KRULL
Royaume-Uni, Etats-Unis - 1983
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Krull »
Réalisateur : Peter Yates
Musique : James Horner
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et 2.0, Français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 116 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 19 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
À des millions d’années-lumière, sur la planète Krull, règne une bête maléfique abritée dans la Forteresse Noire, qui inquiète les deux royaumes de Krull. Aussi les deux rois décident d’unir leurs enfants afin de sceller l’union de leurs royaumes et anéantir le monstre…
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Le retour du petit prince

Gigantesque four des années 83/84 le sympathique Krull a cependant réussi à se rattraper un peu depuis, devenant même pour certains un authentique film culte. La preuve, la fameuse dague circulaire apparaît dans le final orgiaque de Ready Player One. Comment ça, ça ne suffit pas ?

Encadré par des productions comme Excalibur, Le Seigneur des anneaux (le dessin animé), Conan Le Barbare, Ladyhawke, Dard L'Invincible, Legend ou même le Dune de David Lynch, Krull n'était en ce début des années 80 qu'une tentative supplémentaire de la Columbia de faire son trou dans la vague de film de Fantasy rendue possible par le succès d'un certain Star Wars. Projet ambitieux, affichant alors un budget historique de 47 millions $, Krull n'est pas l'adaptation de romans renommé ou l'exploitation d'une licence lucrative mais bien un univers inédit imaginé et construit pour l'occasion. Ce qui ne l'empêche pas de piquer des éléments à Tolkien, Robin des bois et nombres de contes de fées, mais tout de même. Huit plateaux dans les célèbres studios de Pinewood, des extérieurs italiens, des effets spéciaux à la pointe mélangeant animatronics, trucages visuels et maquettes, une publicité tonitruante et envahissante, un comic Marvel... Le film sera pourtant boudé par la critique et le public ne grappillant que difficilement 16 millions $. Sans appel. Il faut reconnaitre que la cause de l'augmentation croissante du budget et les raisons de l'échec du film sont sans doute un peu les même puisque dès le départ Krull ne savait pas franchement sur quelle planète atterrir. Entamé par le scénariste Stanford Sherman (spécialiste de la série décalée avec Des Agents très spéciaux et Batman) comme une grande fresque médiévale, puis remanié vers une direction plus ouvertement Heroic Fantasy, ce qui s'appela un temps The Dragons in Krull se retrouva affublé dans sa dernière ligne droite de vagues évocations de Space Opera, avec un monstre géant venu du fin fond de l'univers et des sbires armées de pistolet à rayons lasers.

 

Royaume lointain


Un casse-tête pour les responsables de la direction esthétique, pour les costumiers, maquilleurs... mais aussi pour le spectateur qui se retrouve confronté à une quête extrêmement simple dans ses grandes lignes (sauver la princesse du vilain méchant pas beau), mais chaotique dans son mélange des genres, improbable dans ses cohabitions. Les décors ont beau être luxueux, les détails techniques fignolés avec amour et sérieux, Krull ressemble parfois un rip-off italien peu scrupuleux qui aurait été boosté par un studio hollywoodien. Avec son beau héros un peu fade et sa princesse qui attend patiemment son sauveteur, le film n'évite pas le kitch et la niaiserie, mais n'en est pas désagréable pour autant. Une entreprise une fois encore sauvée par quelques tableaux (l'antre de l'araignée géante) franchement évocateurs avec son mélange d'esthétique médiévale et de lignes épurées modernes, une photographie lumineuse concoctée par Peter Suschitzky (L'Empire contre-attaque, Mars Attacks !, Le Festin nu...) et une réalisation parfaitement carrée et solide signée par un Peter Yates (Bullit) que l'on n'attendait pas vraiment sur ce terrain. Peu importe que la petite communauté composée de voleurs sympathiques (où l'on reconnaît de tous jeunes Liam Neeson et Robbie Coltrane), d'un magicien aux gags un peu facile, d'un vieux sage à la Kenobi (mister Freddie Jones), d'un gosse qui passait par là et d'un cyclope clairement trop charismatique pour le reste de l'assemblée, manque de caractérisation et enquille les épreuves comme des attractions thématiques, leur dynamisme digne d'un vieux film de cape et d'épée finit par emporter le tout. Totalement bancal, mais constamment rafraichissant, Krull a au moins un élément qui réussit à se hisser à la hauteur de ses ambitions : la bande originale de James Horner. Une véritable merveille épique et ensorcelée qui annonce celle de Willow, une autre des grandes réussites du compositeur.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Voilà un petit coup de jeune bien mérité pour Krull qui se voit enfin traité comme le blockbuster qu'il aurait aimé être. Marqué par une restauration très solide et soignée, la copie a été nettoyée de quasiment toutes ses traces de vieillesse et surtout rehaussée par un piqué pointilleux et une colorimétrie agréablement énergique. La définition est pointue, même lorsqu'elle se confronte aux effets vaporeux d'une photographie 80's, et ne montre quelques décrochages excusables que lors des effets de transparences et collages visuels. Du bel ouvrage.

 


Son :
Jolie surprise que cette pistes anglaise DTS HD Master Audio 5.1 qui certes ne respecte pas forcément la piste originale stéréo (présente sur le disque tout de même), mais retrouve sans aucun doute les intentions du réalisateur de créer un authentique spectacle d'envergure. Dès l'ouverture le glaive magique traverse l'écran accompagné d'effets spatiaux spectaculaires, fluides et rapides. Le reste du film restera dans cette énergie avec des scènes de batailles plus spectaculaires qu'autrefois, des ambiances fantasy joliment dessinées et une bande originale à la fougue décuplée.

 


Interactivité :
Proposé sous la forme d'un mediabook comprenant le DVD, le Bluray et un livret d'une vingtaine de pages (avec l'habituel texte de Marc Toullec) piqué dans la couverture, Krull est accompagné à nouveau de ses bonus du vieux DVD collector. A savoir un making of promo, mais à l'ancienne, produit pour la télévision en 83 avec plein d'images de tournage et de propos emballants pour donner envie de se rendre en salles, et un commentaire audio de l'équipe du film. Enfin un commentaire audio essentiellement du réalisateur Peter Yates, les deux acteurs ne se laissant entendre qu'à de rares occasions, qui ne semble plus avoir aucun mouvais souvenir de cette expérience à priori idyllique (pendant laquelle il disparu deux semaine pour aller respirer un coup à la plage). Comme quoi avec le temps on apprend à relativiser.

Liste des bonus : un livret de présentation du film rédigé par Marc Toullec (24 pages), Commentaire audio de Peter Yates, Ken Marshall et Lysette Anthony (VOST), « Journey to Krull » : making of (1983, 22'), Bande-annonce originale.

 
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