LES VOISINS
Neighbors - Etats-Unis - 1981
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Genre : Comédie
Réalisateur : John G. Avildsen
Musique : Bill Conti
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 25 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Les Voisins »
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LE PITCH
Dans une banlieue de la classe moyenne, le train-train de Earl et de sa femme est subitement bousculé par l’arrivée d’un couple de voisins particulièrement étranges.
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Sans aucun doute

Descendue en flèche par la critique et le public lors de sa sortie, cette comédie de mœurs portée par l'illustre tandem des Blues Brothers a longtemps pâti d'une réputation désastreuse. Dispo pour la toute première fois en vidéo, Les Voisins est loin d'être un chef-d'œuvre mais il se doit d'être revu à la hausse en tant que laboratoire d'expérimentations. Et genèse d'un joyeux bordel cinématographique à venir.

Le pitch est de ceux que n'aurait pas renié le Julien Courbet de la grande époque sur TF1. Soit une sombre histoire de voisinage qui part salement en vrille. D'un côté, il y a Earl, un cadre terne et sans envergure, amateur de programmes télé bien déprimants, et sa femme Enid dont le quotidien se résume à fumer clope sur clope et à se descendre des litrons de Chardonnay pour noyer son ennui. De l'autre, il y a Vic, nouvel arrivant peroxydé à l'attitude plus que chelou et son épouse Ramona, bombasse un poil nympho adepte des imprimés léopard (la géniale Cathy Moriarty dans l'une de ses rares apparitions post Raging Bull). Le temps d'une nuit pour le moins agitée, le quotidien morose de Earl se mue en une véritable épreuve de force conjugale et relationnelle ponctuée d'intrusions limite, de disparitions en tout genre et d'affrontements absurdes.

 

l'enfer c'est les autres


Curiosité totale, Les Voisins nous interpelle surtout pour son casting cinq étoiles dominé par le regretté John Belushi dans son ultime rôle (il s'éteindra un an plus tard d'une overdose de speedball à l'hôtel Château Marmont de Bel Air). Boule d'énergie sous cocaïne, à la dégaine cartoonesque et au stupéfiant tempo comique, Belushi eut une carrière fulgurante débutée sur le plateau tv du Saturday Night Live puis concrétisée au cinéma dans le furibard 1941 de Steven Spielberg et les irrévérencieux American College et The Blues Brothers de John Landis. À ce titre, Belushi retrouve ici son acolyte de toujours, le Canadien Dan Aykroyd. Sauf que cette fois, le duo inverse les rôles. Aykroyd campe le voisin barge et outrancier tandis que Belushi incarne un faire-valoir on ne peut plus discret. Peu habitué à le voir ainsi effacé, le spectateur peut se retrouver décontenancé. Même ressenti quant au rythme du film : bringuebalant, incertain, le cul entre deux chaises. L'histoire regorge de bonnes idées mais elles ne sont jamais utilisées à bon escient et il manque la bonne grosse dose de folie que le scénario exigeait. La faute sûrement à une réalisation bien trop sage de John G. Avildsen surtout connu pour avoir signé, en excellent faiseur, le premier Rocky et accessoirement Karaté Kid. Mauvaise ambiance, on apprend dans les suppléments que Belushi détestait sa manière de filmer et qu'il aurait insisté pour que John Landis prenne la relève. En vain (le cinéaste était trop occupé au tournage du Loup- Garou de Londres). Le déséquilibre est flagrant et, comble pour une comédie, le long-métrage fait rarement rire... alors qu'il a toutes les cartes en main. Articulé autrement, ç'aurait pu être une authentique bombe comique. Il demeure néanmoins intéressant dans le foutoir qu'il annonce et qui fera les beaux jours du cinoche ricain des 80's.

En matant Les Voisins, on peut anticiper les futurs Gremlins et Les Banlieusards de Dante. Via le dynamitage ciblé de la sacro-sainte banlieue américaine qui sous des abords pépères et puritains dissimule en réalité les déviances les plus noires. Et puis son timing ultra dense déployé sur un délai ultra court évoque aussi les essais kafkaïens Série noire pour une nuit blanche de Landis (encore lui) et After Hours de Scorsese, se déroulant eux-aussi le temps d'une nuit sauvage. C'est déjà pas mal.

Gabriel Repettati








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Image:
Comme d'habitude, l'équipe d'Elephant films livre une copie d'excellente facture. Le transfert haute-définition se révèle très précis, avec une belle numérisation des scènes nocturnes qui monopolisent une bonne partie de la pellicule.

 


Son:
Du très bon aussi. Les dialogues sont bien étalonnés et parfaitement audibles. La VF a recours aux mêmes doublages que dans les Blues Brothers. Pour le plus grand plaisir des fans. Quant à la musique, orchestrée par Monsieur Bill Conti, elle ajoute un petit supplément d'âme à l'ensemble.

 


Interactivité:

Seul supplément, mais vraiment intéressant, un entretien en costard et en bagnole se penche sur le parcours borderline de John Belushi et les conditions de tournage chaotiques des Voisins. Assez sympa à suivre, il nous replonge au cœur d'une époque où la défonce régnait en maître et fait le pont avec les œuvres qui s'inspireront, en beaucoup mieux, du dernier film d'un comédien unique en son genre.

Liste des bonus: «Les envahisseurs» ( document de Julien Comelli et Erwan Le Gac), galerie photos, bandes-annonces.

 
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