FLIC OU VOYOU
France - 1979
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Flic ou voyou »
Genre : Policier
Réalisateur : Georges Lautner
Musique : Philippe Sarde
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Studio Canal
Date de sortie : 1 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Flic ou voyou »
portoflio
LE PITCH
À Nice, le commissaire Bertrand est retrouvé assassiné dans une chambre d’hôtel. Stanislas Borowitz, un inspecteur de la « police des polices » aux méthodes particulièrement expéditives, est appelé à enquêter sur le meurtre. Il va découvrir que l’affaire inclut la mafia niçoise mais aussi des policiers ripoux. Afin de les confondre, Stanislas va infiltrer la bande de malfrats. Rapidement démasqué, sa fille Charlotte se fait enlever. Il décide d’employer la manière for...
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Les professionnels

Alors déjà bien installé à sa place de trésor national, de fierté du cinoche bien de chez nous, Belmondo va battre tous ses records avec Flic ou Voyou et 4 millions de spectateurs et une fière place de 4ème au box office sur l'année 1979. Après rien d'étonnant. Lautner / Audiard / Bebel c'est même plus du divertissement : c'est une machine à gagne.

Les Mariés de l'an deux, Le Magnifique, Peur sur la ville, L'Incorrigible, L'Animal... les années 70 ont été généreuses avec Jean-Paul Belmondo véritable star hexagonale qui enchaîne gaillardement les comédies, les films d'action, les polars populaires sans faiblir. Mais après une petite pause de deux ans d'une retraite bien méritée l'acteur revient avec ce Flic ou Voyou projet entièrement conçu par ses soins comme un nouveau véhicule à sa gloire. Une méthode d'acteur / producteur que maîtrise déjà l'ami / concurrent Alain Delon à qui il va directement emprunter le réalisateur de son précédent Mort d'un pourri, excellent polar nihiliste installant d'emblée la figure froide et vindicative du Alain Delon à venir. Ce réalisateur en question n'est pas un jeune fou venu de la nouvelle vague, mais bel et bien l'artisan immuable Georges Lautner, pratiquant confirmé d'un cinéma hexagonal sans frontière de genre et de ton, dont on est pas prêt d'oublier le mythique Les Tontons flingueurs. Pas un auteur proprement dit non, mais un cinéaste à la technique irréprochable, un bourlingueur dont on reconnaît totalement le mélange allégro entre la comédie rigolarde (des baffes, des gags irrésistibles, une bagnole qui entre par le mur côté jardin...) et un fatalisme teintant le tout d'une certaine noirceur.

 

c'est ça le talent !



«Les vingt ans que tu vas prendre, c'est'un peu la médaille du travail qu'on va te remettre».
Une fois encore accompagné par son compère Michel Audiard aux dialogues. Ecrasant (sauvant ?) par sa plume un scénario assez bordélique, il dote Flic ou voyou d'une gouaille imparable, d'un humour ravageur et d'une certaine poésie linguistique qui fait ressembler l'argot à de la grande littérature. Du miel pour Belmondo qui s'engouffre dans ce phrasé flamboyant, théâtrale presque, pour livrer à chaque scène de monstrueuses prestations, excessives, gourmandes et irrésistibles qui inscrivent définitivement sa gueule de fripouille au grand cœur, de justicier irrévérencieux, au panthéon des héros du 7ème art franchouillard. Un délice qui enquille les scènes cultes entre joutes verbales et poursuites, castagnes et cascades de casse-cou (réglées par Claude Carliez et Rémy Julienne mais pratiquées par Bebel cela va de soi), où Lautner réussit le petit miracle de ne jamais se faire bouffer par sa star. Amoureux des bons mots et des acteurs, il équilibre le tout par un casting de seconds rôles tout aussi généreusement doté, jubilatoire souvent, où brillent des valeurs sûres comme Michel Galabru (et sa tirade sur les croissants) en commissaire débonnaire, George Géret en grand criminel dépassé, Jean-François Balmer en ripoux sirupeux et même une Marie Laforêt piquante en bourgeoise qui se retrouve malgré elle au poste de belle-mère temporaire. La liste est longue et correspond plus ou moins à ce que va rapidement devenir la famille Belmondo, trognes et talents qui rempileront les années suivantes. A l'instar de Lautner qui ajoutera à son palmarès Le Guignolo, Le Professionnel (un autre summum), Joyeuses pâques et L'Inconnu dans la maison. Toc, Toc Badaboum la machine Belmondo est lâchée sur les années 80 !

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
A l'occasion de cette sortie Bluray (en exclu Fnac depuis de nombreux mois), Studio Canal a manifestement investi dans une restauration complète. Si cela n'est pas acté sur la jaquette, le film a connu un nouveau scan à la source, un nettoyage complet des cadres et une stabilisation des images. Le résultat est souvent bluffant avec un piqué très marqué et des contrastes joliment dessinés. Malheureusement la copie semble souffrir du même problème que les récents Bluray 4K de Bruce Lee (chez HK Vidéo) avec un voile jaunâtre plus ou moins présent en fonction des scènes. Celui-ci affecte alors régulièrement la photographie, et vient surtout adoucir des noirs qui semblent alors un peu plats.

 


Son :
Restaurée, nettoyée et rééquilibrée, la piste DTS HD Master Audio 2,0 est tout simplement idéale pour profiter pleinement du débit de ces dames et messieurs, des échos chantants d'Audiard mais aussi de la bande sonore de Philippe Sarde (avec Chet Baker à la trompette) à la fois menaçante et enjouée, mais constamment noble et virtuose dans ses orchestrations. Un petit bijou qui est loin d'être anecdotique dans la réussite de Flic ou voyou.

 


Interactivité :
Studio Canal reprend la courte rencontre avec le réalisateur qui était déjà venu complété une ancienne édition DVD. Tourné en SD donc, l'interview évoque sobrement les souvenirs d'un tournage carré mais détendu, les prises de risques de l'acteurs et l'adaptation très libre du roman de Michel Grisolia (L'Inspecteur de la mer). Plutôt intéressant mais un peu court. On aurait aimé que depuis le temps l'éditeur français en ait profité pour concocter un véritable making of plus complet. Ou pour effectué une présentation des deux scènes coupées connues dont il ne subsiste que quelques photos et de très rapides images de tournage.

Liste des bonus : Entretien avec Georges Lautner (8').

 
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