LES BONNES CAUSES
France, Italie - 1963
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Genre : Policier
Réalisateur : Christian-Jaque
Musique : Georges Garvarentz
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français pours sourds et malentendants
Durée : 116 minutes
Distributeur : Coin de Mire
Date de sortie : 14 octobre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Un riche industriel meurt à la suite d’une piqûre intra-veineuse. Un produit toxique a été substitué à celui devant être injecté. Sa femme Catherine Dupré fait inculper la jeune et modeste infirmière qui a réalisé l’injection. Elle utilise, pour ce faire, Maître Cassidi, un avocat puissant et célèbre, capable de faire acquitter et condamner qui il veut, et dont elle va devenir la maîtresse…
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Un théatre de justice

Offrant un versant très français à un genre plutôt anglo-saxon, le film de tribunal, Les Bonnes causes est une œuvre qui séduit toujours autant par sa manière élégante et enlevée de scruter un système judiciaire tronqué où l'éloquence vaut mieux que la vérité. Une comédie cruelle. Mais une comédie tout de même.

Cinéaste admirable à la longévité aussi spectaculaire que productive (80 films à la louche des années 30 à la télé des années 80), Christian-Jacque a souvent manié le dur croisement entre l'exigence artistique et le spectacle populaire. Des films comme François 1er (avec Fernandel), Les Disparus de St Agil, La Chartreuse de Parme, Fanfan La Tulipe et de nombreux autres exemples de sa vision rigoureuse mais charmante d'un art du grand spectacle. Une liste non-exhaustive à laquelle s'incorpore sans débat Les Bonnes causes énième incarnation du cinéma hexagonal vivant de ces années-là qui avec un postulat volontairement quelconque à l'extrême, celui d'un simple entrefilet de fait divers, va réussir à jouer ses variations faites de révélations, d'escamotages, d'indices détournés et levés de rideaux enchaînés avec une efficacité réjouissante. Il n'y a pourtant pas lieu de rire dans cette sordide affaire d'une pauvre infirmière accusée du meurtre de son patient et amant, mais Christian-Jacque ne va jamais chercher dans les effets faciles préférant composer un tableau de comédie noire où finalement, en dehors de la tragique Virna Lisy, personne n'est dupe du jeu qui se déroule.

 

Que la plaidoirie commence


L'épouse infidèle qui peine à cacher sa vilenie, sa frivolité et son odieuse amoralité, son avocat et amant qui ne s'offusque même pas de la découvrir coupable et le rigoureux juge d'instruction qui observe le tout avec la lassitude du fonctionnaire blasé. Un rôle en or pour un fabuleux et minimaliste Bourvil qui préparait sans le savoir son personnage de commissaire pour le futur Cercle Rouge, et qui se retrouve brillamment opposé à un volubile et jubilatoire Pierre Brasseur en défenseur démonstratif et à une Marina Vlady tout en innocences mal feintes et en charmes reptiliens. Un duel d'acteurs mais qui répond sans détour à la trame et aux doubles jeux des personnages. Mis en scène tour à tour comme un suspens Hitchcockien avec, entre autre, une étonnante ouverture en vue subjective et son macguffin central, où comme du théâtre filmé prisonnier conscient de sa propre trame dramatique, Les Bonnes causes est un bel exercice de mise en scène au noir et blanc tranché, mais qui n'aurait sans aucun doute pas la même saveur sans les dialogues enluminés d'Henri Janson (La Vache et le prisonnier, Fanfan la Tulipe...), véritable festival de cruautés poétiques, de tacles polis, de sous-entendus acides et, pour le personnage de Bourvil, d'intelligence précise et d'humanisme. Si ce n'était cette conclusion qui a un peu trop tendance à tirer vers la démonstration morale, on aurait été tenté de dire que le film et le propos (l'absurdité de la loi des hommes), n'ont pas pris une ride.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Une nouvelle merveille pour la maison Coin de mire qui délivre une copie resplendissante, entièrement restaurée et tout cela à partie d'un scan 4K du négatif original. Les contrastes noir et blancs sont puissants et maîtrisés, les cadres ne laissent plus entrevoir que de très rares reliquats de taches de pellicule tandis que le grain retrouve toute sa place avec d'élégants reflets argentiques. Un traitement royal.

 


Son :
Même solidité pour le DTS HD Master Audio 2.0 qui retrouve le mono d'origine mais avec une clarté et une stabilité toute fraîche. C'est clair et net et profite d'un équilibre admirable.

 


Interactivité :
Nouveau Mediabook classieux avec son revêtement d'un noir éclatant serti d'un lettrage doré pour la collection Le Coin de mire. L'objet contient une nouvelle fois un joli livret piqué en son centre avec quelques documents d'époque (dont le roman-photo officiel !), des reproductions de photos d'exploitation sous forme de cartes et le poster original. Un superbe objet qui accompagne le film sous la forme d'une séance complète de cinéma à l'ancienne. Le programme (optionnel rappelons-le) part des actualités de 1963 traitant de violents affrontements à Buenos Aires, d'un musée du fer à repasser ou de l'ouverture de la Foire du trône (et de ses voisins mécontents), avant d'embrayer sur une bande annonce et une sélection de pubs bien rétros où on découvre (enfin !) la recette de la Vache qui rit. Un voyage dans le temps.

Liste des bonus : Un livret reproduisant des documents d'époque (24 pages), 10 reproductions de photos d'exploitations (14,5 x 11,5 cm), la reproduction de l'affiche d'époque (29 x 23 cm), la séance complète avec actualités Pathé, réclames publicitaires et bandes-annonces d'époque.

 
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