BUFFET FROID
France - 1979
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Image de « Buffet froid »
Réalisateur : Bertrand Blier
Musique : Philippe Sarde
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français Dolby Digital 2.0 Mono
Sous-titre : Français pour sourds et malentendants
Durée : 95 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 1 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Buffet froid »
portoflio
LE PITCH
Dans une gare déserte du R.E.R., Alphonse rencontre un inconnu avec lequel il tente d’engager une conversation. Quelques minutes plus tard, Alphonse le retrouve avec un couteau planté dans le ventre. Il se retrouve alors entraîné dans une sombre histoire…
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Gris béton et béton gris

Profitant de succès populaires grandissants et d'un inattendu Oscar du meilleur film étranger pour Préparez les mouchoirs, Bertrand Blier réussit à lancer la production de Buffet froid, cadavre exquis à l'humour aussi acide qu'un retour de bile.

Fils biologique de Bernard Blier autant que descendant légitime du compère Michel Audiard, Bertrand Blier cultivait depuis ses débuts de réalisateur une certaine poésie de langue française, maniant le naturel fleuri d'un phrasé contemporain avec un sens assez poussé de la chronique absurde et déstructurée. Une logique qu'il va pousser à l'extrême dans ce scénario à priori infinançable dont il va accoucher à sa plus grande surprise en à peine deux semaines. Un accouchement facile et naturel dira-t-il ensuite dont la mise en forme ne sera possible que par la participation au projet de « monstres » du cinéma français s'emparant de situations totalement absurdes et de dialogues à froid avec une conviction et une décontraction virtuose. Gérard Depardieu en sociopathe fasciné par des crimes qu'il ne commet jamais, Bernard Blier en commissaire véreux (héros de la résistance !) en bout de route et Jean Carmet pleutre idéal mais aussi serial killer du pauvre venant tout juste d'étrangler l'épouse du premier.

 

les héros en ont raz la casquette


Un trio déconnant et râleur aux airs de pieds nickelés en mode clown triste autour duquel gravite quelques âmes aussi dérangées qu'eux, entre nympho bourgeoise allumée, médecin violeur, assassins gaffeur et un Michel Serrault fabuleux (et même pas crédité au générique) pour une séquence d'ouverture d'anthologie. Blier est ici au sommet de ses talents d'écriture, enquillant les échanges totalement surréalistes et les grandes vérités philosophiques « Ça sent le tabac... Et quand ça commence à sentir le tabac, ça veut dire que ça va bientôt sentir le roussi. J'aime pas beaucoup ça ». Qu'il était beau ce cinéma français là !

Surtout quand, comme dans Buffet Froid, ce qui pourrait prendre la forme d'un polar grisâtre, d'une sordide tournée dans une banlieue périphérique, est constamment désamorcée par un humour totalement frappé, une temporalité mouvante, des séquences bousculées et surtout la volonté d'emmener le film dans des enchainements impromptus. Du coq à l'âne ou de charybde en silla, Bier invoque la théâtralité d'Ionesco et les chorégraphies filmiques du Charme discret de la bourgeoisie de Buñuel (là aussi une vaste affaire de rendez-vous manqués), avec le chien et l'irrévérence des Valseuses. Quelques sorties de routes et impasses forcément dans ce programme aussi chargé que surréaliste, mais aussi - et c'est sans doute ce qui lui donne une certaine grandeur - une illustration enlevée d'un monde en construction (c'était il y a 40 ans), d'une société moderne déshumanisé, désarticulée où la mort n'est en l'occurrence plus qu'une vaste blague. Ou Carole Bouquet attendant son heure dans une barque dans une campagne lointaine et de toute façon trop froide. Et trop verte. L'un des meilleurs films de Blier et sans doute le plus libre de tous.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Là où Studio Canal est capable de proposer de sublimes copies HD travaillées à partir de nouveau scans, il est aussi capable d'exploiter jusqu'au bout des copies vieillissantes et datées. C'est malheureusement un peu le cas avec Buffet froid dont on reconnait immédiatement le master vidéo granuleux, parfois neigeux, nettoyé ici uniquement par le biais d'outils numériques. Si les plans en pleine lumière - ils sont rares - se montrent assez satisfaisant le reste affiche une définition en retrait et des matières fluctuantes. La colorimétrie a cependant été réetalonnée avec des rouges plus pimpants qu'autrefois et des gris mieux dessinés.

 


Son :
Retour comme pour les précédents DVD du petit mono d'origine. La restitution est sobre, franche et directe et se montre solidement nette et sans bavure. Ça aurait pu être plus fluide avec une restauration en bonne et dû forme et un DTS HD Master Audio en sus mais bon...

 


Interactivité :
Seul bonus disposé sur le disque, l'interview de Bertrand Blier est là même que celle présentée sur les éditions précédentes. Un seul bonus soit, mais une fois encore la fantaisie du bonhomme, son humour à froid et sa franchise en fond un moment précieux.

Liste des bonus : Entretien avec Bertrand Blier (24').

 
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