LE CERCLE NOIR
The Stone Killer - Etats-Unis - 1973
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Le Cercle noir »
Genre : Policier
Réalisateur : Michael Winner
Musique : Roy Budd
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 17 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Le Cercle noir »
portoflio
LE PITCH
Muté pour avoir abattu le délinquant qu'il poursuivait, Lou Torrey prend ses fonctions à Los Angeles précédé d'une solide réputation de flic à la gâchette facile. Flanqué d'un nouvel équipier, il se lance immédiatement sur les traces d'un trafiquant de drogue avant que les circonstances l'amènent à s'occuper du cas d'un parrain de la Mafia prêt à tout pour élargir sa zone d'influence et se débarrasser de ses concurrents.
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Dirty Charlie

Le Cercle noir de Michael Winner est un polar urbain mâtiné de film d'action sorti en 1973 et dans lequel Charles Bronson serre de la mâchoire comme jamais et appuie sur le champignon.

Dans la carrière de Charles Bronson, la collaboration entre le comédien et le réalisateur Michael Winner sort du lot. Les deux hommes ont tourné pas moins de six films ensemble, dès 1972 avec consécutivement Les Collines de la Terreur et Le Flingueur, puis en point d'orgue le célèbre Un Justicier dans la ville en 1973, suivi logiquement d'Un Justicier dans la ville 2 en 1982 et Le Justicier de New-York en 1985. Le Cercle noir (The Stone Killer en VO) réalisé en 1973 est nettement moins connu et n'a pas rencontré un succès phénoménal, même s'il a tout de même bien fonctionné en France. C'est sous la houlette de l'inévitable Dino De Laurentiis que Bronson et Winner s'engagent dans ce récit policier sous influences, adapté du roman A complete state of death de John Gardner paru en 1969. Le film débute comme un polar urbain à la French Connection, dans lequel on suit Bronson dans le rôle du détective Lou Torrey, un dur à cuire contraint de quitter New-York pour s'exiler à Los Angeles après avoir abattu un jeune trafiquant de drogue. L'entame du film renvoit à la violence expéditive du Dirty Harry de Don Siegel (1972) avec un personnage de flic taiseux et violent aux méthodes plutôt expéditives (voire létales). Le message semble clair : il faut nettoyer les rues de la vermine. Ici, ça cogne durant les interrogatoires, ça tire après une demi-sommation, ça dégomme les suspects en fuite à grand coups de pare-chocs de voiture... Outre Harry Callahan, on trouve déjà en creux les germes du Paul Kersey de la saga Death Wish. Pour autant, la dénonciation de la délinquance et de la violence urbaine reste assez superficielles et cantonnées dans une première partie plus volontairement hard-boiled que que ce qui succèdera... Le Cercle noir s'inscrit moins dans un cadre et une atmosphère froidement réalistes comme pourra l'être le premier Death Wish. Pas de polémique morale ici, Bronson y dénonce même les propos racistes de ses collègues...

 

solide comme du winner


Du polar âpre qui semble se dessiner, on n'aura pourtant que les contours, car Le Cercle noir vire rapidement vers le film d'action premier degré, au grès de l'enquête menée par Bronson. Une affaire d'ailleurs un peu longuette et pas toujours très claire, dont le fil dévoile progressivement une machination impliquant la mafia. On arrive à mettre rapidement de côté un scénario assez anecdotique, constitué d'incessants allers-retours entre New-York et Los Angeles, où notre flic traque des suspects et autres témoins se faisant tous dessouder les uns après les autres. Winner y égratigne au passage tout un pan de la société américaine : hippies, Black Panters, vétérans du Viet Nam... On appréciera davantage les quelques scènes d'action, bien emballées par le cinéaste, notamment une poursuite voiture/moto au coeur d'un marché, l'assaut d'un repaire de malfrats dans le désert ou la fusillade finale dans un parking souterrain. En cela, la caméra de Michael Winner, à la fois dynamique mais qui sait aussi se poser quand il le faut, vient confirmer les compétences techniques indéniables du réalisateur, adepte d'une mise en scène sans esbroufe qui vise l'efficacité (rappelons-nous tout de même, quelques encablures au-dessus, de ce chef d'oeuvre qu'est La Sentinelle des Maudits pour s'en convaincre...) On appréciera également une belle brochette de seconds rôles avec Martin Balsam (Psychose, Les Hommes du président) en vieux mafieux, Stuart Margolin (De l'or pour les braves, Un Justicier dans la ville) et Paul Koslo (Le Survivant, Point limite zéro).

Evidemment, tout cela n'est pas d'une finesse extrême, ni d'une crédibilité même effleurée, mais Le Cercle noir reste honnête si on le prend pour ce qu'il est : une oeuvre pas inoubliable, voire même assez anecdotique, mais petit polar plutôt bien rythmé et sympathique, qui révolutionne rien et ne compte pas parmi les pires films de Bronson (monolithique), qui saura, surtout en fin de carrière, multiplier les mauvais choix et capitaliser sur son image.

Nicolas Mouchel






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Image :
Le film est édité chez Sidonis Calista (avec un autre Bronson : Le Messager de la Mort) dans une version Blu-ray à l'image superbe, à la fois lumineuse et très contrastée. Les couleurs et le grain typiques du cinéma des années 70 sont respectés, le piqué précis, sans aucun défaut d'image. Du fort bel ouvrage et des conditions idéales pour se plonger dans le film.

 


Son :
Du bon travail de restauration également au niveau des deux pistes son (anglaise et française) en DTS HD 2.0, avec une restitution claire et précise des dialogues, l'environnement sonore n'est pas en reste avec une belle dynamique lors des scènes d'action (la poursuite voiture/moto), et des coups de feu qui claquent aux oreilles.

 


Interactivité :
Le film est passé au filtre des deux experts du cinéma le réalisateur Bertrand Tavernier et l'historien Patrick Brion. Tavernier n'y va pas avec le dos de la cuillère sur son rapport au cinéma de Michael Winner, dont il estime finalement assez peu la carrière. Mais il fait exception de ce Cercle noir, auquel il trouve d'incontestables qualités.
De son côté, Patrick Brion est plus enthousiaste et apporte quant à lui un éclairage plus historique sur le film et la carrière de Winner. Enfin, un module sur la carrière de Winner complète la section bonus, sous la forme d'un documentaire élégiaque proposant quelques extraits d'interviews et pas mal d'images captées suite à son décès, laissant planer un étrange parfum mortuaire sur ce document.

Liste des bonus : Présentation par Bertrand Tavernier (20') ; Présentation par Patrick Brion (10') ; Documentaire souvenir sur Michael Winner 1935-2013 (12') ; Bande-annonce originale (2'35").

 
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