À COUTEAUX TIRé
Knives Out - Etats-Unis - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Policier
Réalisateur : Rian Johnson
Musique : Nathan Johnson
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais Dolby Atmos, Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 130 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 27 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L’esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoit Blanc est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire.
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Murder he wrote

En bon cinéaste pluridisciplinaire, Rian Johnson a déjà mis (l'énorme!) parenthèse Star Wars derrière lui. Et même si tout indique qu'il risque d'y retourner assez rapidement, cela ne l'empêche pas de signer aujourd'hui un film aux antipodes de l'espace interstellaire de la saga de George Lucas. Soit un whodunit (qui est le coupable ?) qui se restreint presque exclusivement aux murs lambrissés d'une propriété où a donc eu lieu un meurtre, dans la plus pure tradition des romans d'une fameuse romancière anglaise.

La richesse de la famille Thromby s'est faite exclusivement autour des romans policiers à succès de son patriarche, Harlan Thromby (Christopher Plummer). Et toute sa famille, de son fils aîné (Michael Shannon), gérant de la maison d'édition de ses romans, à sa fille (Jamie Lee Curtis), jusqu'à ses petits enfants, oisifs et fiers (Chris Evans, Jaeden Martell), tous profitent généreusement de sa fortune. Même son ex belle fille (Toni Collette), qui malgré sa séparation officielle d'avec la famille touche encore de quoi l'aider elle et sa fille (Katherine Langford, la Hannah Baker de 13 Reasons Why). Alors forcément, quand le vieux Thromby est retrouvé mort dans son bureau, la gorge tranchée, le temps s'arrête. Le FBI est alors dépêché sur les lieux et chaque membre de la famille, ainsi que les proches collaborateurs de l'écrivain à commencer par son infirmière particulière (Ana De Armas, remember Blade Runner 2049?), est interrogé pour savoir exactement ce qui s'est passé durant cette soirée. En plus des deux agents de la police fédérale, un troisième homme, le détective privé Benoit Blanc (Daniel Craig), limier hors pair, est chargé de l'enquête par un mystérieux commanditaire qui semble déjà savoir que le suicide présumé est vraisemblablement bien un crime.

 

cluedo


Au-delà de ses évidentes qualités de réalisateur, Rian Johnson est un phénomène. Un gars qui, en un tout petit peu plus de dix ans a réussi à imposer son nom, son style et, le plus improbable de tout, sa plume. Une plume à l'origine d'un prix spécial du jury à Sundance en 2005 (l'excellent Brick, une histoire de meurtre, déjà) et à qui on doit le réveil de la force (oui oui) après une longue somnolence qui semblait sans fin. Sundance et Star Wars. Y-a-t-il plus antinomique ? En cinq films, pas une seule adaptation, rien que des histoires originales et signées par un seul et même homme : Rian Johnson. Un phénomène on vous dit !

Après la SF (entamée par le très réussi Looper), Johnson reprend donc le chemin du crime et signe, avec A couteaux tirés, un vibrant hommage aux whodunit à la Agatha Christie. D'abord parce que son crime est évidemment au coeur de son intrigue, mais aussi parce qu'il applique à la lettre cet humour symptomatique de la romancière anglaise. Personnages hauts en couleur (les acteurs s'en donnent tous à coeur-joie sans jamais cabotiner) dont le narcissisme exacerbé les rend parfaitement insupportables et ridicules, face à un détective maniéré au nom évoquant assez clairement le célèbre limier belge de la romancière. Entre eux, un jeu du chat et de la souris, fait d'entretiens où des chausse-trappes verbaux sont posés, d'indices cachés et, évidemment, dans une vieille demeure, de passages dérobés. Tous les ingrédients sont réunis, faisant du film un vrai régal sur lequel la musique de Nathan Johnson (cousin de) agit comme une jolie cerise juteuse et sucrée. Mais ce n'est pas pour autant que l'enquête sent la naphtaline où les vieux épisodes d'Arabesque (qui apparaît d'ailleurs le temps d'un plan). Johnson inscrit son action à notre époque, jonche son film de nouvelles technologies très distinctement visibles à l'écran, comme pour signifier que les vieilles recettes peuvent et doivent fonctionner de nos jours, et en profite aussi pour livrer un portrait sacrément désastreux d'une cellule familiale pourrie par le fric, où les personnalités se montrant habituellement aimables et magnanimes peuvent se transformer en monstres sans pitié. Le summum étant atteint lors d'une scène d'une rare violence verbale où toutes ces bouches en huit se mettent à proférer des torrents d'injures à l'issue d'une lecture de testament qui ne manque pas de sel (avec Frank Oz dans le rôle, hilarant, du notaire).

Drôle, rythmé, bien joué, A couteaux tirés est donc tout ça à la fois, et représente un délicieux divertissement sur lequel il serait dommage de ne pas s'arrêter.

Laurent Valentin






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Image :
Tourné en numérique 2K avec des caméras Arri Alexa de dernière génération Knives Out a été éclairé, photographié et réétalonné pour prendre l'apparence organique et vibrant d'un objet capturé sur pellicule. Le rendu est un cadeau aux amateurs du grain cinématographique marqué, des couleurs saturés et des matières présentes. Dans cette optique le Bluray est une réussite imposante, restituant toutes ces fioritures avec une définition optimale et une précision constante. Les séquences les plus impressionnants sont forcément celles prenant part dans la fameuse demeure avec une instance considérable sur les décors et leur profondeur. Idéal.

 


Son :
Pour le jeu des acteurs et l'intensité du mixage on ne saurait trop recommander la vision du film avec la version originale en Dolby Atmos. Le mixage n'est pas forcément le plus impressionnant de ces dernières années, mais il utilise avec maestria les possibilités du systèmes pour habiter le moindre recoin de la maison, pour développer des ambiances fluides et naturelles, pour donner du coffre aux musique tout en replaçant au point le plus net les dialogues. De la précision, encore et toujours.

 


Interactivité :
On pouvait penser que l'intérêt que portait Rian Johnson aux suppléments du Dernier Jedi s'arrêterait sensiblement à son opus de Star Wars. Que nenni. Au milieu de deux commentaires audios bien chargés, de petites featurettes de remplissage et de fausses pubs bien senties, l'édition délivre un making of de quasiment deux heures qui traverse, cela va sans dire, toutes les questions pertinentes avec un max d'images du tournage, d'interviews, d'anecdotes, de questions techniques et artistiques... Passionnant, rythmé, décontracté et précis, le documentaire est presque anachronique au milieu de toutes ces éditions qui reviennent sans vergogne à la promotion vite emballée. A noter aussi la présence de quelques scènes coupées (avec commentaire optionnel), une fois n'est pas coutume pas inintéressante puisqu'elles montrent l'élaboration de motivations supplémentaires à la vilénie des membres de la famille Trombey qui furent finalement, et à juste titre, mis de côté au montage. Pas un pet' de gras mon bon monsieur, tout en muscle.

Liste des bonus : Le commentaire Audio du réalisateur Rian Johnson, du directeur de la photographie Steve Yedlin et de l'acteur Noah Segan, Le commentaire Audio du réalisateur Rian Johnson (vo), Les scènes coupées avec ou sans le commentaire Audio de Rian Johnson (05'), Le making of en 8 parties (120'), Rian Johnson : orchestrer le meurtre parfait (05'), L'invitation au meurtre (02'), Les publicités Thrombey (04'), Bandes-annonces.

 
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