FARINELLI - IL CASTRATO
Italie, Belgique, France, Royaume-Uni - 1994
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Gérard Corbiau
Musique : Riccardo Broschi
Image : 1.85 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1 et Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Aucun
Durée : 106 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 5 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Naples, début du XVIIIe siècle. Pour que son jeune frère Carlo conserve sa voix cristalline au-delà de l’enfance, Riccardo Broschi parvient, sous prétexte d’un accident, à le priver de sa virilité. Désormais castrat, Carlo Broschi devient Farinelli, un chanteur lyrique dont la célébrité s’étend jusqu’en Angleterre. Si, en donnant de la voix dans un petit théâtre, il le sauve de la faillite, il s’attire aussi la convoitise du grand compositeur Haendel qui, en lui révélan...
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Capturer la voix des anges

En 1994, Gérard Corbiau (Le Maitre de musique) prouvait avec Farinelli que l'on pouvait déplacer les foules avec la biographie d'un chanteur lyrique de l'époque des lumières. Quelques millions d'entrées, 800 mille exemplaires du disque vendus, des César et un Golden Globe du meilleur film étranger... Des vocalises noyées sous les honneurs.

S'il y a bien une chose que l'on ne peut pas remettre en question, c'est la passion du belge Gérard Corbiau pour la musique classique, et plus précisément pour l'art lyrique et ses contextes historiques. De sa première fiction (Le Maitre de musique donc) à la dernière sur grand écran, Le Roi danse en 2000, en passant par un célèbre documentaire Versailles La Visite, sa carrière est constamment traversée par ces évocations faites de musiques de chambre, de chants angéliques, de costumes à frou-frou et d'enluminures rococo. Point culminant de ces odyssées picturales et musicales, Farinelli est la biographie librement romancée du plus grand chanteur de son époque, le castra Carlo Broschi dit Farinelli, monstre de scène ayant fait le bonheur des aristocraties européennes tel une véritable rock-star, faisant suffoquer les spectateurs par ses extraordinaires prestations pendant lesquelles les femmes s'évanouissaient avec autant de bonheur que lorsqu'elles s'abandonnaient à ses caresses en coulisses. Une figures presque mystique, d'autant plus que la fameuse voix de castra, reste aujourd'hui un grand mystère quand à son ampleur, sa pureté et sa puissance. Ce fut d'ailleurs le premier pari de Gérard Corbiau qui œuvra durant des mois avec des musicologues, des techniciens de l'IRCAM et surtout les chanteurs soprano colorature Ewa Malas-Godlewska et le contre-ténor Derek Lee Ragin afin de s'approcher au plus près de la tessiture de son héros flamboyant.

 

demi-teintes


Une expérience unique, incroyablement passionnante lors des nombreuses reconstitutions de concerts fastueux, aux sublimes costumes et décors mis en valeurs par la photo de Walther van den Ende (Toto Le Héros, Joyeux Noël), où l'acteur Stefano Dionisi semble transfigurée par les compositions symptomatiques de Riccoardo Broshi (frère de Farinelli), Pergolèse et surtout Haendel. Un compositeur d'ailleurs incarné par l'excellent Jeroen Krabbé (Le Quatrième Homme de Paul Verhoeven) qui, dans les faits, ne rencontra jamais véritablement l'artiste, mais qui vient incarner ici une quête d'idéal musical et de liberté d'un homme hanté par son « anormalité » et l'omniprésence d'un frère compositeur à la relation des plus ambigüe. A l'image d'un film comme l'Amadeus de Milos Forman, le film Farinelli tente en effet d'habiller son initiation passionnée à une musique fascinante et virtuose par un mélange d'enjeux mélodramatiques outrés : sexualité décuplée, romances alambiquées, oppositions artistiques aux lisières des considérations philosophiques et intimes... Mais le film restera tout du long bien trop juste pour atteindre totalement ses objectifs, ralentis par des acteurs très inégaux (heureusement Caroline Cellier donne un peu de couleurs à tout cela), des dialogues constamment en français mais noyés sous des dictions étrangères gonflantes et un scénario assez maladroit que les personnages secondaires traversent sans jamais s'installer clairement leur intérêt. Le duo principal, Farinelli et son frère, quand à lui n'arrive jamais à devenir humainement attachant. Une distanciation constante surtout marquée par une mise en scène bien trop académique, trop dévouée aux grands maitres picturaux de l'époque, transformant chaque scènes en tableau figé et ampoulé là où la passion que dégage Farinelli, par sa présence et sa musique, aurait méritée d'emporter le film vers une plus grande modernité.

Nathanaël Bouton-Drouard
Un Autre Avis :

"Un comédien habité, un réalisateur aussi soucieux de sa reconstitution historique que de la crédibilité musicale de son projet... Farinelli est un régal esthétique pour ceux qui trouvaient qu'Amadeus n'était pas encore assez poussé dans le rapport obsessionnel d'un artiste à son art."  Morgan Iadakan





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Image :
Si elle avait fait un petit effet lors de sa première sortie en 2009, cette remasterisation HD de Farinelli, impressionne beaucoup moins aujourd'hui. Tout simplement parce qu'elle a été confectionnée en usant d'outils et de techniques aujourd'hui un peu obsolètes. Pas de restauration chimique à la source donc, mais uniquement un master vidéo nettoyé avec sérieux puis passé entre les griffes de quelques « filtres » numérique pour le glisser sur Bluray. Les cadres sont donc très propres, les couleurs à la fois riches et pastelles fonctionnent très bien, mais le grain de pellicule et la définition générale manquent clairement d'intensité et de présence.

 


Son :
La piste sonore DTS HD Master Audio 5.1 comble parfaitement les attentes en offrant de belles résonances aux scènes de concerts, quelques ambiances délicatement posées et surtout une limpidité admirable sur les prestations de Farinelli aidant à l'élévation de cette voix unique. On notera par contre, sans doute pas aidé par ces accents, quelques dialogues où le niveau sonore semble se réduire, rendant plus ardu encore la compréhension de quelques échanges.

 


Interactivité :
Changement d'éditeur mais pas de contenu donc, ce qui se concrétise du coté des bonus par le retour des deux segments croisés depuis le premier DVD. Pas que l'on se plaigne loin de là, car si l'image très vidéo et la forme ont un peu vieilli, le propos est toujours aussi intéressant. Le programme débute forcément par un petit making of très complet qui raconte en interviews les origines du film, l'écriture, la coproduction et la recherche du casting et est ensuite complété par le documentaire « Nostalgie d'une voix perdue ». Une seconde partie qui se consacre à la quête artistique et technique de cette fameuse voix et du personnage qui lui sert de visage. On alterne ainsi entre les scènes de tournages, reconstitution des décors et des costumes, avec les expériences phoniques et informatiques visant à récréer la voix du castra grâce aux prestations de Derek Lee Ragin, un contre-ténor, et Ewa Malas-Godlewska, une soprano. Passionnant.

Liste des bonus : Documentaire : « Nostalgie d'une voix perdue » (50'), Entretien de l'équipe du film (20').

 
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