FRIGHTMARE
Royaume-Uni - 1974
Image plateforme « DVD »
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Genre : Horreur
Réalisateur : Pete Walker
Musique : Stanley Myers
Image : 1.66 16/9
Son : Anglais Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 83 minutes
Distributeur : Uncut Movies
Date de sortie : 4 avril 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Frightmare  »
portoflio
LE PITCH
Dorothy Yates vit avec son mari Edmund dans une petite ferme isolée à l'abri des regards indiscrets. La vieille femme dissimule en réalité un terrible passé puisqu'elle fut internée pendant de nombreuses années aux côtés de son époux pour avoir commis une série de meurtres brutaux sur fond de cannibalisme. Aujourd'hui libérée et réintégrée dans la société Dorothy mène une vie tranquille sous l’œil bienveillant de son mari hier complice par amour des crimes de son épouse. E...
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Cuisine anglaise

De la campagne texane à la lointaine banlieue londonienne, l'année 1974 aura décidément remis les anthropophages aux goûts du jour. Si l'un est un classique culte célébré par tous, le second ne démérite pas. Et une mamie au regard avide et délirant jouant de la perceuse vaut bien un psychopathe armé d'une tronçonneuse.

Souvent éclipsé par la profusion gothique hammerienne, le renouveau du cinéma de genre anglais dans les années 70 fut impulsé par quelques auteurs débrouillards reprenant à leur compte la méthode et les questionnements de leur voisin américains plongeant dans une horreur d'une terriblement proximité, se mariant parfaitement avec des moyens financiers extrêmement limités. Un cinéma d'exploitation qui se débarrasse des oripeaux trop visibles, des créatures suaves et des atmosphères bourgeoises, pour plonger avec férocité dans la middle-class anglaise quitte à déboulonner le sacro-saint establishment au passage. Une vraie spécialité pour le malin Pete Walker, ancien explorateur de pelloches sexy, qui en quelques années et une poignée de films va s'en prendre cruellement aux institutions vacillantes du pays. Placé parfaitement entre son juge réactionnaire et sadique de Flagellations, et le curé serial killer de Mortelles confessions, la famille déviante de Frightmare faire encore plus fort en jetant le trouble non pas sur une classe dite supérieure mais sur l'ensemble de la population britannique.

 

hors d'oeuvre


A l'instar du Massacre à la tronçonneuse que Tobe Hooper tourne la même année, les monstres du film de Pete Walker se dissimule parmi les contemporains sous les traits d'un chauffeur vieillissant et d'une tireuse de cartes fébrile. Lui n'est que l'époux docile et martyrisé qui dissimule les pires exactions de sa femme, une meurtrière et cannibale pathologique renvoyée chez elle par des institutions trop sûres de leurs conclusions. Le reflet d'une société aux failles béantes où les fractures sont multiples (ville/campagne, jeunesse/vieillesse, intellectuelsouvriers...) où clairement rien ne semble plus fonctionner. Incarnée par une terrifiante Sheila Keith (actrice fétiche de Pete Walker), la faussement fragile mais terriblement déviante Dorothy Yates ne fait que souligner les manques du monde moderne, ne s'attaquant qu'à des âmes esseulés, et entrainant dans sa propre folie toute sa famille... Dont une belle-fille résistante et une progéniture légitime cachée dont les réactions face à aux appétits de la matrone viennent questionner les limites du déterminisme social et de la malédiction génétique. Cinéaste parfois fragile dans sa mise en scène, souvent handicapée par quelques nécessités du cinéma d'exploitation, Walker trouve ici un sujet en or et surtout un équilibre brillant dans ses constructions directes et économiques. Collégialement porté par des interprétations fiévreuses, Frightmare est un drame scabreux, au réalisme troublant où les jaillissements horrifiques efficaces plongent graduellement le film dans un cauchemar sans retour. Les dernières images, laissant le pire hors-champs, font toujours autant froid dans le dos.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
A contrario de Flagellations et Mortelles confessions édités par le copain Artus, Frightmare n'est pas proposé en Bluray. Le master n'en reste pas moins tout à fait recommandable, reposant sur une copie d'excellente facture et manifestement restaurée en amont. Un rendu précis et contrasté particulièrement visible dans les gros plans, mais qui délivre une définition très agréable et des couleurs automnales harmonieuses tout du long. Quelques petit taches et autres traces de l'âge s'intègrent parfaitement au tableau.

 


Son :
Seule la version originale est présentée sur le disque. Cette dernière est très correcte dans sa frontalité classique. Quelques petits moments un peu plus difficiles parfois avec l'apparition de chuintements, mais rien qui ne gène le visionnage.

 


Interactivité :
Simple DVD soit, mais Uncut Movie choie son édition avec beaucoup d'amour lui offrant un mediabook très réussi dans son design, proposant un poster italien du film ainsi qu'un livret assez complet sur le cinéma horrifique indépendant anglais piqué dans la reliure. Le DVD en lui-même ne propose qu'un seul supplément mais ce dernier n'est pas négligeable loin de là car il s'agit d'une présentation fleuve signée David Didelot. Le cocréateur de Videotopsie démontre encore une fois son incroyable érudition et sa passion communicative en retraçant l'intégralité de la carrière de Pete Walker, de ses nudies à ses derniers haut-faits horrifiques, tout en l'intégrant constamment dans le paysage du cinéma d'exploitation de l'époque. Intarissable et rsolidement documenté, il étoffe le tout avec un défilé de VHS et de DVD venus du monde entier et souvent assez rares. Ce n'est plus une initiation, c'est un cour magistral.

Liste des bonus : Un livret de 28 pages, Un poster collector, Pete Walker : de la grivoiserie au cannibalisme par David Didelot, Galerie de photos, Bandes-annonces.

 
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