SHOCKER
Etats-Unis - 1989
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Wes Craven
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 109 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 1 mars 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Horace Pinker, criminel particulièrement sanguinaire, est enfin retrouvé par la police, grâce aux rêves prémonitoires d’un jeune garçon. Condamné à la chaise électrique, Pinker attend sans angoisse l’exécution de sa peine. En effet, il sait pouvoir résister à une charge de 200.000 volts… Avant de finir grillé, il fait une promesse : celle de revenir…
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Mister 100 000 volts

Le regretté Wes Craven n'aura pas été l'heureux papa que d'un seul croquemitaine. Dans l'ombre du gigantesque et indétrônable Freddy, il y a aussi Pinker, sociopathe massacrant des familles entières et maniant les courants électriques, qui aurait aimé avec Shocker devenir le héros de sa propre saga horrifique.

C'était l'ambition première de Wes Craven, un peu refroidi d'avoir été écarté de la licence Nightmare on Elm Street après pourtant un troisième opus inventif, et qui s'imaginait avec ce nouveau projet donner naissance à un nouveau monstre du genre. D'où sans doute un générique presque à l'identique avec son lent travelling sur les outils préférés du meurtrier intouchable, comme pour recréer une filiation naturelle, évidente, jusque dans le déluge de tag line et jeux de mots pourris que Pinker assènera à chaque victime, à chaque meurtre. Craven qui dû si souvent composer avec les cadres de la télévision et des producteurs envahissants découvrait alors grâce à la société indépendante Alive Film (qui produisait en parallèle les Princes des ténèbres et Le Village des damnés de Carpenter) une nouvelle forme de liberté salvatrice lui permettant de piocher allègrement dans d'anciens concepts abandonnés. En l'occurrence du coté de la série avortée Dream Stalker et son héros aux pouvoirs médiumniques et surtout un pitch plus obscure partagé un temps avec un certain Sean Cunningham (papa de Vendredi 13 et producteur de La Dernière Maison sur la Gauche), qui délivrera la même année un bizarrement très similaire mais beaucoup plus glauque House 3, aka The Horror Show avec Lance Henriksen. Les deux s'accusant plus ou moins vertement de plagiat, difficile d'y voir clair, mais il reste évident que Shocker est véritablement un film et un concept qui porte la marque de Wes Craven.

 

une ampoule, une baignoire et c'est le drame


Au-delà de ressemblances imposantes, voir handicapantes, avec le cousin Krueger, Shocker est marqué par une approche fun et popcorn du slasher bourrin mêlé constamment à une ambiance plus fantastique, onirique où l'affrontement manichéen entre le bien et le mal se nimbe de voyages constants dans le monde des rêves, où la réalité laisse affleurer quelques fantômes bien attentionnés. Des notes particulièrement naïves, romantiques à l'excès, qui déstabilisent au milieu de ce divertissement débridé parfois grand-guignolesque, dévissant, dès que Pinker embrasse ses pouvoirs de voleur de corps, en traque à la Hidden, mode pochade. On est ici bien loin des mécaniques huilées de Jason Voorhees, Michael Myers et consorts, puisque Shocker ne cesse de rebondir sur la dernière inspiration de son créateur, jusqu'à un quart d'heure final totalement délirant aux limites du cartoon frénétique où le héros et le tueurs traversent les écrans de télévisions, devenants de simples figurants d'un flot de violence et de cruauté bien réel, avant de continuer leur affrontement dans le salon criard d'une famille de beauf échappée d'une sitcom. Une manière outrancière de traverser le fameux 4ème mur (une obsession chez Craven) et d'amorcer une fibre meta qu'il concrétisera dans les futurs Freddy sort de la nuit et la saga Scream. Le cinéaste reprend donc des bases bien ancrées pour jouer avec les attentes et les codes, pour expérimenter dans la forme même de ce conte surnaturel constamment pogoté par des inédits d'Alice Cooper, Megadeth et un collectif de métalleux issus de Kiss, Mötley Crüe et Van Halen (autant dire que l'album démange virilement), quitte à perdre en court de route une certaine forme d'équilibre, voir de bon goût. Les personnages secondaires sont absents voir passablement ridicules (Michael Murphy est tristement absent), les acteurs assez inégaux et le futur réalisateur Peter Berg (Du Sang et des larmes, Traque à Boston...) peine lui-même à croire à son bellâtre sportif moins victimes de visions que d'un air hagard. Mitch Pillegi, futur Skinner des X-Files est cependant totalement investi, livrant un portait jubilatoire d'un sadique sans âme, d'un boogieman hilare et massif, qui avec son habilité à contrôler les champs électro-magnétiques aurait sans doute eu sa place comme Super-vilain dans un Spider-Man déviant.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Travail de restauration fourni par Universal pour ses éditeurs partenaires, le Master HD de Shocker est le même que l'on retrouve depuis quelques années à travers le monde et en particulier du côté des américains de Shout ! Difficile alors d'avoir des informations sur la source, mais on pencherait plus pour un travail soigné de restauration numérique qu'un nouveau scan à la source. Cependant le résultat est bien souvent éclatant de fermeté et surtout d'une propreté d'autant plus impressionnantes que de nombreux effets spéciaux reposent sur des plans composites. Les couleurs très typées 80's sont pimpantes, les tons joliment équilibrés, les noirs maitrisés, il ne manque finalement qu'un grain légèrement plus vibrant et une définition un poil plus creusée pour toucher la perfection du support.

 


Son :
Plus de trace ici du DTS HD Master Audio 5.1 de l'édition américaine ici, seule reste les versions originale et française en DTS HD Master Audio 2.0, plus proches certes de la diffusion initiale. Très clean, bien balancée et confortable la VO aurait effectivement bien mérité un peu de dynamisme plus moderne pour accompagner les exactions de l'homme électrique.

 


Interactivité :
Edition sœur de celle de Shout Factory aux USA, la galette de studio Canal en reprend donc la quasi-intégralité des suppléments où il ne manque finalement à l'appel que la featurette d'époque et un second commentaire audio regroupant producteurs et directeur photo. Le commentaire audio essentiel est heureusement préservé puisqu'il s'agit de celui de Wes Craven qui se réjouit de revenir sur ce film et qui occupe le visionnage en évoquant plaisamment les origines du film, son tournage, quelques questions techniques et un bonne dose d'anecdotes sympathiques.
Cela sera sa seule apparition puisque l'édition ne comporte pas de long making of rétrospectif sur le film proprement dit, mais une série de trois interviews plutôt agréables, permettant à Mitch Pileggi d'évoquer son premier grand rôle au cinéma et une expérience très physique, Camille Cooper de louer son partenaire Peter Berg et au producteur Shep Gordon de replacer l'importance et l'audace d'Alive Film. Finalement le segment le plus important reste celui consacré à la bande son rock du film et son album devenu culte.

Liste des bonus : Commentaire audio de Wes Craven, Interview de Mitch Pileggi (17'), Camille Cooper (17') et Shep Gordon (12'), La Musique de Shocker (26'), Storyboard VS Film : comparaison (9'), Bande-sannonce.

 
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