HAPPY ! SAISON 2
Etats-Unis - 2019
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Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 et 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 480 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 28 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Happy ! Saison 2 »
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LE PITCH
Toujours flanqué d'Happy, l'ami imaginaire, Nick Sax tente de faire amende honorable et d'être un bon père pour sa fille Hailey. Pourtant, à l'approche des fêtes de Pâques, un complot mené par l'ignoble Sonny Shine le fait replonger dans un monde de violence, d'alcool et de bien d'autres comportements répréhensibles…
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Effets secondaires

Après une saison entière passée à piétiner l'esprit de Noël, Happy ! est de retour avec la ferme envie de déshonorer Pâques. Si les provocations s'enchaînent avec une inventivité toujours plus surprenante, repoussant les limites du politiquement correct, le scénario a parfois tendance à s'égarer, faute d'une ligne claire.

Désormais libéré du comics dont il s'inspire (même si Grant Morrisson reste attaché à l'écriture et à la production), le réalisateur et showrunner Brian Taylor passe à la vitesse supérieure. Précédemment confinés dans une intrigue on ne peut plus linéaire et où seule importait le sauvetage de la petite Hailey, les délires graphiques et les ruptures de tons mal élevées ne prenait que très rarement le pas sur l'émotion tandis que les personnages secondaires répondaient précisément au cahier des charges en restant ... secondaires. Ce n'est plus du tout le cas pour cette deuxième (et malheureusement dernière) livraison.
Plutôt qu'un enlèvement ou une simple enquête, Happy ! joue désormais la carte de la conspiration à grande échelle. Toujours à la manœuvre, Sonny Shine (Christopher Fitzgerald, bien plus présent) cherche à manipuler les foules pour transformer Pâques en une entreprise aussi juteuse que Noël ou le Black Friday. Mais, dans l'ombre, l'animateur pervers, idole des enfants, est lui-même manipulé par des forces démoniaques. À vrai dire, tout le monde manipule tout le monde au cours de ces dix épisodes à la densité un peu excessive. Brian Taylor profite donc de ce cadre on ne peut plus flou et changeant pour s'amuser et expérimenter, pour dresser plusieurs intrigues parallèles et créer de la mythologie, aussi foutraque soit-elle. Ce qui laisse peu de temps pour la relation entre ce déchet de Nick Sax et sa petite fille, de moins en moins innocente. Autant dire que le cœur battant de la série en souffre. De tout ce bazar qui retombe on ne sait trop comment sur ses pattes, seules un regard particulièrement acide sur le caractère à double-tranchant de la notoriété et la crise existentielle d'Happy, ami imaginaire de plus en plus isolé, atteignent leur cible.

 

Nonnes + lapins + nazis = Kamoulox !


Un peu léger sur le fond, Happy ! reste un régal sur la forme, multipliant les excentricités et les entraves au bon goût avec une férocité addictive. Toujours bien secondé par le cabotinage extrême d'un Christopher Meloni encore plus cartoonesque que son side-kick animé ou qu'un Bruce Campbell sous PCP, Brian Taylor encourage toute son équipe à griller tous les feux rouges. Gore, trash et sexy, le menu est cette fois-ci encore plus roboratif que celui de la saison précédente. Tout commence par la course folle d'une douzaine de nonnes équipées de ceintures piégées au son du « Dominique-nique-nique » de Sœur Sourire et qui finissent par exploser dans des geysers de sang et de barbaques plus très catholiques. Tout se conclue par le Blue Monday des New Order, une décapitation à mains nues et un clin d'œil tordu (au propre comme au figuré) au Halloween de John Carpenter. Entre ces deux scènes d'anthologie justifiant à elle seule le visionnage de la série, on aura tout de même eu droit à un massacre dans un hospice squatté par des nostalgiques du Troisième Reich, un costume de lapin pour les amoureux de latex BDSM, un meurtre à l'aiguille à tricoter, un Nick Sax rêvant de décapiter (c'est une obsession!) des cyclistes à la tronçonneuse, Ann-Margret transformée en ancienne reine du porno et poussant la chansonnette, une chiasse colorée et vivace et le dépucelage d'Happy avec une poupée en porcelaine pas farouche. Et n'oublions pas non plus le caméo vocal de Jeff Goldblum dans le rôle de ... Dieu, soit l'ami imaginaire de toute une civilisation.

Si l'annulation de Happy ! par Syfy suite à des audiences en chute constante, est une si mauvaise nouvelle, ça n'est pas parce que la série de Brian Taylor et Grant Morrisson porte en elle un message essentiel ou qu'elle pose de grandes questions. Objet blasphématoire et transgressif unique en son genre, Happy ! faisait surtout souffler un sacré vent de folie entre deux épisodes de Homeland et Grey's Anatomy. Le majeur bien tendu à la face du monde entier par Nick Sax nous manquera.

Alan Wilson








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Image :
Comme pour la première saison, on frôle la perfection. Respect du grain et des différents formats vidéo employés (VHS, 16 mm, 35 mm, numérique HD), contrastes aiguisés, définition pointue et couleurs saisissantes. L'attrait de la série étant principalement visuel, on en attendait pas moins.

 


Son :
Portées par une bande-son explosive, les aventures de Nick Sax et Happy méritaient un mixage à la hauteur des standards (Tears for Fears, Sœur Sourire, New Order, Samantha Fox, Brian Ferry!) qui viennent nous chatouiller les oreilles. Oubliez la version française et les pistes stéréo pour embrasser sans vous soucier du voisinage un 5.1 de très haute tenue. L'action n'est pas non plus en reste avec des coups de feu et des explosions qui viendront vous remuer les tripes.

 


Interactivité :
Le seul point noir de ce coffret par ailleurs indispensable. Interviewé lors d'un passage à Paris, le dessinateur Darick Robertson revient sur sa collaboration avec Grant Morrisson et la création du comics Happy ! Soit une série d'infos pas vraiment bouleversantes et sans aucun rapport avec cette deuxième saison. Un joli hors-sujet qui s'étale sur une dizaine de minutes assommantes de banalités.

Liste des bonus : Rencontre avec Darick Robertson, Bandes-annonces, Galerie photos

 
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