5000$ MORT OU VIF
Taggart - Etats-Unis - 1964
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Genre : Western
Réalisateur : R.G Springteen
Musique : Herman Stein
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 25 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Kent Taggart appartient à une famille de pionniers ayant été assassinée sur l’ordre de Ben Blaser, tyran de la région, et ses hommes. Revenant venger la mort de ces derniers, il tue le fils de Blaser. Ce dernier lance alors un mandat d’arrêt contre Taggart et offre 5000 dollars à celui qui le retrouve
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I'm poor lonesome cowboy

Tourné en 1964, 5000$ Mort ou Vif (Taggart en V.O) est une anomalie anachronique dans la situation cinématographique de l'époque et particulièrement dans celle du western.

Le film de R.G Springsteen (aucun lien de parenté) est une série B produite par Universal pour concurrencer l'arrivée, avec succès, du western sur les petits écrans américains. Une production tout ce qui a de plus classique dans l'imagerie du western américain : un héros sans peur et sans reproche qui cherche à se venger, un méchant machiavélique, une romance et des méchants indiens. Le hic c'est qu'en 1964, ces ingrédients commencent vraiment à sentir le réchauffé, surtout que le western a commencé depuis quelques années à se métamorphoser pour épouser les questionnements des spectateurs de l'époque.
John Ford est en fin de carrière et il a sorti au cours de ces dernières années trois westerns qui ont profondément changé la vision des spectateurs du mythe de l'ouest américain. La Prisonnière du Désert en 1956, remettait en question la notion de l'héroïsme en la poussant jusqu'à l'absurde, L'Homme qui tua Liberty Valance en 1962 racontait l'importance des mythes américains même si ceux-ci étaient fondés sur des mensonges et la transition entre l'homme de l'ouest et le citoyen moderne. Et enfin Les Cheyennes, son ultime essai du genre, racontaient la vie d'une tribu indienne après la prise de leur territoire par les colons américains. Ces trois films devenus des classiques instantanés et mis en scène par LE réalisateur le plus emblématique du western américain sont des dates dans l'histoire du cinéma et des jalons qui font qu'on ne peut plus faire marche arrière dans les représentations de ces mythes. Le western doit changer et en 1964, justement, il va connaitre sa révolution la plus significative avec l'arrivée de Clint Eastwood, Sergio Leone et Ennio Morricone dans Pour Une poignée de Dollars.

 

pour une poignée de pièces jaunes


Dans cette époque de transition, il était donc impossible qu'un film comme 5000$ Mort ou Vif puisse connaitre le succès et fut enterré avec des centaines d'autres westerns de série qui n'avaient pas su suivre le changement d'époque. La ressortie du film en blu-ray nous permet donc de le juger un regard extérieur à l'époque et à l'évolution du genre, malgré son anachronisme, le film possède-t-il des qualités qui pourraient lui donner une seconde chance ? Malheureusement non.
En dehors de son scénario simpliste le film de Springsteen est d'une facture très (très) fainéante. Il enchaine les cadres peu inspirés et abuse de l'utilisation de nombreux stock-shots lors des scènes d'action, avec une intègration pas du tout homogène de surcroit. On passera donc de plans aux images très sombres et granuleuses à des plans colorés et clairs dans la même séquence, donnant un effet de rejet immédiat tant il est évident que les deux moments n'ont pas été tournés pour le même film. Les scènes d'action « complètes » ne sont pas plus convaincantes, tournées en cadre large de manière télévisuelles, elles ne sont jamais impliquantes ou impactantes. Un comble quand on pense que ces films étaient censés concurrencer la télévision.
Du côté des acteurs rien de bien fou non plus, passé l'amusement de voir un tout jeune David Carradine le temps de quelques scènes, le reste du casting ne va pas renforcer l'intérêt du spectateur. Le personnage principal incarné par le monolithique Tony Young en dégage aucun charisme et affiche la même expression qu'il soit en colère, blessé ou heureux. Face à lui l'antagoniste joué par Dan Duryea est, lui, sur le spectre opposé avec un cabotinage de tous les instants. On ne s'accrochera qu'au jeu de Dick Forea qui incarne Stark, le fermier, et qui « joue » simplement coincé entre ces deux extrêmes.

Le temps ne rend donc pas justice à ce 5000 $ Mort ou Vif, sortie certes à la mauvaise époque mais beaucoup trop faiblarde dans sa confection pour pouvoir être réévaluer à la hausse.

Benoit Llamazares






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Image :
Le master HD est très bien rendu, le grain n'est pas génant, les couleurs sont pétantes que ce soit pour les décors ou les costumes. Le bon rendu du transfert se sent malheureusement aussi lors de l'utilisation de stock shot en deviennent presque trop clairement visibles tant les différences de contrastes et de couleurs sautent à l'oeil.

 


Son :
La piste V.O bénéficie d'un très bon transfert DTS HD Master Audio, les voix et les bruitages sont clairs et la musique d'Herman Stein est très bien restituée. La piste VF elle, n'a pas bénéficié du même travail de restauration et l'on peut entendre des défauts de son et de souffle.

 


Interactivité :
Ce sont deux présentations de Patrick Brion que l'on retrouvera en bonus sur l'édition. La première concernera le film et le contexte (époque et industriel) dans lequel il a été confectionné. La deuxième présentation se concentre sur la vie de l'acteur Dan Duryea et Patrick Brion ne cache pas sa joie de parler de lui et raconte tout son parcours de son enfance à sa mort.

Liste des bonus : Présentation du film par Patrick Brion (9'), Présentation de Dan Duryea (12')

 
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