HALLOWEEN III
Halloween III : Season of the Witch - Etats-Unis - 1982
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « Halloween III »
Genre : Horreur
Réalisateur : Tommy Lee Wallace
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 98 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 1 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Halloween III »
portoflio
LE PITCH
Il se passe des choses bien étranges à Santa Mira, petite ville d’apparence tranquille. Suite à l’assassinat de l’un de ses patients, le Dr Daniel Challis vient y enquêter, accompagné d’Ellie Grimbridge, la fille du défunt, déterminée à retrouver les coupables. La présence d’un masque de Halloween près de l’homme assassiné conduit le duo jusqu’à l’usine de jouets dirigée par l’inquiétant Conal Cochran, protégé par une garde rapprochée d’androïdes…
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Myers No More 

Vilain petit canard d'une série qui n'est pourtant plus à une plume prêt aujourd'hui, Halloween III fut une amère déception pour les fans qui attendaient docilement le retour de Michael Myers. Rejeté collégialement, l'idée saugrenue de John Carpenter était pourtant loin d'être mauvaise.

Débarrassé comme il se doit de Myers et du Docteur Loomis dans le final de cet Halloween II auquel il n'attachait que peu de sympathie, Carpenter eu l'étrange idée de s'emparer du titre à succès pour l'entrainer vers des rives totalement inédites : et si Halloween devenait une franchise anthologique proposant chaque année un film indépendant se déroulant durant la fameuse fête. Inconcevable manifestement pour une grande partie la critique de l'époque. Une trahison pure et simple pour un public déjà accro aux massacres à la chaine de Jason & co. et qui se sentira floué... Pourtant ce projet est sans aucun doute le plus ambitieux et risqué depuis le classique de 1978, déviant frontalement du slasher pour embrasser un cadre horrifique beaucoup plus sinueux, mélangeant gaillardement science-fiction et mythes celtes pour offrir un angle nouveaux et contemporain à la fête d'halloween. Un temps envisagé pour un Joe Dante (arghhh) tout juste remarqué pour Hurlements, et rédigé dans sa première version par le mythique Nigel Kneale, créateur de la saga Quatermass, Season of the Witch ou Le Sang du sorcier, il finit dans l'escarcelle de Tommy Lee Wallace futur réalisateur des sympathiques Vampire vous avez dit vampire II et ça version téléfilm), déjà scénariste de l'excellent Amytiville II mais aussi et surtout directeur artistique sur Dark Star et monteur de talent sur Halloween et Fog. Un collaborateur et un ami de longue date de Big John qui poussera le vice lorsqu'il dirigera la seconde équipe de Jack Burton à participer à la fameuse chanson titre en intégrant les inoubliables The Coups de Villes.

 

trick or treat


Au-delà des anecdotes, il y a entre les deux hommes une véritable compréhension et sensibilité proche qui frappe aux yeux dès les premières minutes d'Halloween III. Non pas uniquement pour la bande originale électronique et crépusculaire d'un duo Carpenter / Alan Howarth en pleine possession de ses moyens, mais aussi pour l'utilisation d'une lumière savamment dosée, d'une gradation maitrisée du suspens, un traveling lent et fluide qui font entrer le spectateur dans un mystère qui malgré son apparente décontraction tend directement vers les opus apocalyptique du maitre : The Thing, L'Antre de la folie et surtout Prince des ténèbres auquel il ressemble tant. A mi-chemin entre le modèle L'invasion des profanateurs de sépultures et Invasion Los Angeles, avec une bonne dose d'humour noir et un gore hérité des Contes de la cryptes, le film de Tommy Lee Wallace renoue d'ailleurs intelligemment avec un cinéma de genre politisé, où la fable la plus improbable (parce qu'ici c'est souvent capillotracté) se marie constamment avec la satire à peine déguisée : celle de la société de consommation, d'une télévision ne déversant plus que des flots de pubs (aaah ce jingle insupportablement inoubliable) et plus largement de l'Amérique de l'ère Reagan. Série B parfois rattrapée par ses origines relativement artisanales, ses multiples réécritures et un concept commercial auquel personne ne croyait, Halloween III reste pourtant un film fantastique bourré d'idées et d'une volonté évidente de sortir des sentiers battus. A l'époque cela ne lui avait pas réussi et c'est bien dommage.

Nathanaël Bouton-Drouard




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Image :
Moins percutant encore que la copie d'Halloween II, le transfert HD d'Halloween III date déjà de 2012 et aurait certainement depuis mérité un nouveau scan (2K ?) du négatif pour retrouver un peu de sa superbe. Ici tout a été restauré en utilisant des outils numériques (nettoyage, filtres, léger dégrainage...) et malheureusement cela se sent dans le manque de profondeur récurent, les noirs à la stabilité aléatoire et dans quelques effets d'halo. Pas des plus performant donc, mais tout à fait convenable tout de même grâce à une propreté éprouvée et un piqué tout à fait honorable, voir bien marqué dans les scènes en pleine lumière.

 


Son :
Pas de folies, seules les stéréos d'origine sont proposées sur la galette, mais avec un DTS HD Master Audio 2.0 qui fait bien. Dans les deux cas, les mixages ont été nettoyés et légèrement rééquilibrés permettant une restitution sobre mais efficace. La version doublée plutôt sympa manque forcément de naturel, là où la version originale sait beaucoup mieux mettre en avant les compositions tendues de Carpenter.

 


Interactivité :

A l'instar du digipack consacré à Halloween II, Le Chat qui fume a beau avoir repris le travail technique et éditorial du collègue américain Shout Factory, certains suppléments ont été laissés de côté comme les deux commentaires audios (réalisateur d'un côté, casting de l'autre) où le reportage très anecdotique sur les lieux du tournage. L'essentiel, soit le solide making of rétrospectif, est heureusement présent avec une fois encore un retour très francs et amusé sur les origines des projets, la confection du scénario, l'échec commercial, le rejet du public, mais aussi l'ambiance détendue d'une production presque familiale et la sensation de livrer une proposition originale. Toujours aussi intéressant, Eric Peretti vient dans sa présentation, non pas pour répéter les même informations, mais bien approfondir certains points, en particulier la participation non créditée mais incontournable de Nigel Kneale à l'écriture.

Liste des bonus : Halloween 3 par Éric Peretti (21'), « Autonome » Le making of de Halloween III (33'), Bandes-annonces.

 
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