TOUS LES DIEUX DU CIEL
France - 2018
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Tous les dieux du ciel »
Genre : Fantastique
Réalisateur : Quarxx
Musique : Aucun
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Anglais
Durée : 97 minutes
Distributeur : Extralucid Films
Date de sortie : 18 février 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tous les dieux du ciel »
portoflio
LE PITCH
Simon, quarantenaire, travaille à l’usine et vit reclus dans une ferme décrépite. C’est un homme solitaire, en charge de sa sœur Estelle, lourdement handicapée à la suite d’un jeu qui a mal tourné dans leur enfance. Malgré ses remords et l’agressivité du monde environnant, Simon garde au plus profond de sa chair le secret espoir de sauver sa sœur en la libérant de la pesanteur terrestre. Et si leur salut venait des cieux ?
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Message fragmenté

Alors que les spécialistes (autoproclamés) annoncent encore et toujours la disparition du support physique un nouvel éditeur fait son entrée dans l'arène : Extralucid Films. Et, comme un acte militant, leur premier titre est un film de genre français Tous les dieux du ciel, projet étrange et atypique s'il en est.

Si déjà le cinéma de genre français, et le fantastique / horreur de surcroît, n'est pas forcément des plus célébrés sur notre territoire, un projet comme celui de Quarxx, le réalisateur, est sans doute plus risqué encore. Un film impossible à étiqueter tant il croise constamment et consciemment des influences variés et multiples et de tout façon une certaine idée de la fiction libre et chaotique. Autour de ce couple étonnant formé par un frère très perturbé mentalement, et une sœur défigurée et abîmée depuis un accident de pistolet dans leur petite enfance, où l'on ne sait jamais si on parle d'inceste, de romance déviante ou de séquestration, Tous les dieux du ciel fait graviter des notions de néoréalisme campagnard (entre Boisset et De Welz), de psycho-thriller malsain et de science-fiction absurde avec une liberté plus que rare. Du même ordre, les personnages secondaires (la petite fille, les voisins pouilleux, l'entreprise où travail Simon) viennent s'ajouter avec plus ou moins de naturel à un « couple » familial au bord de la rupture, parfois pour ajouter quelques notes d'humour gras à la Bernie Bonvoisin (d'où la présence amicale de Thierry Frémont sans doute), parfois avec une lourdeur qui frôle le misérabilisme, mais bien souvent avec cette sensation un peu gênante de collage, d'ajout qui tire un peu à la ligne.

 

atterrissage forcé


Une sensation de trop plein particulièrement notable dans le laborieux épilogue du film, se déroulant dans un monastère, dont le spectateur reconnaît une jolie esthétique gothique, mais se perd facilement dans des élans métaphysiques et nébuleux un peu poseurs. Pourtant si l'on éclaircie un peu la mosaïque, si on élague les excroissances inutiles, on découvre au cœur de Tous les dieux du ciel une petite perle noire : Un Ciel bleu presque parfait. Un moyen métrage tourné deux ans plus tôt, plébiscité dans les festivals du monde enter (du PIFFF à Sundance) auxquels Quarxx a justement ajouté des séquences supplémentaires pour lui donner une autre amplitude. C'est cette quarantaine de minutes qui est la plus impressionnante, la plus équilibrée, portée avec force par Jean-Luc Couchard (Dikkenek, Hero Corp) et Mélanie Gaydos (mannequin au visage marqué par une maladie génétique) et une sensation de proximité, d'étouffement qui en rendent chaque instant à la fois malaisant et poétiquement dérangeant. Une plongée totale dans une folie invasive, de plus en plus violente, où le seul espoir de Simon viendrait d'extraterrestres s'apprêtant à venir le délivrer de sa condition et guérir sa sœur. Il est évident que Quarxx maîtrise solidement le format court, sans doute moins le format long, mais la proposition n'en reste pas moins intriguante.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Sans reproche, le travail du nouvel éditeur Extralucid Films est extrêmement soigné avec une copie forcément limpide, nette et sans bavure. Réussissant à combiner les différentes atmosphères lumineuses, les cohabitations d'esthétiques, les violentes variations de lumière, le Bluray cajole sa définition avec un piqué solide et stable. Seuls quelques plans nocturnes se laissent envahir de blocs d'artefacts sur les contours mais il semblerait tout de même que ce soit dû directement aux caméras numériques et aux retouches post-prod.

 


Son :
Très agréable, le DTS HD Master Audio 5.1 français bataille parfois avec quelques prises de son fluctuantes mais réussit à donner une belle harmonisation à l'ensemble. Si les dialogues sont parfois un peu mangés, et le niveau général un chouia trop bas, les ambiances relèvent le tout avec une installation bien dynamique et enveloppante. Cela reste un film à petit budget, mais le mix est néanmoins plutôt efficace.

 


Interactivité :
Pour leur premier titre l'équipe d'Extralucid a clairement mis le paquet avec d'emblé un superbe packaging en forme de digipack cartonné et son fourreau ajouré du meilleur effet. A l'intérieur un livret reproduisant le livret presse de la sortie en salle, les deux DVD (film + bonus) et le Bluray. Et la liste des suppléments se montre aussi longue qu'intéressante avec le duo commentaire audio, fourni, et le long making of d'une heure qui retrace avec sincérité la naissance du long métrage. Interviews avant / après, images de tournage, on suit l'attente de financement, les petits moments de fatigues et les trouvailles à la débrouille avec beaucoup de plaisir. Un entrain communicatif qui est intacte dans l'interview supplémentaire du réalisateur (comme une sorte de résumé succinct de ses autres interventions) et celle du talentueux et toujours modeste David Scherer.

Mais le coffret n'aurait sans doute pas le même attrait s'il ne contenait pas les trois courts métrages de Quarxx : le totalement bordélique et hystérique Rasta Kamikaze, l'ultra glauque et effroyablement réaliste Nuit noire et bien entendu l'incontournable Un Ciel bleu presque parfait.
Un bel objet et un démarrage emballant pour Extralucid Films.

Liste des bonus : Un livret de 24 pages, Commentaire audio de Quarxx et Jean-Luc Couchard, Entretien avec Quarxx (15'), Entretien avec David Scherer (12'), Making of du film (59'), Scène ralongée, Les courts-métrages de Quarxx : Un ciel bleu presque parfait (45')/ Nuit noire (28') / Rasta Kamikaze Bang-Bang (20'), Scène allongée, Bandes-annonces.

 
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