JET PILOT
Etats-Unis - 1957
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Jet Pilot  »
Genre : Aventure
Réalisateur : Josef Von Sternberg
Musique : Bronislau Kaper
Image : 1.77 16/9 Compatible 4/3
Son : Français & Anglais DTS-HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 112 minutes
Distributeur : BQHL
Date de sortie : 28 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Jet Pilot  »
portoflio
LE PITCH
Pilote émérite de l'U.S. Air Force, le colonel Jim Shannon est chargé de surveiller le lieutenant Anna Marladovna, une pilote russe qui prétend vouloir passer à l'Ouest mais qui pourrait bien être une espionne. Sans vraiment le vouloir, ils tombent amoureux l'un de l'autre…
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Top Gun

Dans le sillage de la très belle réédition des Anges de l'Enfer orchestrée par Elephant Films, BQHL nous offre, en catimini, une autre folie aérienne signée par le magnat excentrique Howard Hughes. Car, bien que le réalisateur « officiel » soit Josef Von Sternberg, ce Jet Pilot retitrée en France Les Espions s'amusent porte bien le sceau de l'avionneur controversé.

À en croire le générique d'ouverture, la seule star à pouvoir faire jeu égal avec John Wayne et Janet Leigh, c'est l'U.S. Air Force. Ce qui, d'emblée, fait entrer Jet Pilot dans le panier bien garni des films de propagandes anti-communistes. C'est même l'argument principal dont Howard Hughes se sert pour convaincre le Duke de rejoindre le projet. Ultra-conservateur, John Wayne voit là l'occasion de faire coup double : rendre hommage au courage des pilotes américains (et leurs formidables machines volantes) et convaincre le spectateur de ne jamais tomber dans le panneau du communisme soviétique. Pas vraiment orienté à gauche non plus, Hughes adhère à cet angle d'attaque mais préfère nettement se concentrer sur sa passion de toujours : les prises de vues aériennes et les mécaniques rutilantes. Le scénario n'est donc qu'un vague prétexte et Josef Von Sternberg (L'Ange Bleu avec Marlène Dietrich, s'il ne fallait en citer qu'un), alors âgé de 55 ans et en fin de carrière, n'est là que pour apporter une vague caution artistique et son savoir-faire dans la direction d'acteurs. S'il avait seulement su dans quoi il s'embarquait, le cinéaste d'origine autrichienne aurait sans nul doute décliné l'offre.

 

Retard au décollage


Débuté en 1949, le tournage de Jet Pilot s'achève avec un retard conséquent en 1951. Von Sternberg quitte le tournage au bout de sept semaines, certain d'en avoir fini, le scénario est constamment réécrit, de nouvelles scènes sont tournées par des mercenaires (dont Don Siegel) qui ne seront jamais crédités et l'ardoise s'élève à 4 millions de dollars. Mais le calvaire n'est pas encore terminé. Obsessionnel et fétichiste, Howard Hughes gardera le film dans ses locaux jusqu'en 1957 (!), ne cessant de le remonter, encore, encore et encore. Avec la vente de la RKO, c'est finalement Universal qui distribuera le film sous une pluie de critiques assassines et dans l'indifférence du public à qui l'on donne à admirer des ballets aériens déjà dépassés.


Jet Pilot méritait t-il un tel traitement, que ce soit en coulisses ou dans les salles de cinéma ? Certes non. Érotisée à outrance, la superbe Janet Leigh tient joliment tête au machisme cool de John Wayne et l'alchimie du duo est surprenante, constituant même l'attrait principal d'une histoire simpliste mais qui a le mérite de ne jamais se perdre en route malgré une durée de presque deux heures. Désuètes mais spectaculaires, les images aériennes ne manquent pas non plus d'intérêt. Au vu de son improbable conception, Jet Pilot laisse bien sûr un goût de « tout ça pour ça » inévitable mais il serait de mauvaise foi d'y voir un nanar irrécupérable.

Alan Wilson




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Image :
En dépit d'un fourmillement insistant sur certaines scènes en extérieur et autres acrobaties aériennes, le master est de toute beauté avec des couleurs vibrantes et des contours bien définis. De quoi se régaler les mirettes d'un Technicolor bien employé, en dépit d'un encodage qui génère de fugaces saccades.

 


Son :
Pas ou peu de souffle et des vrombissements d'avions à réaction qui ont la politesse de ne pas trop saturer si l'envie vous prend de monter le volume. Le relief est minimal mais la musique et les dialogues sont bien découpés.

Liste des bonus : Aucun.

 
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