MIDI, GARE CENTRALE
Union Station - Etats-Unis - 1950
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Image de « Midi, Gare Centrale »
Genre : Policier
Réalisateur : Rudolph Maté
Musique : Heinz Roemheld
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 81 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 18 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Alors qu’elle voyage en train, une jeune femme remarque qu’un passager récemment monté possède une arme. Une fois arrivé en gare, le contrôleur en fait part à la police ferroviaire qui décide de suivre l’homme.
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La belle, les flics et les kidnappeurs

Dans le sillage de sa magnifique encyclopédie du Film Noir américain (25 films en un coffret!), Sidonis Calysta sort également chacun d'entre eux à l'unité. Dont ce Midi, Gare Centrale, véritable perle du genre à (re)découvrir d'urgence.

Adapté d'un roman de Thomas Walsh (à l'origine aussi de Du plomb pour l'inspecteur, disponible également chez Sidonis), Midi, Gare Centrale respecte tous les canons du genre. Une demoiselle en détresse, aveugle qui plus est, est kidnappée par une bande de malfrats n'en voulant qu'à l'argent de son père, un riche industriel. Voyageant en train et enfin arrivés en gare, une traque va alors s'engager entre eux et la police ferroviaire, avec l'enjeu vital de retrouver la jeune fille avant que les kidnappeurs ne s'enfuient avec la rançon. Face aux criminels, deux flics d'âge et de tempérament différents : le lieutenant William Calhoun, incarné par William Holden (le Pike de La Horde Sauvage), et son supérieur hiérarchique, l'inspecteur Donnelly (Barry Fitzgerald, acteur reconnu et dirigé par les plus grands depuis les années 20), sorte de petit bonhomme facétieux et très pondéré qui tempère le caractère rentre-dedans de son jeune subordonné. Un duo qui fait mouche et apporte une légèreté inattendue à un film qui, d'un autre côté, se montre parfois d'une rare violence.

 

tous les coups sont permis


Car si la réalisation de Rudolph Maté (ancien chef opérateur notamment chez Hitchcock) se veut efficace tout en répondant au cahier des charges habituel, il en est un peu autrement du scénario de Sydney Boehm, qui hisse le film vers des sommets inattendus voire inédits pour l'époque. Notamment concernant la violence assez folle avec laquelle le cerveau criminel (incarné par le charismatique Lyle Bettger, habitué des rôles de badguy) s'en prend à sa victime, très jeune et de surcroît aveugle. Dès le départ, les intentions du kidnappeur sont claires : éliminer la jeune fille dès qu'il aura mis la main sur la rançon. D'ici là, il n'hésite pas à la malmener, la frapper et la terroriser dès que possible. Jusqu'à anéantir son moindre espoir de survie et la traîner plus bas que terre à l'occasion de répliques sacrément audacieuses pour l'époque. Côté flics, ce n'est pas bien mieux, Calhoun et ses hommes ne reculant devant rien pour soutirer des informations vitales aux complices du cerveau : interrogatoire musclé à l'issue duquel ils menacent de jeter un kidnappeur sous un train, un des criminels qui finit piétiner par du bétail après une course poursuite à travers la ville...

Si dans sa forme Midi, Gare Centrale ressemble donc à s'y méprendre à bien d'autres Films Noirs du genre, il contient donc de véritables atouts inattendus qui en font une variation sacrément audacieuse et ambitieuse pour l'époque. Autant de raisons de s'engouffrer une fois de plus dans la magnifique collection de l'éditeur.

Laurent Valentin




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Image :
Malgré un grain parfois prononcé et quelques flous sur les bords du cadre ici ou là, la restauration est belle et bien contrastée. Mention spéciale lors du final dans les tunnels, où les noirs sont d'une profondeur abyssale.

 


Son :
Comme souvent, une seule piste mono pour les deux versions vo et vf du film. Cela n'entache en rien son univers sonore, qui sait se faire énergique et surprenant lorsqu'il le faut.

 


Interactivité :
Trois entretiens par trois des plus grands spécialistes habitués de l'éditeur. Soit Bertrand Tavernier, François Guérif et Patrick Brion. Si les deux derniers se contentent de quelques mots en moins de dix minutes, le cinéaste, lui, revient longuement sur le roman et ses différences avec le film (la victime y était par exemple un jeune garçon), sur la carrière de Maté et sur les nombreux éléments du scénario qui tranchent véritablement avec les productions de l'époque. Enfin, une bande annonce (d'époque) vient clore la section suppléments.

Liste des bonus : Présentation du Bertrand Tavernier (33'02), Présentation par François Guérif (7'10), Présentation par Patrick Brion (8'50), Bande annonce (2'11).

 
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