AD ASTRA
2019 - Etats-Unis
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Ad Astra »
Genre : Science-fiction
Réalisateur : James Gray
Musique : Max Richter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais 7.1 DTS HD Master Audio 7.1, Français DTS 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 123 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa Home Entertainment
Date de sortie : 22 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Ad Astra »
portoflio
LE PITCH
L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.
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Vers l'infini

Texte de l'article

Auteur de l'article
Colonne de droite

Sept longs métrages en l'espace de vingt-cinq ans. On ne peut pas dire que James Gray soit un metteur en scène prolifique. Mais à qui la faute ? Certainement pas au talent du bonhomme mais le doigt est plutôt à pointer vers ses producteurs avec lesquels il a des relations compliquées depuis les scores frileux de ses films au box-office.

Néanmoins, son salut viendra non pas des studios mais des acteurs qui vont se bousculer à son portillon voyant en lui une aura d'auteur (dont Mark Wahlberg et surtout Joaquim Phoenix avec qui il tournera quatre films). Brad Pitt rentrera à son tour dans la danse avec sa compagnie Plan B. Il l'aidera par ce biais à financer son précédent opus The Lost City of Z pour arriver à cet Ad Astra, projets qui leur tenaient à cœur communément. Pas sûr que le film aurait pu se monter sans l'aide de son producteur acteur. Lui donnant les moyens de ses ambitions avec 80 millions de budget, Gray va pouvoir donner libre court à sa psychanalyse SF pour grand écran. Croisement freudien entre le 2001 de Kubrick pour sa mise en abîme et l'Apocalypse Now de Coppola pour sa quête identitaire. La barre est peut-être haute, mais le cinéaste ne souffre pas de la comparaison tant son œuvre s'inscrit dans sa filmo comme le prolongement métaphysique déjà bien entamé dans Lost City of Z.

 

carence émotionnelle


Le pitch a tout d'un parcours initiatique. Brad y interprète un astronaute chargé de retrouver son père aux confins du système solaire. Son rôle : le raisonner pour mettre fin à une menace mettant en péril la survie de l'humanité. Mais est-ce là l'intérêt de l'histoire ? Le cinéaste profite de l'itinérance de son personnage pour fractionner son film en étapes psychologiques sur ses propres interrogations à grand renfort de voix off. Dés le départ, il ne cache pas les anxiétés de son protagoniste s'interrogeant sur les masques que nous nous obligeons à porter face à nos contemporains. Ce rejet de l'autre ne fait que se confirmer dans le déroulement du film où la société de consommation, son marketing et son pouvoir capitaliste priment sur la communion entre les êtres. En cela, le cinéaste l'exprime au détour de scènes (entre la vente de t-shirts lunaires sur notre satellite, pillages de ses ressources par des pirates de l'espace aux magouilles des politiciens). Il couche sur pellicule un miroir de notre monde individualiste où sa solitude est on ne peut plus présente dans un monde hyper connecté. Cette isolation effective se ressent via la recherche de sources de vies intelligentes que l'on peut lire en filigrane tout au long du film. C'est d'ailleurs pour cette raison que le père de l'astronaute Roy McBride (Tommy Lee Jones en colonel Kurtz de l'espace) est parti dans l'espoir de trouver les réponses manquantes à la quête identitaire de l'humanité. Mais avant de rechercher la reconnaissance d'une vie extraterrestre, c'est avant tout celle de notre propre existence qui semble intéresser James Gray. Lui-même s'exprime dans les bonus par le vide que lui a causé la mort de sa mère alors qu'il était enfant. Manque qui le tourmente encore aujourd'hui et qu'il répercute sur son personnage principal. Ainsi, avant de rejoindre le vaisseau qui le mènera à son père, Gray le fera naviguer, immerger sous l'eau, simplement guidé par une corde qui le mènera vers la sortie. Ce cordon ombilical qui ne peut être coupé le relie à l'aigreur de son passé et de l'enfant abandonné qu'il était. Pitt dans Ad Astra refera les erreurs du père abandonnant sa famille pour sa mission. Finalement, il apprendra que son foyer laissé en friche ne pourra réellement exister qu'une fois avoir rencontré le père faussement idéalisé. Sa recherche paternelle lui renverra au miroir de lui-même auquel il pourra enfin s'affranchir avec son aval.

 

Sortir du gouffre


Cette recherche introspective ne pouvait pas se contenter d'un scénario en mode Robert Bresson. Pour cela, Gray sait s'appuyer sur tous les services artistiques mis à sa disposition pour magnifier sa vision. De la musique de Richter aux décors de Kevin Thompson, tout est pensé pour traduire les différents états d'esprit de son personnage. Que se soit sur la Lune, Mars ou Neptune, chaque planète a son code couleur et graphique. Au plus l'homme s'éloigne de son foyer (ici la Terre), au plus celui-ci se trouve dans des décors épurés et froids. L'homme espère trouver les réponses dans l'ailleurs alors que celles-ci sont souvent bien plus prêts. Au sein même du foyer que l'on s'est construit. Car la vie est celle que nous nous bâtissons et non pas celle que nos aïeuls nous ont légués.
James Gray semble trouver un début de réponse à sa quête identitaire. Car si son film a beau être perfectible par endroits, il se pose les bonnes questions sans jamais avoir la vantardise d'en avoir toutes les réponses.

Cédric Lemaire












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Image :
A toute bonne épopée spatiale, la perfection doit être de mise. Effectivement avec ses noirs profonds comme les états d'âme de son personnage, le film fourmille d'éclat à tout point de vue. Les étendus cosmiques révèlent une belle profondeur et les séquences rougeâtres et bleutées assument un piqué prodigieux. Tout est fait pour que le spectateur se perde dans la contemplation du film.

 


Son :
Dommage que la piste française ne puisse se comparer à la version DTS HD Master Audio 7.1 de la VO. Celle-ci nous fait passer aussi bien du spleen musical de Max Richter qu'aux vrombissements des navettes spatiales en plein décollage. Là aussi, l'expérience est immersive.

 


Interactivité :

Réalisé par Laurent Bouzereau qui pourrait faire office de label qualité en matière de making-of, celui-ci est contre toute attente en-deçà de ce que le film aurait pu mériter. Divisé en plusieurs modules, il s'attarde plus sur les différents métiers artistiques que sur un esprit d'analyse. Néanmoins le commentaire audio de Gray est assez riche en réflexions pour mériter un revisionnage.

Liste des Bonus : Commentaire audio, Scènes coupées (3'), Vers les étoiles (8'), Un homme nommé Roy (8'), L'équipage du Cepheus (9'), L'art de Ad Astra (11'), Atteindre les étoiles (7')

 
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