PATRICK
Australie - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Richard Franklin
Musique : Brian May
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français Dolby Digital 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 112 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 6 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Kathy Jacquard, une jeune infirmière, est embauchée dans une clinique privée australienne. Parmi les malades, il y a Patrick, 24 ans, dans le coma depuis plusieurs années. Bien des employés ont songé à le « débrancher », mais nul n’a osé… Intéressée par son cas, Kathy découvre que, s’il a perdu l’usage de ses cinq sens, Patrick en a développé un sixième, fascinant et redoutable. Du fond de son lit, il est capable de changer le cours des choses. La multiplication d’...
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Le prénom

Grand Prix à Avoriaz en 1979, Patrick marqua le grand départ de la fièvre de l'Ozploitation à l'international entérinée quelques mois plus tard par la déflagration Mad Max. Un thriller fantastique en forme de découverte d'un nouvel horizon... le tout avec un psychopathe plongé dans un coma pas assez profond.

Pourtant de prime abord, Patrick n'est pas forcément le film le plus spectaculaire et démonstratif de sa génération, optant plutôt pour un scénario très écrit et une menace essentiellement en sourdine qui prend son temps pour établir ses propres règles. Pas de vrais relents gothiques ou de débordements gores, le film travaille une atmosphère inquiétant, lancinante, d'autant plus lourde qu'elle s'inscrit dans les décors froids et uniformes d'un hôpital à priori des plus communs. Patient le plus célèbre du lieu, Patrick jeune homme dans le coma depuis plusieurs années, est à la fois l'épreuve test des nouvelles infirmières (ici l'anglaise Susan Penhaligon), la crainte de la Matrone Cassidy et le sujet d'expérience préféré du légèrement dérangé Docteur Roget. Une figure statique, immuable, à la fois morte et vivante, qui semble provoquer tout autour d'elle d'étranges phénomènes. Un concept cinématographique plutôt original -même si, hasard des calendriers, un certain La Grande Menace sorti la même année - imaginé par le très solide et incontournable Everett De Roche, colonne vertébrale de l'Ozploitation à qui on doit aussi Long Weekend, Harlequin, Déviation mortelle ou Razorback. On y reconnaît aisément son talent pour exploiter à précision et crédibilisation des High Concept plutôt casse-gueule, même si on peut lui reprocher dans ce cas précis un excès de réalisme presque handicapant.

 

Inconsciences


Si déjà le scénario fut raccourci et que le montage définitif fut amputé d'une vingtaine de minutes, en dotant l'héroïne d'une vie amoureuse assez chaotique et de deux prétendants potentiels, Patrick se perd parfois dans un faux rythme et des scènes mélodramatiques qui n'apportent en définitive pas grande chose. De Roche n'est jamais aussi habile que lorsqu'il ressert à l'extrême sa dramaturgie dans l'enceinte de l'hôpital en jouant sur la connexion ambiguë, presque romantique, entre l'infirmière Kathy et son patient qui semble répondre de plus en plus clairement à ses stimuli... par une jalousie meurtrière. Futur réalisateur de l'excellent Déviation mortelle et d'un méritant Psychose II, Richard Franklin multiplie une fois encore les allusions à son modèle Alfred Hitchcock, et travaille une mise en scène parfaitement huilée dans ses mécaniques, accompagnant un suspens ténu mais où explosent violemment les rares manifestations télékinésiques de Patrick. Un peu longuet et aujourd'hui parfois vieillot dans ses effets (aah le sursaut final), Patrick a toujours d'excellents atouts, entre efficacité et originalité, qui ont justement fait la marque de fabrique d'un certain cinéma australien.

Pas franchement reconnu en Australie mais largement plébiscité à l'étranger, Patrick est resté dans les mémoires comme l'une des grandes réussites de l'époque, se voyant post-synchronisé pour le marché américain (comme Mad Max), accompagné d'une nouvelle BO signé Goblin en Europe, affublé d'une suite pirate en provenance d'Italie (le nanar Le Retour de Patrick) et même remaké en 2013 sans que cela n'intéresse personne. La rançon de la gloire.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Nouveau master HD apparu il y a 5-6 ans, la copie de Patrick est issue d'un scan effectué à la source. Sur le négatif donc, mais avec quelques décisions un peu curieuses dans la foulée. Les cadres ne sont pas exempts de griffures et petites taches, la colorimétrie tire vers les teintes rosées et un peu jaunâtres tandis que le grain de pellicule, présent et préservé, aurait mérité un soupçon de polissage. Un rendu assez brut donc, au plus près des sensations d'origine mais où il manque quelques étapes de finition pour aboutir à un master plus satisfaisant.

 


Son :
Sans fioritures se sont les bons mono d'autrefois qui nous reviennent dans leur jus. Le son est propre, clair et relativement stable ne se laissant entraîner qu'à de très rares occasions dans de petits effets de saturation dûs à l'utilisation de basses fréquences vrombissantes comme effet sonore redondant. L'équilibre est maintenu entre les dialogues, les effets et la musique et c'est l'essentiel.

 


Interactivité :
Nouveau digipack cartonné pour la collection des petits classiques du cinéma de genre pour Rimini, qui se positionnera donc parfaitement aux côtés du bluray d'Harlequin. Le contenu est du même acabit avec un livret bourré d'infos signé Marc Toullec (encore !) disposé à côté des disques Bluray et DVD. Question bonus c'est le disque HD qui est le mieux doté avec un montage d'une heure d'interviews d'une bonne partie de l'équipe du film enregistrées à l'occasion du documentaire Note Quite Hollywood consacré à l'Ozploitation. Comme toujours le propos est très décontracté et fourmille d'anecdotes évoquant les différentes moutures du scénario, le tournage, la réception du film, sa distribution internationale, son aura actuel... Venant compléter le segment, on trouve aussi une interview supplémentaire de Richard Franklin provenant d'un ancien DVD et un document d'archive avec une nouvelle intervention du réalisateur mais aussi quelques images du tournage. Plutôt complet.

Liste des bonus : Livret de 20 pages, Interview d'archive de Richard Franklin (25'), Richard Franklin sur le tournage du film (9'), interviews de Susan Penhaligon, Richard Franklin, Everett de Roche et Antony I. Ginnane réalisées en 2008 (61'), Bandes-annonces.

 
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