LA ROSE ET LA FLèCHE
Robin and Marian - Etats-Unis - 1976
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « La Rose et la flèche »
Réalisateur : Richard Lester
Musique : John Barry
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 106 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 18 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « La Rose et la flèche »
portoflio
LE PITCH
Après vingt ans passés aux Croisades, Robin des Bois et Petit-Jean reviennent au pays. Ils y retrouvent certains de leurs anciens compagnons. Marianne est devenue religieuse et le shérif de Nottingham sévit toujours. La nouvelle du retour de Robin se répand.
Partagez sur :
Retournons aux bois

Que reste-t-il du fringant héros aux collants vifs, au sourire canaille et la fougue toute juvénile ? Comme un Robin des bois 20 ans après, La Rose et la flèche est une magnifique évocation de la perte des illusions, de la fin des légendes... et une romance intemporelle.

Héros de cinéma fascinant, qu'il arbore le charme hollywoodien indémodable d'Errol Flynn, une queue de renard ou poursuive ses exploits avec du Bon Jovi en fond, Robin des bois a cette image d'une jeune héros rebelle, voleur mais juste, soulevant le peuple pour combattre l'injustice et séduire la jolie Marianne. En contrepoint, La Rose et la flèche est l'aventure d'après, presque de trop. Celle d'un Robin éreinté par des années de croisades, de batailles inutiles, motivées uniquement par une foi déclinante en un Richard Cœur de Lion aussi cruel et despotique que les autres. La fin des illusions, les horreurs de la Guerre Sainte, les années perdues, Robin, les jointures un peu rouillées et la calvitie galopante, retourne avec le compère Petit Jean à Nottingham. Mais comme le disait Barbara « Dis ! au moins le sais-tu ? [...] Que tout le temps perdu Ne se rattrape plus ! ».

Trublion du cinéma anglais compagnon premier des Beatles et orchestrateur d'une excellente trilogie des Mousquetaires dont on excusera le triste Superman 3, Richard Lester déjà loin de ses expérimentations formelles, manie ici avec maestria un certain classicisme d'apparat (mais avec ce sens intact du détail truculent) pour mieux dégoupiller toutes les prouesses attendues.

 

le dernier combat


Le château de Nottingham n'est plus qu'une ruine décharnée, la populace dépérit, les armures des chevaliers bien trop lourdes pour leurs épaules, et les affrontements, certes courageux, semblent forcément plus lents, maladroits, voir légèrement burlesques lorsque Robin et son compagnon tentent de s'échapper difficilement de l'enceinte, au bord de l'essoufflement, devant le regard navré du sheriff. Porté par une troupe d'acteur cinq étoiles s'ouvrant à la belle cinquantaine, de Nicol Williamson (Merlin dans Excalibur) à Robert Shaw, le film manie à merveille un mélange de swashbuckler à l'ancienne, de comédie douce-amère sur les affres de l'âge, d'analyse pertinente du vieillissement des légendes et d'un romantisme flamboyant. Revivre le même amour une seconde fois, retrouver les premiers émois, dépasser les rides et la légère lassitude qui s'observe au coin des yeux, le formidable Sean Connery qui vient d'enchainer Le Lion et le vent et L'Homme qui voulut être roi, et la toujours sublime Audrey Hepburn (qui mettait alors fin à une retraite de huit ans) y réussissent à merveille. Un couple à l'osmose évidente, au charisme intacte, qui manient aussi habilement l'un que l'autre la fraicheur des sentiments et les pointes d'ironie. Ils se chamaillent comme des adolescents mais sont conscient que rien ne peut être comme avant, apportant une mélancolie déchirante à un film romanesque, dans le sens le plus noble du terme. Lorsqu'il la découvre au loin à la fenêtre du monastère ; lorsqu'elle se débat avec des sentiments qu'elle espérait enfouis ; lorsqu'elle retire sa coiffe pour qu'il puisse l'embrasser ; lorsqu'ils s'allongent dans les blés... Jusqu'à un final aussi puissant dans sa symbolique, que poignant (c'est un euphémisme) dans son jusqu'auboutisme. Avec Richard Lester l'amour ne peut redevenir éternel que s'il redevient tragédie. Eblouissant.

Nathanaël Bouton-Drouard




Partagez sur :
 

Image :
Si seulement tous les « petits films » d'aventure pouvaient être traités avec la même ferveur. La restauration datée de seulement deux ans est une vraie petite merveille apportant des cadres virginaux, une stabilité redoutable et une colorimétrie plus vive et vibrante que jamais. Si l'on excepte un ou deux plans un poil plus flous, l'ensemble du film peut se vanter d'avoir préservé ses textures cinématographiques (l'écorce des arbres, les poils de Sean) et d'apporter un piqué parfaitement creusé marié à un léger grain préservé. Noir bien tendus, profondeur dessinée avec précision, teintes chairs tout en naturel... Rien à redire.

 


Son :
A priori le mix stéréo d'origine n'était pas vraiment intéressé par la mise en place d'ambiances forestières poussées, de grands élans épiques et de sensations au cœur de la bataille. Son équivalent moderne en DTS HD Master Audio fait ainsi du mieux qu'il peut pour lui donner un peu de souffle. Tout d'abord grâce à une restitution limpide, frontale et parfaitement claire, puis en plaçant toujours en avant l'interprétation de ce luxueux casting.

 


Interactivité :
L'édition US était nue comme un ver, Rimini nous prouve une nouvelle fois que l'éditeur français sait bichonner sa clientèle en invitant deux intervenants pour compléter le programme. Le journaliste William Couette qui vient présenter directement le film, avec un effort porté sur les coulisses de la production et les petites anecdotes, et le spécialiste de l'histoire médiévale Laurent Vissière qui bien entendu s'attache aux origines du personnages, les faits et les nombreuses extrapolations littéraire qui ont suivi. Surtout ce dernier sert une analyse très pertinente de l'évolution symbolique du héros, devenu noble sur le tard et presque vu aujourd'hui comme un symbole du combat écologique.

Un programme très honnête sublimé par la présence d'un document d'archive, une longue interview publique de l'acteur Sean Connery. Ce dernier ayant toujours été relativement rare dans les médias, et ne sortant finalement que très peu de la promotion, il répond ici avec humour et franchise sur une grande partie de sa carrière, donne son avis (étonnant parfois) sur les films qu'il a tourné. Même s'il n'évoque La Rose et la flèche qu'une toute petite minute, le bonus a toute sa pertinence ici.

Liste des bonus : Interview de Sean Connery enregistrée en 1984, Interview de William Couette, journaliste sur le site Chacuncherchesonfilm.fr, Interview de Laurent Vissière, Maître de conférences en histoire médiévale à la Sorbonne.

 
Crédits & mentions légales - Publicité - Nous contacter
Copyright Regard Critique 2009-2020