DOCTOR SLEEP
Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Doctor Sleep   »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Mike Flanagan
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 français, anglais, allemand…
Sous-titre : Français, norvégien, allemand…
Durée : 151 minutes
Distributeur : Warner Home Video
Date de sortie : 11 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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site officiel
LE PITCH
Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Noeud Vrai
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Labyrinthe aux miroirs

Doctor Sleep c'est un peu l'histoire de mariages impossibles. De la réunification d'un monolithe du cinéma horrifique, le Shining de Stanley Kubrick, et de la fibre plus récente de l'écriture de son géniteur Stephen King. Entre les deux, Mike Flanagan (The Haunting of Hill House) prend les mauvais coups.

Adaptation sur grand écran d'un roman mineur du King. Suite ou pas suite du film culte ? Nicholson ou pas Nicholson ? Le doute aura certainement eu raison du film Doctor Sleep dont la communication aura laissé les spectateurs de marbre, boudant un essai relativement pourtant soutenu par la presse française. Pas incompréhensible tant le premier montage visible de 2h30 paraissait clairement fragmentaire et déséquilibré. Profitant de la sortie du film à la maison, Flanagan ressort alors des cartons le montage complet du projet, vaste feuilleton de trois heures très loin des ajouts anecdotiques. Désormais découpé en chapitres comme Shining était découpé en jours, prenant le temps d'explorer plus avant autant ses personnages, sa mythologie que les liens tendus avec le premier roman de King et sa trahison Kubrickienne, Doctor Sleep prend forme. Un projet dont, il faut l'avouer, la quête impossible s'avère bien plus passionnante que le résultat en lui-même. La faute première à un roman qui délaissait volontairement l'horreur sourde et claustrophobe pour embrasser une quêtes plus mystique, une réflexion plus globale sur le fameux « shining », où comme pour nombre des livres récents du maitre l'humanité des personnages, leurs combats intérieurs (ici la rédemption de Danny), leurs rapprochements salvateurs, prévallent largement sur la terreur d'autrefois. Doctor Sleep ne fera donc jamais peur. Pas vraiment. Et rejoint directement dans sa construction, sa langueur et sa multiplicité de personnages (et les sbires de Rose en patisse sévèrement), la structure d'une minisérie télévisée plutôt que celle ramassée et contenue d'un long métrage de cinéma.

 

Course en relais


Première bataille perdu d'avance donc, à l'instar de celle, obsessionnelle de constamment citer le cinéma de Kubrick. Quelques plans directement repris du film et retouchés en postproduction (essentiellement des extérieurs atmosphériques), quelques notes de musiques, un décor final reconstruit avec minutie et de nombreuses séquences, désormais en flashbacks, calquées au millimètre près comme dans le Psycho de Gus Van Sant. Mais Henry Thomas (malgré ses efforts démesurés) n'est pas Jack Nicholson, Alex Essoe est bien trop lisse pour remplacer Shelley Duval et le sympathique Roger Dale Floyd affiche une bouille largement moins flippante que celle du jeune Danny Lloyd. Rencontre impossible. Confrontation perdue d'avance à nouveau, surtout qu'à aucun moment Flanagan ne montre la moindre intention de se réapproprier le terrain de jeu offert, de le détourner de son cadre mathématique... Rendant les quelques minutes inoubliables du Ready Player One de Steven Spielberg plus précieuses encore. Film étrange à l'arrivé, bicéphale, parcouru de personnalités diverses (une fois encore le duel Kubrick / King) et de deux modèles de mise en scène presque antinomiques, la perfection démonstrative de l'un contre la modestie discrète de l'autre, Doctor Sleep trébuche constamment, mais heureusement ne chute jamais vraiment. Grace à la démarche profondément honnête de Flanagan, mais aussi et surtout grâce à cette douce alchimie, simple et lumineuse, qui nait entre le Danny adulte d'Ewan McGregor, passeur d'émotion et de justesse, et la toute jeune Abra Stone (Kyliegh Curran et sa frimousse espiègle) véritable Charlie nouvelle génération. Au milieu de tous ces enjeux, dramatiques et esthétiques, leurs regards échangés résonnent comme des petites bulles de magie.

Nathanaël Bouton-Drouard
Un Autre Avis :

"Un bon exemple de concept pour plaire à tour le monde. Aux fans de Kubrick comme à ceux de King. Résultat :un film à la croisée des mondes. Pas franchement mauvais, loin de là mais pas non plus fédérateur."  C.L.











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Image :
Capturé en 4K Doctor Sleep aurait pu se sentir un poil étriqué sur support Bluray, mais il n'en est rien. Resserrée à l'extrême, l'image développe cependant de nombreuses richesses dans sa palette de couleurs, dans ses effets de profondeur (les couloirs de l'Overlook, la forêt, les plans aériens...), dans sa définition constante qui souligne parfaitement les rapprochements faits avec le Shining de Kubrick, et ce malgré une matière beaucoup plus lisse et numérique. Un transfert de haute volée, pointue de bout en bout et qui ne connait d'ailleurs aucune baisse de régime même dans sa version longue disposée sur un disque dédié.

 


Son :
Un peu triste de voir
à nouveau que les pistes doublées ne sont disponibles que dans des Dolby Digital 5.1 certes plutôt sympa mais tellement « DVD ». Surtout qu'à coté, la version originale (seule piste disponible sur la version longue) proposée en Dolby Atmos est elle à la pointe des expériences phoniques actuelles. Un mixage ultra ample, enveloppant, riche et naturel qui réussit à combiner des sonorités modernes et dynamiques avec des échos entêtants du film de 1980.

 


Interactivité :
Présentées sous la forme de trois featurettes distinctes, les suppléments de l'édition cachent en fait un seul et même documentaire dépassant timidement la simple demi-heure. Un peu juste au vu de l'ampleur du projet, surtout qu'en définitive malgré les participations de toute l'équipe, l'introduction de Stephen King et de nombreuses images de tournage, les informations s'avèrent un peu chiches et uniquement orientées vers une description idyllique d'une production détendue. Sympa à suivre mais léger, trop en tout cas, puisqu'il ne sera même pas question de la version longue de trois heures disposée sur un Bluray dédié et qui s'avère pourtant la version définitive du film.

Liste des bonus : Version longue (180'), « De Shining à Sleep » : entretien avec Stephen King et Mike Flanagan (5‘), « Une nouvelle vision » (14'), « Retour à l'hôtel Overlook » (15').

 
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