PARASITE
Gisaengchung - 기생충 - Corée du Sud - 2019
Image plateforme « Bluray 4K »
Image de « Parasite »
Genre : Thriller
Réalisateur : Bong Joon-Ho
Musique : Jaeil Jung
Image : 2.35 16/9
Son : Français & Coréen Dolby Atmos
Sous-titre : Français
Durée : 132 minutes
Distributeur : The Jokers
Date de sortie : 28 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Parasite »
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LE PITCH
Par le biais d'une simple recommandation amicale, deux familles coréennes, l'une pauvre et l'autre riche, vont entrer en collision …
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Ceux qui n'ont rien

C'est presque une constante du cinéma coréen : mieux vaut aborder sa critique sans spoiler les nombreux rebondissements d'une œuvre au risque de gâcher le plaisir de la découverte. C'est on ne peut plus vrai pour Parasite, thriller social multi-couches et mille fois célébré mais que vous n'avez peut-être pas encore vu (on ne sait jamais).

Plus prudent que ses compatriotes Park Chan-Wook et Kim Jee-Won, Bong Joon-Ho aura abordé sa parenthèse internationale en gardant un pied dans son pays d'origine. Adaptation d'une bande-dessinée française avec un casting anglophone et tournée en République Tchèque, Snowpiercer conservait une part d'indépendance en employant des fonds coréens et en laissant un rôle en or à Song Kang-Ho, l'acteur fétiche du cinéaste. De même, Okja, coproduit et distribué par Netflix avec la présence de stars américaines du calibre de Jake Gylenhaal et Paul Dano, ancrait fermement son intrigue au pays du Matin Calme. En ont résulté deux longs-métrages passionnants mais pas totalement réussis et, surtout, bien loin de l'excellence du tiercé gagnant Memories of Murder / The Host / Mother. En un sens, Parasite marque donc le retour aux affaires de l'enfant prodigue

À la question souvent posée, « est-ce là le meilleur film réalisé par Bong Joon-Ho ? », nous nous permettrons de répondre par la négative. Au premier abord, Parasite est un film parfait. Parfait sur le fond, parfait sur la forme. Cette perfection, malheureusement, joue un petit peu en sa défaveur, la démonstration ayant tendance à prendre le pas sur l'émotion. Sans doute conscient de cette infime lacune, Bong Joon-Ho tente de se rattraper en chargeant la mule lors d'un épilogue magnifique, à la lisière du fantastique et rappelant celui (tout aussi tragique) de The Host, mais jurant tout de même un peu avec la maîtrise et la retenue des deux heures précédentes.

 

... et les premiers de cordée


Une Palme d'Or, une pluie d'Oscars, le César du meilleur film en langue étrangère et des millions d'entrées dans le monde. Parasite a fait carton plein. Un succès planétaire qui aura même surpris son réalisateur, d'abord convaincu d'avoir livré un film « trop » coréen. Une flambée de modestie ? Sans doute, oui. Très humble en interviews et sur un plateau de tournage, Bong Joon-Ho ne pouvait pourtant ignorer à quel point la nouvelle lutte des classes qui s'engagent avec ferveur dans un grand nombre de pays riches ou émergents est un sujet qui transcendent les frontières. Le Joker de Todd Phillips, l'autre succès phénomène de l'année passée faisait d'ailleurs son beurre sur les mêmes thématiques, liant la folie et la violence à la misère sociale d'une Gotham City corrompue.

Dans une scène très célèbre de Matrix, l'agent Smith (Hugo Weaving) révélait sa vision de l'humanité en comparant notre espèce à un cancer, une maladie contagieuse. S'appuyant sur cette métaphore, révélée par le titre du film (Parasite, donc), Bong Joon-Ho traite du libéralisme comme d'une maladie. Le traitement vertical de l'opposition entre les riches et les pauvres n'est pas nouveau (les riches en haut, les pauvres en bas). C'est même un cliché vieux comme le monde. Mais Bong Joon-Ho l'exploite habilement, jusque dans ses ultimes retranchements et pas seulement par la composition virtuose de ses cadres et de ses mouvements de caméra. La maison qui occupe les trois quarts de l'intrigue n'est pas uniquement l'objet de toutes les convoitises, c'est aussi un corps, un corps infecté par des créatures qui se ressemblent plus qu'elles ne veulent bien l'admettre. Ironique, acide, lucide, le réalisateur pointe du doigt les symptômes du capitalisme. L'envie chez les pauvres, le mépris chez les riches. Point d'angélisme binaire comme dans le très couillon Elysium de Neil Blomkamp. Aux yeux de Bong Joon-Ho, nous sommes tous complices d'un système qui se perpétue jusqu'à nous consumer dans la violence et un cloisonnement tragique. Dont acte.

Alan Wilson








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Image :
Exempt de tous reproches, le Blu-ray qui accompagnait la première sortie en vidéo, une sortie purement « technique » comme le rappelait son éditeur, est bien présent dans cette édition collector. Il est pourtant supplanté par un master 4k lumineux et richement détaillé qui méritait bien quelques mois d'attentes. Le gain de définition et de fluidité est même largement visible dans la scène de l'orage avec des basses lumières qui ne cessent de révéler le remarquable travail de la photographie.

 


Son :
Du ronronnement régulier de la Mercedes des Park à l'inondation apocalyptique qui ravage le domicile des Kim, tous les bénéfices d'un mixage Dolby Atmos de compétition. La grande séquence de l'orage, démonstration en force sonore de la théorie du ruissellement impressionnerait même par son réalisme flippant. Nuff said !

 


Interactivité :
L'éditeur a fait le pari de réserver son interactivité pour l'édition collector. La patience est récompensée par une petite avalanche de suppléments impeccables. Classique mais détaillé et ultra-informatif, le making-of de 70 minutes ne laisse aucune étape du processus créatif dans l'ombre et revient très largement sur l'évolution du scénario, entre une première version imaginée dès 2013 et le résultat final. Continuons notre tour du propriétaire avec une masterclass du réalisateur animée par Bertrand Tavernier et Didier Allouch. Entre deux questions, les compliments pleuvent, ce qui ne nous déconcentre pas du tout un Bong Joon-Ho sincère, précis et généreux. Un second entretien, réalisé pour OCS, permet à Stéphane Charbit de cuisiner le réalisateur de Parasite sur ses influences. Un joli moment de cinéphilie feutré. Relativement accessoire, le comparatif storyboard/résultat final est vite éclipsé par un excellent module original et enthousiaste sur le doublage. L'analyse menée par Stéphane du Mesnildot permet pour sa part d'apporter un peu de recul sur le film et, par extension, toute l'œuvre de Bong Joon-Ho. Pas besoin de compromis, on achète sans se poser de questions !

Liste des bonus : « Le Cercle de confiance », making-of / Masterclass de Bong Joon-Ho au Festival Lumière à Lyon / « Bong Joon-Ho, Les racines du mal », entretien du réalisateur avec Stéphane Charbit / Du storyboard au film : analyse de séquence / Dans les coulisses du doublage avec@Misterfox / Eclairage sur Parasite par Stéphane du Mesnildot / Teaser et bande-annonce

 
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