WINTER KILLS
Etats-Unis - 1979
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Winter Kills »
Genre : Thriller
Réalisateur : William Richert
Musique : Maurice Jarre
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS-HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 97 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 29 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Winter Kills »
portoflio
LE PITCH
19 ans après l’assassinat du président des Etats-Unis, son frère est approché par un homme mourant qui lui confesse être le véritable tireur à l’origine de sa mort. Ses convictions volant en éclats, celui ci n’a alors d’autre choix que d’enquêter.
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Mort d'une nation

Exégète du cinéma des 70's, réalisateur de We Blew It, qui retrace la chute lente mais certaine d'un pays en quête d'identité depuis, en gros, l'assassinat de J.F.K., c'est en toute logique que Jean-Baptiste Thoret nous propose aujourd'hui, dans le cadre de sa collection Make My Day, un véritable condensé de ses thèmes de prédilection. Doublé d'une rareté qu'il est enfin temps de découvrir.

Le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy, 35ème président des Etats-Unis, est assassiné à Dallas. Les images télévisées, largement diffusées à l'époque, choquent le monde entier et traumatisent l'Amérique. Comment un fait aussi grave a-t-il bien pu arriver à la première puissance mondiale, chantre d'une démocratie rayonnante ? L'arrestation rapide (moins de deux heures plus tard) de Lee Harvey Oswald et l'enquête qui va suivre ne vont non seulement pas répondre à ces questions mais charrier, derrière elles, de vastes théories favorisant l'existence de complots ourdis dans l'ombre. La CIA ? Cuba ? La Russie ? La Mafia ? Même les relations entre JFK et Marilyn Monroe deviennent autant d'indices susceptibles de lever un voile décidément de plus en plus opaque et dans lequel journalistes, écrivains et scénaristes aiment s'entortiller pour la plus grande joie des complotistes de tous poils. C'est sur cette base, onze ans après les faits, que Richard Condon (déjà auteur de The Manchurian Candidate) livre Winter Kills, roman dont le film de William Richert est une adaptation. L'histoire de Nick Kegan (le K n'est pas là par hasard), frère cadet d'un président assassiné, qui apprend que le coupable ne serait pas celui que tout le monde croit.

 

le prisonnier du labyrinthe


Dans le rôle de Kegan, le charismatique Jeff Bridges, formidable en petit frère à l'honnêteté handicapante face à un monde de politiques et de mafieux dominé par un patriarche (John Huston, toujours aussi impressionnant d'ignominie depuis Chinatown) qui passe son temps à le rabrouer et mettre en doute sa virilité. Kegan va alors devoir avancer seul ou presque dans un dédale de pistes absconses, livrant leur lot de personnages patibulaires, de faux-semblants et de chausse-trappes. Un labyrinthe invraisemblable et de plus en plus incompréhensible au fur et à mesure qu'il s'y enfonce, jusqu'à s'y perdre. Et le spectateur avec lui, mais c'est bien là la volonté de Richert (et déjà du roman avant le film). Car si dans l'esprit Winter Kills semble appartenir à ce genre paranoïaque dont les 70's furent très prolifiques (Les 3 Jours du Condor, Conversation Secrète, Les Hommes du Président...) c'est pour mieux s'en éloigner ; à grand coup de scènes flirtant plus facilement avec la comédie décalée (la tentative de meurtre qui finit avec une belle paire de seins à l'air), le mystère onirique (la femme et l'enfant au vélo) ou même la science-fiction (le QG du personnage d'Anthony Perkins). Un beau bordel qui tient malgré tout grâce à d'indéniables qualités formelles, dont la photo admirable du grand Vilmos Zsigmond (Rencontres du Troisième Type, Voyage au bout de l'enfer, La Porte du Paradis... la liste est longue!), le score de Maurice Jarre et un casting en or massif (même Elizabeth Taylor est de la partie) dont l'inexpérimenté William Richert profite assez miraculeusement.

Si au final Winter Kills ne laissera peut être pas un souvenir impérissable, il a au moins le mérite de proposer une alternative originale et rafraîchissante à un genre ultra balisé et prenant peut être trop au sérieux ces maudites théories du complot parfois vides de sens. Un début d'indice quant à sa catastrophique exploitation à l'époque et qui explique aujourd'hui sont statut de film rare voire inédit. Une bonne raison, en tous cas, de le découvrir enfin.

Laurent Valentin




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Image :
Studiocanal récupère le magnifique master sorti en fin d'année 2019 chez les New-yorkais de Kino Lorber. Une image quasi parfaite qui livre un résultat fabuleux, fourmillant de détails et de couleurs resplendissantes, rendant un magnifique hommage au travail de l'immense Vilmos Zsigmond.

 


Son :
Une unique piste stéréo pour les deux versions présentes mais parfaitement efficace pour mettre en valeur l'univers sonore du film. Comme durant ce thème central où un coup de boutoir aux échos métalliques vient stopper net une percussion aux accents militaires.

 


Interactivité :
Comme toujours dans la collection Make My Day, Jean-Baptiste Thoret s'invite dans une présentation du film éclairante sur son sujet. Il continue dans une pastille intitulée « L'hiver a-t-il tué J.F.K. ? » avec une analyse solide du film, forcément très intéressante. Suivent ensuite des entretiens datés de 2003 où le réalisateur revient sur quelques anecdotes de tournage savoureuses (le manteau d'Elizabeth Taylor, Sterling Hayden et son goût pour le cannabis) mais surtout, dans le plus intéressant, sur la genèse du projet, la difficulté de le mener à bien (le tournage fut stoppé par les syndicats et faillit ne jamais être terminé) et le quasi assassinat dont le film fut victime une fois sorti en salle (il n'y resta qu'une semaine). Où quand la théorie du complot entre réellement dans la partie.

Liste des bonus : Préface de Jean-Baptiste Thoret (6'59), L'Hiver a-t-il tué JFK ? (11'58), Retrouvailles (8'44), Star Stories (7'20), Qui a tué Les Magnats du Pouvoir ? (36'19).

 
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