LA VALLéE DE LA PEUR
Pursued - Etats-Unis - 1947
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Genre : Western
Réalisateur : Raoul Walsh
Musique : Max Steiner
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 101 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 6 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Vallée de la peur   »
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LE PITCH
Dès son plus jeune âge, Jeb Rand a été adopté par Mrs Callum, qui l’a élevé comme son propre fils aux côtés de sa fille Thorley et de son fils Adam. Jeb est souvent la proie de cauchemars terribles au cours desquels revient la même vision : une paire de bottes dont les éperons étincellent.
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La violence dans le sang

Production atypique dans la carrière aventure et plus décontractée du grand Raoul Walsh, western hors norme préférant étudier les tréfonds de l'âme plutôt que la précision d'un duel au soleil, La Vallée de la peur éblouit par son lyrisme de tragédie grecque.

Comme beaucoup d'autres genres codifiés, le western n'aura finalement fait que réinterpréter les grands enjeux humains et métaphoriques contés depuis la nuit des temps. Le récit imaginé par Niven Busch (Le Facteur sonne toujours deux fois) aurait presque des airs bibliques s'il n'était pas autant inspiré d'un simple fait divers du siècle précédent où une femme sauva et éleva le dernier enfant d'une famille ennemies massacrée par les siens. Une histoire de haine, profonde et aveugle, que le scénariste complète par cet étrange amour filial mais aussi par un désir de vengeance (personnifié par le diabolique Dean Jagger) qui va venir nourrir les ombres qui entourent Jeb Rand, faisant resurgir des fantômes enfouis, des souvenirs éteints et une colère qui entrave son bonheur. Un film constamment hanté où les grandes figures habituelles du genre semblent presque désincarnées, loin de toute forme d'héroïsme banal ou de simplicité manichéenne. En ce milieu des années 40 la psychanalyse s'insinue dans les coulisses d'Hollywood et La Vallée de la peur se glisse directement dans la continuité de La Maison du docteur Edwards d'Hitchcock et Le Secret derrière la Porte de Lang, faisant des sentiments refoulés et des non-dits les étincelles qui transforment le western presque réaliste de la première moitié, en un gigantesque mélodrame exacerbé, à l'atmosphère funèbre et désespéré, digne des meilleurs films noirs.

 

tant qu'il y aura des hommes


Un bouleversement qui sied à merveille à Theresa Wright, au départ charmante petite sœur aux airs d'amourette naïve qui revêt alors la sensualité explosive et puissante de la femme fatale prête à tout. Des petites piques de l'enfance, le duel des frères s'est transformer en compétition mortelle, la douce chaleur du logis n'est plus que haine et rejet et de l'amour naissant d'une presque sœur ne reste plus qu'un dédain glacé. En pleine ascension Robert Mitchum trouve ici l'un de ses rôles les plus révélateurs, s'arcboutant sur son physique de géant calme mais au caractère explosif, son visage asymétrique renvoyant cette douceur ambigüe, légèrement inquiétante, qui sied parfaitement à ce héros tragique. La victime depuis l'enfance et qui ne cesse de se débattre avec un passé qu'il ne connait pas et une suite d'évènement impitoyable qui ne peuvent que mener à l'inéluctable. Une finalité qui nous sera finalement interdite, reversé au sacro-saint Happy End peu convaincant (le revirement de dernière minute de Judith Anderson et la chevauchée romantique semblent collés à la dernière minute), qui atténue forcément la puissance impressionnante de La Vallée de la peur, mais ne peut lui arracher la justesse symbolique des plans composés avec méticulosité par un Raoul Walsh admirablement épaulé par la beauté ténébreuse de la photographie de James Wong Howe (Le Prisonnier de Zenda) aux paysages écrasant et aux intérieurs à peine éclairés, et par la mélancolie déchirante des thèmes imaginés par l'incontournable Max Steiner (Autant en emporte le vent, Casablanca...). Un grand western parce qu'il en déborde les cadres.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
La copie de Pursued n'est pas parfaite. Quelques taches et traces de griffures persistent, certains plans sont légèrement instables, le grain peut glisser vers le neigeux... Mais cela n'empêche pas le tableau d'ensemble d'être particulièrement appréciable avec sa restauration fignolée permettant de redonner de l'éclat à la photographie contrastée de James Wong Howe, soulignant des noirs puissants et des variations de gris particulièrement fines. L'âge du métrage est donc constamment présent mais non sans une certaine noblesse que vient révéler à chaque instant une définition pointue.

 


Son :
Simples mono d'origine bien entendu, mais ces derniers sont disposés en DTS HD Master Audio qui assure une clarté inédite qui se fait entendre sur la qualité des dialogues mais aussi et avant tout sur les compositions toujours impériale de Max Steiner.

 


Interactivité :
Un western de la collection Sinonis implique forcément la participation de Patrick Brion et/ou Bertrand Tavernier. Pour celui-ci seul ce dernier étaient disponible manifestement, ou alors sont engouement est tel qu'un autre intervenant n'était nécessaire. Enthousiaste et passionné, il décrit le film comme l'un des chefs d'œuvre de Raoul Walsh et enchaine sur un récit complet de la production du film et une analyse de son atmosphère particulière. Une longue présentation à laquelle s'ajoute un documentaire très complet sur la carrière du cinéaste. Les Vraies aventures de Raoul Walsh largement basé sur l'autobiographie du monsieur, mélange les extraits de l'ouvrage en voix of, les images d'archives parfois très rares et les interventions d'historiens cinéphiles. Une structure classique mais éclairée et instructive où on peut dégotter quelques raretés comme ces extraits de films pré-code ou muets de Walsh.

Liste des bonus : « Les vraies aventures de Raoul Walsh », un documentaire de Marilyn Ann Moss (95'), Présentation du film par Bertrand Tavernier (37'), Bandes-annonces.

 
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