LES BLANCS NE SAVENT PAS SAUTER
White Men Can't Jump - Etats-Unis - 1992
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Réalisateur : Ron Shelton
Musique : Bennie Wallace
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et Français DTS HD Master 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 118 minutes
Distributeur : Lionheart Editions
Date de sortie : 6 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Blancs ne savent pas sauter »
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LE PITCH
Billy Hoyle est un prodige du basket-ball qui vit de petites arnaques sur les terrains amateurs. Mais ses gains sont maigres et des gangsters le poursuivent pour qu'il rembourse ses dettes. Billy s'associe alors avec Sidney Deane, un autre joueur, avec qui il espère monter de plus gros coups…
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Le ciel, le basket et... ta mère !

« Un commencement est un moment d'une délicatesse extrême ... », comme dirait une certaine princesse au début d'un certain film de David Lynch. Accueillons donc chaleureusement la courageuse équipe de Lionheart Editions, nouveau venu dans le monde des éditeurs vidéo indépendants. Et pour vous prouver que la bleusaille a du goût (et de l'avenir), laissez-nous vous conter les milles et unes vertus de leur première livraison : une édition haute-définition du cultissime et so 90's Les Blancs ne savent pas sauter.

Sous-représenté sur le Vieux Continent mais extrêmement populaire aux USA, le film sportif est un genre majeur du cinéma hollywoodien, chefs d'œuvres intemporels à la clé. Du Rocky de John G. Avildsen au Rush de Ron Howard, en passant par L'Enfer du dimanche d'Oliver Stone ou Le Meilleur de Barry Levinson et sans oublier, pour les amoureux du petit écran, la superbe série Friday Night Lights, scénaristes et réalisateurs se servent du sport comme d'une métaphore puissante où les victoires (et les défaites) forgent la nature humaine. Certains cinéastes ont même fait de ce genre une spécialité. C'est notamment le cas de Ron Shelton, un ancien joueur de baseball reconverti dans le cinéma. Dès son premier film, Bull Durham (Duo à trois, en vf), Shelton utilise le sport comme toile de fond à l'inépuisable complexité des rapports humains. Sorti en 1992, Les Blancs ne savent pas sauter est sans doute son meilleur film, sinon le plus populaire. Indépendamment de ses qualités, le film bénéficia de la folie médiatique autour des icônes de la NBA d'alors, Michael Jordan et Magic Johnson en tête. Derrière un titre légèrement provocateur qui souligne avec ironie la domination et le panache des afro-américains sur les terrains de basket-ball, Ron Shelton retournent les clichés à son avantage (le personnage de Billy Hoyle se sert des préjugés raciaux pour mener à bien ses petites escroqueries, même s'il en souffre parfois) et plaide pour la mixité avec un humour qui n'est jamais naïf.

 

Black or white


On pourrait la croire fonctionnelle ou juste discrète mais la mise en scène de Ron Shelton est d'une profondeur et d'une solidité à toute épreuve. Également scénariste (ce qui en fait un auteur, un vrai), il parvient à lier le fond et la forme avec une aisance et une fluidité qui laissent pantois. Usant de la steady-cam, de sa connaissance du sport et d'un découpage très précis, le réalisateur (et son équipe de monteurs, à ne pas négliger) s'assure pour chaque match d'allier le rythme à la lisibilité. Utilisés pour magnifier tel ou tel geste technique (là une passe, ailleurs un dribble) et disséminés à bon escient, les ralentis valident la complémentarité des deux personnages principaux et placent le noir et blanc sur un pied d'égalité. Mais le spectacle n'est pas seulement physique, il est également verbal. Truffé de répliques mémorables et d'affrontements où les mots se reçoivent comme des uppercuts, Ron Shelton prouve qu'il sait mettre en scène des dialogues avec la même virtuosité qu'un Sidney Lumet ou un John Hughes et il évident que Quentin Tarantino lui a sans doute piqué un ou deux trucs au passage.
Pourtant, sans son casting à l'alchimie sidérante, il y a fort à parier que Les Blancs ne savent pas sauter n'aurait pas eu le même impact ni la même longévité dans le cœur du public. Remplaçant Denzel Washington et Keanu Reeves, les premiers choix du réalisateur, Wesley Snipes et Woody Harrelson font des étincelles et donnent naissance au meilleur duo interracial depuis Mel Gibson et Danny Glover dans L'Arme fatale. Leur complicité est à ce point évidente qu'un autre réalisateur, tentera de capitaliser dessus avec le très moyen Money Train. Depuis, on attend toujours une réunion des deux lascars.

Moins souvent citée que ses partenaires, Rosie Perez, petit bout de femme tout en gouaille et en sensualité latine, incarne la troisième voix (la troisième voie?) du film et permet au réalisateur de s'amuser de l'immaturité pathologique des hommes, comme c'était déjà le cas avec Susan Sarandon dans Bull Durham. Elle est, en quelque sorte, une mère et l'âme du film. Ne pas profiter de cette occasion pour rappeler tout le talent et le charisme de cette actrice et activiste porto-ricaine eut été un véritable crève-cœur. Bon, et maintenant, on vous laisse, on va chez Sizzler !

Alan Wilson








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Image :
Un master propre et ensoleillé qui donne envie de transpirer sur les terrains de basket de Venice Beach et de Compton, avec une belle définition qui met en valeur le physique d'Apollon d'un Wesley Snipes tout en sueur et pectoraux saillants. Un peu de grain en ouverture, toutefois, et des couleurs un peu ternes en basse lumière, surtout lors des scènes dans le motel où Woody Harrelson et Rosie Perez font des galipettes.

 


Son :
Sans surprises, la version originale propose une acoustique plus riche, plus ronde et plus détaillée que son homologue hexagonale. Snober la version française serait pourtant une bien mauvaise idée tant le doublage joue une part importante dans le charme que le film opère sur les chanceux l'ayant découvert à sa sortie (au cinéma ou en vidéo-club).

 


Interactivité :
Un seul supplément, c'est peu se diront certains. C'est peu, oui, mais ce n'est pas forcément un défaut. L'entretien avec le journaliste Julien Camy, d'une quinzaine de minutes, effectue un tour d'horizon assez complet des Blancs ne savent pas sauter, du contexte de sa sortie, de l'importance du basket-ball, de la précision du montage et de la personnalité du réalisateur avec des extraits qui appuient efficacement ses propos. Offert en accompagnement du steelbook, un beau livret propose même une interview du réalisateur. Une délicate attention qui confirme que l'on attend désormais avec impatience l'édition du Cyborg d'Albert Pyun que nous prépare Lionheart !

Liste des bonus : Entretien avec Julien Camy (15 minutes) / Bande-annonce

 
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