HARLEQUIN
Australie - 1980
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Genre : Fantastique
Réalisateur : Simon Wincer
Musique : Brian May
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 95 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 6 mars 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Harlequin »
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LE PITCH
Homme très occupé, obsédé par sa carrière, le sénateur Rick Rast néglige sa femme Sandra et son fils Alex, atteint d’une grave leucémie. Un soir, un mystérieux inconnu parvient à entrer dans sa propriété, pourtant très bien protégée. Qui est-il ? Que veut-il ? Menant son enquête, il découvre que l’homme serait mort 20 ans plus tôt…
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Le sorcier

Symbole des plus belles heures de l'Ozploitation, Harlequin est aussi le chaînon manquant entre la plus honorable Nouvelle Vague australienne (dont Peter Weir est le plus généralement connu) et son versant moins sage du cinéma d'exploitation. Des origines modestes et une fabrication artisanale certes, mais des ambitions et des thèmes beaucoup plus nobles.

Mine de rien au milieu des survival sauvages, des actionners post-apocalyptiques et des expérimentations horrifiqueS, Harlequin détonne sérieusement en refusant appartenir clairement à un quelconque genre. Scénariste inspiré pouvant presque se vanter d'avoir aiguillé à lui tout seul l'ozploitation, Everett De Roche (Patrick, Long Weekend, Razorback...) retrouve le metteur en scène du thriller Snapshot afin d'évoquer un curieux personnage, Gregory Wolfe qui va entrer dans la famille du sénateur Rast après avoir guéri par miracle leur fils d'une leucémie. Un clown pour enfant, un magicien, un guérisseur et un gourou incarné par un Robert Powell toujours associé au Jésus de Nazareth de Zeffirelli, mais donc les doux traits de messie angélique sont plutôt à rapprocher de la légende de Raspoutine et de son impact sur la cour du Tsar. Une transposition moderne pour être exact (les parallèles sont nombreux et totalement volontaires) qui offre une ambiguïté considérable à une figure de séducteur, tour à tour shaman charismatique et sorcier noir inquiétant.

 

éminence noire


Sauveur ou croquemitaine, le film a l'intelligence de ne jamais vraiment trancher, usant tour à tour le personnage pour ses prouesses purement magiques (des séquences à effets spéciaux un peu datées malheureusement) que comme « lanceur d'alerte » auprès d'un homme (le David Hemmings de Blow Up et Les Frissons de l'angoisse) proche du plus haut poste du pays, mais conditionné par quelques alliés douteux. Toujours entre deux eaux, sans aucun personnage véritablement « héroïque », sans menace totalement identifiée, ce thriller politique aux airs de fable moderne, de conte pour adulte, impressionne par la justesse constante de son équilibre et l'intelligence de son propos. Un film habile, admirablement interprété avec en particulier le vétéran hollywoodien Broderik Crowford en vieux briscards de la politique, qui ne pèche finalement que par le manque de virtuosité du réalisateur. Quelques scènes bien senties (la première apparition dans la chambre du petit garçon, la séduction froide de la femme de chambre...), des cadres  bien posés, mais les jaillissements purement surnaturels ou le lent glissement vers un suspens plus « noir » manquent certainement d'emphase, d'une mise en scène plus jouissive. Futur réalisateur de DARYL, Sauvez Willy ou Crocodile Dundy 3, Simon Wincer ne sera d'ailleurs jamais aussi à l'aise que sur le petit écran avec, entre autres, d'excellents épisodes pour Les Aventures du Jeune Indiana Jones.

Manquant sans doute d'un visionnaire aux commandes, Harlequin n'en reste pas moins l'un des fleurons de cet âge d'or du cinéma australien. Une proposition et une expérience unique, une réflexion intemporelle sur le poids et l'autonomie, qui obtint lors du Xème Festival du film de Fantastique de Paris un triplé largement mérité : Prix du Jury, de la critique et meilleur acteur pour Robert Powell.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Sans être accompagné d'une restauration coûteuse et à la source, Harlequin nous parvient en HD avec une excellente tenue. Si on excepte le générique d'ouverture et les plans de trucages visuels, l'ensemble du métrage se montre d'une très nette propreté et d'une définition plus que convaincante. Il faut cependant bien prendre en compte les volontés photographiques initiales du film et son époque, puisque Harlequin cultive une palette de couleurs assez douces, presque fanées parfois, et est habité par une esthétique volontairement vaporeuse. Pas évident, mais la compression s'en sort parfaitement.

 


Son :
Plutôt sobre le DTS HD Master Audio 2.0 est là pour accompagner au mieux la version anglaise et son homologue doublé. Dans les deux cas, si la clarté est mieux marquée qu'autrefois, il faut forcément faire avec le matériel d'origine soit un rendu un peu distancé pour la vf et quelques moments un peu chaotique pour la vo. C'est tout de même cette dernière qui se montre la plus convaincante avec des ambiances beaucoup mieux marquées et un équilibre plus prononcé.

 


Interactivité :
Présenté à nouveau dans un digipack cartonné toujours aussi élégant, Harlequin par Rimini peut au passage se vanter d'être certainement la plus réussi visuellement des éditions du film disponibles actuellement dans le monde. Et ça c'est classe.
Le contenu n'est pas en reste avec le désormais habituel livret de 20 pages signé par Mac Toullec qui fait office de making of en prose, accompagné du côté des vidéos par des documents de sources disparates. Habitué des bonus de film de genre en Angleterre le critique Kim Newman se remémore en introduction la belle époque de l'Ozploitation et brosse un petit portrait du film, avant de laisser la place à une amusante (mais pas très pro) interview des acteurs Robert Powell et David Hemmings lors de la promotion d'époque. Le dernier segment, compilation d'entretiens avec le réalisateur, le comédien Gus Mercurio et très rapidement le scénariste, est un remontage de séquences enregistrés pour le fameux documentaire Not Quite Hollywood, avec comme à chaque fois de nombreux petites souvenirs partagés (dont les problèmes de pantalon de Broderick Crawford) et le récit d'un tournage à la dure.

Liste des bonus : Livret de 20 pages, rédigé par Marc Toullec, Interview du critique Kim Newman (15'), Interview d'époque des comédiens Robert Powell et David Hemmings (7'), Interviews de Simon Wincer, du producteur Anthony I. Ginnane, du scénariste Everett de Roche et du comédien Gus Mercurio (50').

 
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