STAR TREK : DISCOVERY SAISON 2
Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
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Musique : Jeff Russo
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Japonais, Italien, Allemand, Espagnol.
Sous-titre : Français, Italien, Finnois, Japonais, Allemand, Suédois, Néerlandais…
Durée : 710 minutes
Distributeur : Paramount Home Entertainment
Date de sortie : 4 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Peu après la fin de la guerre avec les Klingons et la réhabilitation de Michael Burnham, sept signaux rouges apparaissent un peu partout dans la galaxie. Le timing de ces signaux, juste après la guerre, et la puissance inimaginable pour les créer mettent Starfleet et la Fédération en alerte rouge. Le Capitaine Christopher Pike est affecté au commandement du Discovery avec pour mission de découvrir la nature exacte de ses signaux et la raison de leur apparition. Pour ce faire, il devra no...
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Contrairement à d'autres grandes franchises de SF, Star Trek a été quasi continuellement présente dans le paysage culturel depuis ses débuts sur NBC en 1966. Neuf séries TV (cinq autres en projets), treize films, une poignée de jeux vidéo, des romans, des comics...autant de créations, de relectures, de reboots, de remakes, de trahisons... et d'échecs. Le denier en date, le pourtant excellent long-métrage Star Trek Sans Limites (réalisé par Justin Lin en 2016), a malgré lui causé l'arrêt provisoire du volet cinématographique de la saga. Changement de braquet et rapatriement sur les petits écrans en 2017 avec la série Star Trek Discovery.

Signe de l'époque ? Sûrement. Mais aussi un retour à ses premières amours pour une franchise qui a toujours eu à cœur le respect des traditions. Résultat : un succès public mérité et la mise en production immédiate d'une saison 2 bigger, better, louder. La première saison nous plaçait au cœur d'une guerre avec les Klingons, déclenchée par l'héroïne de la série, Michael Burnham (l'excellente découverte Sonequa Martin-Green). Devenue dès lors paria, elle sera réintégrée petit à petit au sein de Starfleet par le mystérieux Capitaine Gabriel Lorca. A la barre, c'était Bryan Fuller, showrunner star plusieurs fois couronné de succès (Pushing Daisies, Dead like me, Hannibal, etc), et habitué de la franchise (il a officié en tant que scénariste sur Deep Space Nine et Voyager). Il nous a offert 15 épisodes à l'image de ses travaux habituels : des personnages très bien écrits et campés, une direction artistique et une photographie (chapeautée par le chef op' Guillermo Navarro) magnifiques, mais une narration parfois paresseuse, avec une vision globale assez pauvre, virant dans ses mauvais moments au soap opéra sans saveur. Fuller avait malgré tout le bon goût de boucler son intrigue de manière satisfaisante et d'offrir à cette première série Star Trek depuis 2005 un très beau succès d'audience. Préférant se concentrer sur son autre show, American Gods, Fuller laissa alors le bébé au co-créateur de la série, Alex Kurtzman. Pas particulièrement rassurante (le garçon est scénariste du second Amazing Spiderman, et réalisateur du reboot de La Momie) cette prise de pouvoir débouche pourtant sur une étonnante et réjouissante réussite.

 

High Fidelity


Succès oblige, l'équipe d'auteurs chapeautée par Kurtzman bénéficie d'une plus grande liberté. Au rythme un peu trop pépère de la première saison, ils vont répondre par 14 épisodes sous la forme d'une course haletante, emmenant Michael Burnham et l'USS Discovery sur la piste de signaux laissés aux quatre coins de l'univers par un étrange « ange rouge ». L'écriture est à la fois plus dynamique - les enjeux narratifs sont toujours corrélés aux scènes d'action - et plus ample - les sous-intrigues se multiplient et finissent toujours par se fondre dans une arche principale ambitieuse. Une liberté qui n'empêche pas la série de respecter le canon et d'intégrer dans sa narration un officier disparu nommé Spock (l'action se déroule 10 ans avant la série originale) et de faire du Capitaine Christopher Pike - apparu dans le pilote de la série de 1966 - un très beau personnage. Précisons tout de même qu'il n'est absolument pas nécessaire d'être familier de l'univers pour apprécier ce Star Trek Discovery. La série va également se muer dans sa deuxième partie en une saisissante et excitante variation sur le thème du voyage dans le temps, qui va questionner les notions d'héritage et d'éternel recommencement. On peut évidemment y voir un commentaire de la saga Star Trek sur sa propre nature de franchise, obligée de générer sans arrêts reboots, préquels, suites et remakes pour survivre. La série, emportée par sa fougue et par des enjeux complexes, cède tout de même par moment sous le poids de ses promesses en multipliant les deux ex machina malvenus. Une maladresse qu'on retrouve également dans la réalisation des épisodes.
Car si techniquement, la série est époustouflante (les SFX, notamment, sont magnifiques) elle est bien moins convaincante en termes de mise en scène pure. Elle manque en effet singulièrement d'idées dans le filmage, se contentant d'effets de manche (les débuts de séquence « la tête en bas ») qu'elle reproduit à l'infini, et de scènes de combat pataudes. La décision de donner à (presque) chaque épisode un réalisateur.trice différent n'est sûrement pas étrangère à ce constat. S'il permet un contrôle accru au showrunner et donne une indéniable cohérence au récit, ce choix de production empêche clairement les audaces stylistiques. L'utilisation du format scope en lieu et place du plus classique 2:00 de la première saison n'y fait rien : malgré ses moyens énormes (8 millions de dollars par épisode), la série, hors de ses ébouriffantes scènes d'actions spatiales, possède un indécrottable aspect « télé » qui lui nuit.

