LE SCANDALE
France - 1967
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de «  Le Scandale »
Genre : Thriller
Réalisateur : Claude Chabrol
Musique : Jacques Gaillard
Image : 2.35 16/9
Son : Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Aucun
Durée : 110 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 28 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de «  Le Scandale »
portoflio
LE PITCH
Paul Wagner dirige une négoce de champagne mais à la suite d'un très grave traumatisme crânien, il n'est plus capable de s'en occuper. Son entreprise devient alors la cible de nombreuses convoitises et des personnes commencent à être assassinées ! Les soupçons de la police se tournent alors vers Paul…
Partagez sur :
Le charme (très) discret de la bourgeoisie

On connait la fascination (ou répulsion) de Claude Chabrol pour la bourgeoisie, qui, tout au long de sa carrière, a étudié et nous a fait observer ses moeurs et ses vices, qu'il n'a jamais manqué de férocement critiquer. Mais Chabrol est aussi un grand cinéphile qui connait parfaitement tous les genres du cinéma, alors quand il réalise un thriller sous grande influence d'Hitchcock et qui se passe dans le milieu de la bourgeoisie, on peut espérer le meilleur des deux mondes. Hélas ce n'est pas tout à fait le cas...

Le Scandale fait partie d'une période très spéciale dans la carrière de Claude Chabrol. Après les grands succès de ses premiers films (Le Beau Serge, Les Cousins) qui ont lancé la « nouvelle vague » et de ses comédies noires qui dressaient le portrait de la bourgeoisie moderne, il se lance en 1964, avec Le Tigre aime la chair fraiche dans une série de films commerciaux, inspiré des grands succès du moment. Si la série des Tigres était un décalque des James Bond et des films d'espionnage de l'époque, Le Scandale, lui, lorgne plutôt du côté du thriller hitchcockien. Le film n'est pas une volonté de Chabrol, c'est, comme pour ses précédents, une commande que le cinéaste accepte « parce que j'avais envie de travailler » comme il l'avouera plus tard. Le cinéaste réécrira le scénario initial en replaçant l'action dans ce milieu bourgeois qu'il connait bien et puisque l'histoire est un thriller paranoïaque, il rendra hommage dans sa mise en scène au maitre du genre, Alfred Hitchcock.

 

sueurs sèches

 

Un hommage très rapidement visible dans le film, puisque, outre la présence d'Anthony Perkins (l'éternel Norman Bates de Psychose) dans un des rôles principaux, le film s'offre un générique typiquement « Saul Bass » dans son style très graphique mais qui fait aussi partie intégrante du film par ce qu'il montre (l'hospitalisation et le traumatisme du personnage principal). Passé ce générique, le première heure du film nous décrit un univers très « Chabrolien » avec la description du quotidien de Paul, entre parties de tennis et soirées mondaines et les soucis liés à la gestion de son entreprise de champagne. Une première partie où comme à son habitude, le réalisateur dresse un portrait peu flatteur de ce milieu et des gens qui le peuplent, décris comme de grands enfants capricieux, méprisants et hautains avec les classes inférieurs (le personnage de la secrétaire incarné par Stéphane Audran est constamment relégué au second plan dans le cadre ou partiellement coupé par un élément du décor) et les liens entre le monde bourgeois, militaire et religieux (la soirée mondaine où l'on retrouve un général et un évêque). Une scène de réunion d'administration sera d'ailleurs cadrée comme la Cène.

Ce premier segment malgré une mise en scène très réussie dans ses cadres et sa lumière et quelques répliques croustillantes (« Quand je t'ai connu, tu étais un raté, maintenant, tu as appris à ne rien faire avec avec distinction ») s'éternise malheureusement un peu trop dans l'observation de ce milieu et son traitement empêche toute empathie envers les personnages. Ce manque d'identification devient hélas préjudiciable dans la deuxième partie, quand l'histoire bascule dans le thriller. Utilisant le traumatisme qu'a vécu Paul dans le pré-générique, Chabrol ellipse chaque meurtre dans des fondus au noir qui correspondent pour le héros à des moments de black-out. Un procédé qui insinue le doute dans son esprit mais aussi dans celui du spectateur mais qui perd de son efficacité à cause de ce manque d'empathie envers Paul alors que le genre du thriller paranoïaque repose beaucoup sur le rapport ambigüe de confiance entre héros et spectateurs.

Le twist de conclusion, très ingénieux, joue totalement sur ce que le scénario et la mise en scène démontraient depuis le début, à savoir que dans ce monde matérialiste qui ne se préoccupe que de l'aspect extérieur, le danger peut se cacher à la vue de tous. Mais le déséquilibre entre satire et thriller se fait là-aussi ressentir et notamment dans son plan final très réussi dans sa symbolique (et qui a surement inspiré un des plans les plus célèbres de Breaking Bad) mais qui ne conclue pas vraiment l'histoire. Un plan qui confirme que le film est finalement plus une observation de ce milieu qu'un triller mais qui, du coup, affaiblit l'intérêt du film. Un mélange intéressant mais trop hétérogène pour vraiment fonctionner.

Benoit Llamazares






Partagez sur :
 

Image :
Le film n'a pas été restauré pour cette sortie, c'est donc une copie propre dans le traitement des couleurs et des contrastes (très présents dans le film) mais aussi extrêmement abimée avec de nombreuses marques de pellicules et de points blancs visibles à l'image. Pas parfaite loin de là, mais joliment définie et plutôt confortable pour le visionnage.

 


Son :
Comme pour l'image, la bande sonore n'a pas été restaurée et le dolby stéréo 2.0 d'époque manque parfois de clarté, notamment celles d'Anthony Perkins qui joue entièrement en français mais dont les répliques manquent parfois de clarté.

Liste des bonus : Un livret.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020