LES YEUX DE LAURA MARS
Eyes of Laura Mars - Etats-Unis - 1978
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : Irvin Kershner
Musique : Artie Kane
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 104 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 19 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Photographe de mode engagée contre la guerre et le sexisme, Laura Mars mène une brillante carrière. Aucune ombre au tableau de ses spectaculaires compositions, du moins jusqu’au jour où, par la pensée, elle capte les agissements d’un tueur en série, vivant en direct le meurtre qu’il commet. Un cauchemar qui se répète et dont elle pourrait bien être l’une des prochaines victimes…
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T'as le look

Petit succès du box-office américain de 78, Les Yeux de Laura Mars est sans doute plus passé à la postérité pour son générique que pour ses qualités intrinsèques : le réalisateur de L'Empire contre-attaque, le scénariste d'Halloween, Faye Dunaway et Tommy Lee Jones en têtes d'affiche et même Barbra Streisand qui pousse la chansonnette, ça fait vite du monde.

Mais à l'époque de la sortie la liste de nom ne fait pas tout à fait le même effet. En dehors de Streisand déjà star de la love Song à paillette qui refusa le rôle-titre au dernier moment et la grande Faye Dunaway qui venait d'être auréolée d'un oscar pour Network, les autres personnes citées étaient loin d'être connu. En l'occurrence Les Yeux de Laura Mars leur a surtout servi de tremplin pour la carrière qu'on leur connait : le chèque récupéré pour le scénario va permettre à John Carpenter de définitivement investir dans la profession de metteur en scène et à Irvin Kershner de se faire remarquer par un certain George Lucas qui lui confie dans la foulée un certain L'Empire contre-attaque, soit le meilleur opus de Star Wars. Sans compter sur l'impulsion supplémentaire que le métrage donne à Tommy Lee Jones qui s'extirpe des seconds rôles pour dégainer la meilleure prestation du spectacle. Et de loin. Un tournant pour beaucoup de monde (on peut ajouter Raul Julia et Brad Dourif), mais aussi un thriller qui aujourd'hui encore reste assez étonnant par son optique capturant avec netteté ce carrefour stylistique qu'est la fin des années 70. Déjà en croisant la sobriété et la retenu du film à suspens hollywoodien avec les figures de esthétiques beaucoup plus marquées de l'école italienne.

 

zoom


Des petits airs de giallo totalement assumés qui structurent un whodunit aujourd'hui un peu prévisible, mais qui trouve son « gimmick » dans un alibi légèrement fantastique connectant directement les yeux de l'héroïne à ceux du mystérieux tueur. L'occasion d'expérimenter quelques visions subjectives parfaitement orchestrées et de jouer en filigrane sur la notion du point de vue de la photographe, à la fois témoins, révélatrice et partie prenante de son époque. D'où la proximité entre les scènes de crimes et les tableaux que la photographe de mode Laura Mars expose avec les velléités d'une artiste : confronter le monde à sa violence et son indécence. Artisan solide et réalisateur beaucoup moins transparent qu'on ne le croit, Kershner (La Revanche d'un Homme nommé Cheval, Jamais plus Jamais, Robocop 2) s'empare du décor urbain crasseux et misérable du New York d'alors, en lui opposant le luxe, les poses et les fringues tape-à-l'œil des 80's à venir, comme pour disputer la moralité, la crédibilité de son héroïne. Préfigurant même parfois le futur Maniac de William Lustig mais avec un habillage beaucoup plus mainstream, Les Yeux de Laura Mars est teinté d'une certaine noirceur, de petites pointes de crudité qui lui donnent un relief intéressant et pertinent. Bien moins anodine qu'on l'a longtemps pensé, cette série B de luxe plus psycho-thriller qu'horrifique impose autant de charmes que d'efficacité.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Le film n'a pour l'instant pas encore connu de véritable restauration à la source. Le seul master HD qui circule à l'heure actuelle est issu du même master vidéo croisé à l'époque du DVD, mais boosté pour faire passer la pilule. Si on y gagne clairement sur la restitution des couleurs et sur la définition des scènes diurnes (qui font relativement bien illusion), le rendu est beaucoup plus mitigé dès que les lumières baissent avec des cadres qui s'aplatissent et des matières de plus en plus fluctuantes. Pas de soucis de compression supplémentaires, mais la copie reste en deçà des attentes.

 


Son :
Aucune réserve en revanche du côté des pistes sonores, en particulier anglaise, qui avec de très sobres DTS HD Master Audio 2.0 restituent à la perfection le mono d'origine. Le son est clair, direct, stable et parfaitement centré.

 


Interactivité :
Proposé sous la forme d'un Mediabook qui a la classe, l'édition française des Yeux de Laura Mars se montre aussi complète que possible, du moins tout autant que le voisin anglais de Indicator. On retrouve donc comme attendu les items déjà présents sur le DVD collector de Sony (ça date) : le making of promotionnel d'époque entièrement centré sur Faye Dunaway, l'évocation par Laurent Bouzereau des différentes versions du scénario plaquée sur des photos de tournages et le commentaire audio du réalisateur. Bonhomme sympathique et modeste Irvin Kershner s'attarde parfois sur les petites questions techniques ou délivre quelques anecdotes de tournage, mais se contente la plupart du temps de décrire le film qu'il redécouvre en direct. Pour compléter le tout, l'objet propose bien entendu le livret traditionnel piqué dans la reliure avec une description des coulisses par l'incontournable Marc Toullec.

Liste des bonus : un livret de présentation du film de 24 pages par Marc Toullec, Making of (8'), Photographies sur le tournage (9'), Bande-annonce originale.

 
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