DEVIL HUNTERS & THE DRAGON FIGHTER
Lie mo qun ying / Dei tau lung - Hong-Kong - 1989/1990
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Action, Policier
Réalisateur : Tony Liu Jun-Guk
Musique : Inconnu
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono (Devil Hunters uniquement)
Sous-titre : Français
Durée : 174 minutes
Distributeur : Spectrum Films
Date de sortie : 12 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Devil Hunters : L’inspectrice Fong est sur la piste d’un trafic de bijoux. Lors d’une transaction entre deux clans mafieux, la suspecte Bing sème la panique et l’échange vire au carnage. Cette confusion permet à Shing d’enlever son patron, « maître Sam », pour tenter de savoir où son cacher les bijoux… The Dragon Fighter : Alex Man joue le rôle d’un petit escroc dont le seul ami est un enfant appelé Petit Monstre. Un jour, celui-ci est tué par un gangster qui travaille p...
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à toutes épreuves

Le ciné HK contre attaque grâce à Spectrum qui redonne enfin sa place à cette action sérieusement burnée et inimitable des années 80/90 qui avaient injustement disparue des catalogues des éditeurs français. Et avec les deux réalisations effrénées de Tony Liu (Angels Terminator 2) les amateurs vont être largement servis.

Un metteur en scène finalement toujours assez méconnu en dehors des territoires chinois, mais qui est clairement symptomatique de la méthode hongkongaise et d'une certaine idée artisanale de ce cinéma aujourd'hui en berne. Au départ jeune acteur aux horizons un peu limité, il se rend rapidement compte que son avenir est du coté de la réalisation et il va faire ses premières armes du coté de la Shaw Brothers, déclinante certes mais tout de même, avec des films de kung-fu comme Karateka Erotika (merci le distributeur français) avant de rapidement pousser plus loin la logique « exploitation ». Le plus souvent simple suiveur de mode, s'appropriant, comme ses lointains collègues italiens, les bonnes recettes des derniers succès du moment, Tony Liu est ainsi un solide fournisseur de séries B relativement économiques, mais toujours solidement troussées, dans lesquels justement l'efficacité coûte que coûte est devenue sa marque de fabrique. Réalisés dos à dos en plein cœur de ces quelques années bénies de la fièvre du cinéma asiatique qui permis au cinéma HK de s'exporter généreusement hors du marché asiatique, Devil Hunters et The Dragon Fighter auraient pu sembler, par leurs titres ou le design des affiches d'époques, comme deux simples pelloches supplémentaires surfant tranquillement sur cette mode des polars d'action qui ont fait la gloire de quelques John Woo, Kirk Wong ou Ringo Lam. Bien entendu avec Tony Liu il n'est aucunement question d'élégance, de stylisation, de réflexion politique ou d'un quelconque romantisme désuet, mais plutôt d'une mécanique incroyablement bien huilée... qui prendrait feu en cours de route. A l'instar de ces scénarios limités rejouant la guerre des gangs, l'opposition ordre / chaos et la gentille célébration des forces de l'ordre, mais qui frôlent régulièrement l'absurde, le nébuleux, par accumulation de seconds rôles, par son absence totale de développement des personnages, ses ruptures de ton et ses ellipses brutales.

 

L'art de la performance


L'histoire n'est là en définitive que pour servir un plat roboratif charpenté par des dizaines de scènes d'action délirantes et percutantes, là où la plupart des gros succès de l'époque se contentaient de trois - quatre grosses performances spectaculaires. Si les moyens économiques ne sont certainement pas les mêmes que sur un Police Story ou un Syndicat du crime (auquel un personnage humoristique de The Dragon Fighter fait gentiment référence), Devil Hunter et The Dragon Fighter enquillent les gunfigts improbables en pleine ville, les castagnes kung-fu acrobatiques vives (avec ce léger effet d'accéléré qu'affectionnait Tony Liu), les règlements de comptes ultra-violents, les scènes de cruautés gratuites (tortures et viols dans l'un, gosse écrasé dans l'autre), un bodycount surréaliste et surtout des cascades hallucinées et mortelles avec une ferveur qui impose le respect. Comme souvent chez Tony Liu d'ailleurs, ce sont encore une fois ces dames qui s'imposent comme les vrais moteurs de cette action et qui s'offrent les passages les plus spectaculaires. Si la très jolie Moon Lee (Le Flic de Hong-Kong) est très visiblement doublée dans la plupart de ses scènes d'arts martiaux, les icones du «girls with guns» Sibelle Hu (Angel Terminators 2), Carrie Ng (City on Fire) et Michiko Nishiwaki (cascadeuse sur Kill Bill et Mission Impossible III) donnent le meilleur d'elles-même avec des acrobaties virevoltantes et des combats au corps-à-corps dont la sécheresse et la brutalité renvoient leur partenaires masculins (dont la futur star Francis Ng) dans les cordes.

