NEVER GROW OLD
États-Unis, Irlande, Luxembourg, Belgique, France - 2019
Image plateforme « DVD »
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Genre : Western
Réalisateur : Ivan Kavanagh
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Digital 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 100 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 3 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Etats-Unis, 1849. Le pasteur de la petite ville de Garlow vient d’en expurger toutes les tentations du Malin. Plus d’alcool, plus de jeux, plus de prostituées. La plupart des commerces, dont celui du croque-mort, connaissent une crise sans précédent. Jusqu’à l’arrivée de trois hors-la-loi.
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Trentes pièces d'argent

Cela fait maintenant quelques décennies que le western se fait rare. Mais c'est pour mieux revenir, plus féroce que jamais, dans des pellicules de la trempe du traumatisant Hostiles de Scott Cooper, qui repousse les limites du genre dans ses derniers retranchements, dans des drames crépusculaires hantés par le fantômes de Ford et Peckinpah (Comancheria) ou encore dans des tentatives européennes, certes moins argentées mais tout aussi intéressantes, tel ce Never Grow Old, sorti dans l'indifférence générale en août dernier mais qui mérite largement qu'on y revienne.

Une chose a changé, depuis quelques années, autour du Western aussi. La façon de l'appréhender, de s'en approcher par le petit bout de la lorgnette, ou du moins via une perspective et des personnages sinon nouveaux du moins inédits. C'est ainsi qu'ici le héros du film n'est autre que le croque-mort de la petite ville de Garlow (Emile Hirsch dans son meilleur rôle depuis un bail), un Irlandais qui se fond dans le décor avec sa femme française (Deborah François, solide) et leurs deux enfants. Une ville depuis peu passée au karcher de la religion mais qui crève à petit feu. Le saloon se vide, le shérif prend du poids et le croque-mort n'a plus personne à enterrer. La misère n'est pas loin mais la Californie, terre promise d'abord visée par la famille d'immigrés, semble elle de plus en plus hors d'atteinte.
Il veut partir. Elle souhaite rester. Le hasard va alors redonner du travail au fossoyeur et, pour quelques piécettes et beaucoup de morts, faire refleurir son commerce mais faire de lui, aux yeux des siens, une sorte de Judas. L'ironie du sort.

 

de peur et de boue


Si Western rime souvent avec grands espaces et liberté, l'Irlandais Ivan Kavanagh (déjà six films à son actif) le veut lui claustrophobe et paranoïaque. Durant plus d'une heure trente, jamais ses protagonistes ne quitteront leur petite bourgade perdue, ou alors de nuit, sous une pluie battante et les pieds dans la boue. Une sorte de cloaque sans issue ou le mal va donc s'immiscer comme une maladie rampante (sous les traits de John Cusack, parfait en Pale Rider maléfique). Le scénario assène alors les thèmes rabâchés de la religion et de ses fameux péchés capitaux mais au travers d'une galerie de personnages qui vont tous peu à peu glisser d'un côté ou de l'autre de leur propre frontière morale. Le shérif bedonnant et couard va devoir trouver le courage de s'ériger contre l'injustice, le pasteur sensé représenter la « civilisation » sur une terre autrefois sauvage va commettre l'irréparable (une des meilleures scènes du film) et le héros choisir entre sa réussite sociale et le bien-être de sa famille.
Si à l'issue de son générique Never Grow Old ne restera probablement pas éternellement en mémoire et n'offre finalement rien de bien nouveau dans son fond et sa forme (au contraire des films précédemment cités), il réussit néanmoins le pari de livrer une vision de l'Ouest (obscure et sombre, que les aficionados sont en droit de rejeter) dans lequel ses acteurs campent des personnages solides dont le sort et les interactions arrivent à intéresser ses spectateurs jusqu'à sa sanglante conclusion.

Du genre de ses pelloches un peu oubliée mais qu'on finit toujours par retrouver avec plaisir. Une réussite en soi.

Laurent Valentin






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Image :
Sorti en catimini durant l'été 2019, le film vit sa deuxième naissance de la même manière sur petit écran. ESC ne le proposant pour le moment qu'en DVD. Une sortie technique qui n'empêche pas la galette de proposer une image très correcte, qui offre une palette de noirs à la profondeur parfois insondable. Des noirs, il en sera d'ailleurs beaucoup question, mieux vaut alors découvrir le film dans le noir complet pour profiter au mieux de son univers visuel très très sombre.

 


Son :
Des deux pistes présentes (aussi bien en Français qu'en Anglais), on préférera bien évidemment le Dolby Digital 5.1, ample et puissante, qui claque et livre une foultitude de détails à l'oreille. Béquille parfaite pour cette image privée de 1080p.

 


Interactivité :
D'abord une featurette qui propose une sorte de montage des coulisses du tournage mais sans paroles et sur le thème très mélancolique du film. Sans intérêt. La suite est plus intéressante car elle donne la parole à Emile Hirsch et Ivan Kavanagh lors de deux entretiens qui reviennent sur plusieurs éléments du film et de sa conception : son tournage en Irlande, les films qui ont inspiré son réalisateur... Rapide mais intéressant.

Bonus : Coulisse du tournage (4'37), Entretien avec Emile Hirsch (7'23), Entretien avec Ivan Kavanagh (16'24).

 
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