées et qui contient un livret reproduisant articles d'époque et photos d'exploitation, ainsi que deux pochettes contenant respectivement une reproduction de l'affiche et de 10 de ces photos promo.
Mais le meilleur des « goodies » reste bien entendu cette fameuse « séance complète » permettant de visionner un avant-programme. En l'occurrence des actualités Pathé de 1972 avec des reportages sur l'exposition Elsa Triolet, les affrontements en Irlande du Nord et un tournage de film sur l'ile de Pâques, suivi d'une sélection de pubs bien rétro. Un bon petit mélange entre humour douteux impossible aujourd'hui et les apparitions amusantes de jeunes Coluche et Gérard Jugnot. De quoi se mettre dans l'ambiance des salles de cinéma d'autrefois, mais avec le luxe de copies, là aussi, restaurées.

Liste des bonus : La séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque, un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm).

 
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