Dotés d'une mise en scène instinctive et d'un montage incisif, ces deux films frères se révèlent, malgré leurs indéniables faiblesses, deux divertissements qui en mettent plein la tronche, généreux et frénétiques. Cependant, le premier Devil Hunters, par son sérieux indéboulonnable et son nihilisme digne du futur Angel Terminators 2, a une petite tête d'avance. Renommé lors de sa petite exploitation française Raid pour l'honneur, mais aussi Megaforce 2, Red Force 3 ou Ultra Force 2 chez nos voisins allemands ou sur certaines VHS, Devil Hunter a eu d'ailleurs son petit moment de célébrité grâce à une ultime cascade catastrophe qui envoya Sibelle Hu, Moon Lee et Ray Lui quelques semaines à l'hopital pour des brûlures plus ou moins intenses. Retard à l'allumage ou explosifs trop dosés, peu importe que ce grand saut rattrapé par les flammes montre clairement l'une des actrices prendre feu... Tony Liu en a fait l'image de fin, montré sous trois angles différents et au ralenti. C'était aussi ça le cinéma d'action HK.

Nathanaël Bouton-Drouard












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Image :
La mission que semble s'être donné Spectrum Films est de ressusciter des productions de genre un peu oubliés, des séries B des années 80/90 trop dénigrés... La difficulté étant que comme beaucoup de productions hongkongaises, et de manière plus visibles encore, ces dernières n'ont pas été préservées avec beaucoup de soin et sont (comme le montraient les anciennes VHS et DVD) particulièrement abimées. Les deux masters HD présentés pour Devil Hunters et The Dragon Fighter doivent ainsi composer avec une restauration très succincte qui laisse à la surface de l'image toutes les griffures, taches et variations de teintes (segment de pellicules qui virent au jaune ou au vert) accumulées au cours des années. Les copies ont cependant été manifestement remaniées à la source, apportant une colorimétrie chaleureuse, des reflets parfois agréablement naturels et surtout une définition qui peut sur certaines séquences s'avérer assez pointue et révéler une certaine profondeur. Forcément perfectible, mais comparés aux anciens supports, les gains sont indéniables...

 


Son :
Défaut très habituels chez les productions chinoises de ces années là, les mixages sonores n'ont vraiment rien de bien spectaculaires et délivrent des stéréos on ne peut plus plates, parfois brouillonnes avec des petits accents de saturations et de chuintement. Les pistes DTS HD Master Audio n'y changent pas grand-chose malheureusement. A noté pour Devil Hunters la présence appréciable du doublage français d'époque. Enregistré à la va vite avec des acteurs peu concernés, il sent bon l'air VHS jusque dans ces aigües stridents.

 


Interactivité :
Toujours limités à 1000 exemplaires ces deux nouveaux titres de Spectrum sont présentés avec des fourreaux sobres mais parfaitement désignés et des sections bonus qui ressemblent tout logiquement à celles des Angel Terminators. Soit des présentations dédiées très efficaces des films par le spécialiste Arnaud Lanuque, auteur de Police Vs syndicat du crime, et une évocation plus générale, mais nécessaire, de l'œuvre de Tony Liu par Julien Sévéon. Dans les deux cas, la volonté est clairement de réhabiliter un cinéma d'exploitation souvent dénigré, oublié. Avec de tels objets, on est sur la bonne voie.

Liste des bonus : Présentation des films par Arnaud Lanuque, Tony Liu par Julien Sévéon (28'), Bandes-annonces.

 
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