Mais Star Trek Discovery, c'est aussi une série de network (diffusée conjointement par CBS All Access et Netflix) dans laquelle le personnage principal peut être une femme, noire et portant un prénom d'homme (un classique chez Bryan Fuller), sans que cela soit un sujet. Une série dans laquelle les personnages féminins ne sont jamais des faire-valoir ou des objets à séduire. Une série dans laquelle l'attitude face à l'étranger est toujours bienveillante. Logique quand on sait à quel point Star Trek fut, dès sa création par Gene Rodenberry, une série fondamentalement humaniste et progressiste, et qu'elle fut connectée, au fil des décennies, aux enjeux sociaux et politiques de son temps. Comme devrait l'être chaque œuvre de science-fiction digne de ce nom.

François Willig












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Image :
A l'instar de la première saison, les masters HD des épisodes ont vraiment une excellente tenue, rien à dire. Le piqué et le contraste sont très bons et le travail lumineux apporté aux séquences spatiales et les ambiances bleutées se prêtent admirablement au nouveau format scope soulignant les nouvelles ambitions "cinématographiques" de la série. S'il semble toujours évident qu'à therme le show gagnerait clairement à être délivré en coffret 4K pour restituer toute la force de la proposition, on dénote par contre quelques petit écart dans la gestion du grain numérique, surtout visible dans les séquences très sombres.

 


Son :
Peu de série font un aussi gros effort sur la dynamique de leurs pistes 5.1 que Discovery qui, une fois encore, délivre un DTS HD Master Audio 5.1 anglais particulièrement spectaculaire dans les scènes d'action, mais qui sait également faire ressentir avec finesse et enveloppement l'atmosphère de l'USS Discovery. Disponible uniquement ne Dolby Digital 5.1 le doublage français est un peu à la traine mais reste très correcte dans sa restitution.

 


Interactivité :
Réjouissons-nous que certains éditeurs continuent à croire dans le support physique. Les cinq galettes sont littéralement bourrées de bonus. Passons sur les bandes-annonces, le bêtisier et sur les scènes coupées à l'intérêt aléatoire, pour nous tourner vers toute une série de modules couvrant les domaines de la direction artistiques (décor, lumière, costumes, accessoires, SFX, etc). D'une durée plutôt généreuse (un peu plus de 10 minutes en moyenne), ils sont à la fois une mine d'infos et de détails pour les trekkies, et aussi une belle plongée dans la fabrication de ce véritable blockbuster télévisuel. Et l'occasion de se rendre compte de la cohérence globale de la direction artistique, et également de la minutie et du savoir-faire de corps de métiers rarement mis en avant dans les suppléments. Dans la même veine, on trouve également un module de 53 minutes (!) centré sur les personnages, leurs évolutions, et la façon dont ils s'incluent au sein de la saga.
Sur le cinquième et dernier disque du coffret se trouve un making-of très bien fait de plus de 40 minutes du double épisode final. On trouve aussi deux épisodes (sur dix, c'est ballot) de l'anecdotique mais sympathique Star Trek Short Treks, web-série d'environ 15 minutes par épisode. Et enfin, on trouve sur les disques quatre commentaires audio (non sous-titré malheureusement) très riches en infos et anecdotes. La série étant récente, nous sommes moins dans l'analyse que dans un exercice d'autocongratulation. Sympathique, mais un peu pénible à la longue quand même. Bref, un contenu (presque trop) riche, mais très honnêtement fait, qui nous rappelle le caractère somptuaire du show et l'importance de cette série pour CBS.

Liste des bonus : Bandes-annonces des épisodes 2 à 14 - Commentaires audio (VO) : Sonequa Martin-Green et Alex Kurtzman sur l'épisode « Frère », Anson Mount et Jonathan Frakes sur l'épisode « Nouvel Eden », Anson Mount et Ethan Peck sur l'épisode « À travers la vallée des ombres », Olatunde Osunsanmi, Michelle Paradise, Jenny Lumet et Alex Kurtzman sur l'épisode « Une si douce peine, 2ème partie » - Scènes coupées ou versions longues : épisode « Nouvel Eden » (4 scènes - 4'57"), épisode « Point lumineux » (2 scènes - 4'14"), épisode « Ombres et lumières » (1'26"), épisode « Projet Dédale » (0'32"), épisode « L'Ange Rouge » (1'06"), épisode « À travers la vallée des ombres » (5 scènes - 6'17"), épisode « Une si douce peine » (2 scènes - 1'19"), épisode « Une si douce peine, 2ème partie » (2 scènes - 0'21") - « Star Trek : Short Treks » (VF/VOST) : « L'étoile la plus brillante » (« The Brightest Star », 2018, 14'47"), « L'échappée » (« Runaway », 2018, 15'21") - Promo saison 2 (1'14") - La conception de Discovery : saison 2 (17'48") - Accessoires : saison 2 (8'56") - Les habits du succès : saison 2 (16', VOST) - Confort des créatures : saison 2 (15'18") - La création de l'espace : saison 2 (10'12") - Star Trek: Discovery : le voyage de la saison 2 (55'46") - Montez dans l'Enterprise (10'33") - L'Ange Rouge (13'10") - Bêtisier (7'09")

 
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