LES CADAVRES NE PORTENT PAS DE COSTARD
Dead Men Don’t Wear Plaid - Etats-Unis - 1982
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Genre : Comédie
Réalisateur : Carl Reiner
Musique : Miklós Rózsa
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le détective privé Rigby Deardon est engagé par Juliet Forrest pour retrouver son père, célèbre savant et fabricant de fromages, qui a disparu. À partir d'une mystérieuse liste de noms intitulée Les amis de Carlotta, Rigby commence son enquête.
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La Classe américaine

Un détective privé monologuant à son bureau, une femme fatale qui tape à sa porte, une affaire qui parait simple mais qui cache un complot de grande envergure, le tout filmé dans un noir et blanc très stylisé. Malgré les apparences nous ne sommes pas dans un polar des années 40 mais bel et bien dans un film tourné dans les années 80, enfin en partie...


Après le carton de The Jerk (Un Vrai schnock en vf), Steve Martin et Carl Reiner reforment leur duo devant et derrière la caméra afin de rendre hommage à un genre mythique du cinéma américain : Le film noir. Mais un hommage qui va prendre vie sous une forme inédite, et invisible à la seule lecture du synopsis, le « détournement », c'est à dire, une utilisation d'extraits de différents films qui sont remontés pour former un nouveau récit cohérent (enfin, cohérent dans le cadre d'une comédie absurde). Un concept qu'on peut rapprocher du « Collage » en peinture ou du sampling en musique et dont la grande réussite se situe dans la complicité avec le spectateur qui acceptera toutes ces incohérences visuelles ou audio, qui seraient normalement rejetées dans un autre film. Mais contrairement au Grand Détournement, de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, qui poussera le principe à son maximum 10 ans plus tard, en étant composé à 100% de films remontés, le film de Carl Reiner est un « hybride » qui fait cohabiter ces extraits de films avec une histoire tournée pour l'occasion.

 

cadavres exquis


Pendant six mois, Carl Reiner et son scénariste ont donc épluché méticuleusement des centaines de films noirs (films de gangster et de détective) pour pouvoir en extraire différends morceaux qui vont s'accorder avec l'histoire qu'ils confectionnent. Ce sont donc 19 films qui sont réunis dans Les Cadavres en portent pas de costard, pour côtoyer Rigby Reardon (Steve Martin) un détective privé aussi efficace qu'idiot et on ne peut qu'admirer la réussite de l'entreprise tant le travail sur les décors et la lumière s'harmonise merveilleusement, dans les champs/contre-champs, avec des plans qui ont parfois 40 ans d'écart.
Le seul défaut que l'on peut noter, mais qui n'est pas intrinsèque au film, vient de la VF, qui, bien qu'excellente et regroupe de nombreux talents de l'époque, fait perdre un peu de la saveur du décalage car les films d'époque bénéficient du même doublage que la partie contemporaine. Les scènes sont alors plus homogènes qu'en V.O et perdent un peu en effet comique. Mais l'humour ne repose pas seulement sur l'absurdité des dialogues et des situations forcés dû à ce face à face temporel. Le film regorge de gags hilarants qui jouent sur la durée (la préparation du café), la répétition (l'extraction des balles ou la femme de ménage) et même du métafictionnel quand les personnages du détective et du méchant se disputent pour pouvoir expliquer le plan à l'héroïne. Pour sa deuxième collaboration avec Carl Reiner, Steve Martin est totalement à l'aise dans l'interprétation de ce privé qui peut tout autant être un génie de la déduction que basculer dans le ridicule ou la folie en un clin d'œil. Le personnage est un vrai prototype du Frank Drebin de la série des Y'a t'il un flic... ? et on peut aussi imaginer que Michel Hazanavicius ne s'est pas seulement inspiré du concept du film pour son propre détournement mais également du personnage de Rigby Reardon pour son OSS 117.

On peut donc remercier Elephant films de cette ressortie, c'est une vraie chance de pouvoir redécouvrir Les Cadavres ne portent pas de costard, pouvoir admirer la prouesse technique du tournage et de son montage, l'amour sincère que ses concepteurs ont pour ce genre mythique du cinéma et pour son héritage qui perdure encore.

Benoit Llamazares




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Image :
Le master utilisé dans cet édition est le même que l'édition Universal sortie en 2017 au US. Le rendu est très convaincant, rendant justice à la très belle photo de Michael Chapman. Bien sur, la particularité du film (enfin plutôt, des, films) fait que la restauration n'est bien évidemment pas homogène sur toutes les scènes. Mais on n'en tiendra pas vraiment rigueur car la différence de qualité entre les images fait aussi partie de l'humour du film.

 


Son :

Les deux pistes son VO et VF bénéficient d'un mixage DTS-HD Master Audio efficace avec un très bon mixage qui partage comme pour le transfert vidéo, le même problème de multiplicité des sources mais qui, là aussi, renforce le comique des situations.

 


Interactivité :
Elephant films fait très bien les choses et nous gratifie d'une édition plus fournie que celle sortie au U.S en 2017. Ils ont enregistré spécialement deux bonus conséquents pour l'occasion dont notamment le premier, une interview de Carl Reiner qui débute par une interprétation tonitruante de La Marseillaise. S'ensuit vingt minutes d'anecdotes passionnantes sur la vie du réalisateur (dont le pourquoi de sa très bonne maitrise du français), sa carrière et, bien sur, sur le film qui nous intéresse. De sa conception à sa réalisation, Carl Reiner nous raconte tout, les problèmes de droit (avec une anecdote très touchante sur Johnny Weismuller) ainsi que le travail énorme de la chef costumière, du chef-op et du monteur.
Le deuxième bonus est un entretien avec Julien Comelli qui revient sur l'historique du film de « Détournement » et du film noir et notamment sa mutation dans les années 70.

Liste des bonus : Interview avec Carl Reiner (18'), Cadavre exquis (20'), Bandes annonces

 
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