SCARY STORIES
Scary Stories to Tell in the Dark - Etats-Unis, Canada - 2019
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Horreur
Réalisateur : André Øvredall
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 107 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 4 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans un manoir abandonné, un groupe de jeunes trouve un livre qui raconte des histoires terrifiantes. Mais cette trouvaille n’est pas sans conséquence : la lecture du livre permet à ses effroyables créatures de prendre vie… La petite ville va alors faire face à une vague de morts particulièrement atroces, et chacun devra affronter ses pires peurs pour sauver les habitants et arrêter ce carnage.
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Storytellers

Porté par un Guillermo Del Toro omniprésent, ce Scary Stories, adaption de trois recueils presque inconnus chez nous, a rapidement été rangé dans le revival 80's et ces films popcorns pour gamins qui aiment se faire peur. Un peu trop rapidement sans doute, car le nouveau film d'André Øvredal est bien plus sincère que cela.

Inédits en France (étonnant ?), les Scary Stories to Tell in the Dark imaginées par Alvin Schwartz et illustrées par Stephen Gammel, sont une institution chez les jeunes lecteurs anglo-saxons, sans doute autant séduits par les petits relents macabres et dérangeants des nouvelles que par ses multiples interdictions et évictions de certaines bibliothèques scolaires. De vrais petits moments de pétoches, auxquels des artistes comme Tim Burton ou Guillermo Del Toro ont souvent fait référence dans leur cinéma. Cela tombe bien, c'est ce dernier, auteur du Labyrinthe de Pan ou Crimson Peak, qui est à l'origine de cette adaptation cinéma qu'il cajole depuis quelques années déjà, imaginant potentiellement une mini-franchise et un rendez-vous popcorn régulier. Producteur mais aussi co-scénariste, il soigne clairement l'objet créant un hommage accessible, une reprise en règle de quelques-uns des contes les plus célèbres (l'épouvantail, l'orteil du troll) en esquivant la facilité de l'anthologie, du film à sketch. Ici ces légendes urbaines, ces petits cauchemars à raconter au coin du feu s'écrivent littéralement devant les héros qui en deviennent les infortunées victimes. Un entrelacement malin et assez poétique qui porte indéniablement la marque de Del Toro, jusque dans cette illustration touchante et sensible d'une bande de gosse en marge dans cette Amérique des 60's, et qui renvoient autant à l'esprit des productions Amblin qu'au versant plus inquiétant des romans de Stephen King (au hasard ça).

 

une page après l'autre


Menée par un adorable Zoe Margaret Colletti, la petite bande sonne juste, loin des caricatures nostalgiques d'un Stranger Thing, auquel Scary Stories se refuse de ressembler, esquivant la drague nostalgique, la comédie facile, la décontraction à la cool, pour une aventure d'autant plus sombre qu'elle prend pied, comme le récent La Forme de l'eau, dans une réalité sociétale et politique loin de l'enchantement étoilé. Un mélange de spectacle gothique et d'encrage réel que maitrise déjà le réalisateur André Øvredal depuis le documenteur Troll Hunter et l'atmosphérique The Jane Doe Identity. D'une certaine façon, il est encore question de récréer et d'intégrer dans notre monde une mythologie fantastique. Et sur ce point le cinéaste se montre habile dans les contrastes crées entre les scènes « normales » et les apparitions successives de croquemitaines d'autant plus graphiques et percutants qu'ils ont été conçus en majeure partie en latex et maquillages plutôt qu'en images de synthèse. Reprenant superbement les designs étranges de Gammel, ces apparitions restent les grands moments d'un Scary Stories soigné, légèrement onirique et qui peut clairement faire son petit effet sur sa cible principale : les pré-ados. On pourra sans doute regretter une dernière partie bien plus classique et trop sage avec ses révélations prévisibles et pas forcément pertinentes, mais ce croisement entre le macabre référentiel de Trick'r Treat et la fraicheur des Chair de poule a les moyens de devenir un rendez-vous de gosse.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Capturé sur diverses caméras Arri Alexa, Scary Stories a de prime abord toutes les qualités d'un transfert numérique de dernière bourre : les couleurs sont pimpantes, les contrastes tranchants, la définition impeccable... Mais étrangement le master français semble avoir un petit souci de compression faisant apparaitre dès que la luminosité baisse des amas d'artefacts, des paquets dans les ombres ou sur certaines matières d'arrière-plans. Un défaut visible qui ne fait pas honneur à une photographie très portée sur les ombres.

 


Son :
Aucune réserve cependant du côté des deux pistes DTS HD Master Audio 5.1 qui proposent un spectacle sonore d'une redoutable efficacité. Echo d'un film à la fois solide et ludique, les mix développent des ambiances aussi subtiles que massives, jouant habilement sur les ambiances angoissantes (le vent dans les plans de maïs, l'écho dans les couloirs de l'hôpital...) et les jaillissements plus crispants de monstres pour enfants. Dynamique et très efficace.

 


Interactivité :

Un peu court pour un film estampillé Guillermo Del Toro, les suppléments glissés sur les Bluray du film (en France et ailleurs) préfèrent brosser rapidement quelques points attendus (les designs, le choix des histoires, de rares images de tournages...) plutôt que d'installer un making of conséquent. L'occasion tout de même d'apercevoir quelques illustrations de Stephen Gammell, et de découvrir au détour d'une interview un Del Toro dirigeant directement une scène... Ah tiens.

Liste des bonus : « Histoires effrayantes » (5'), « L'horreur à l'ancienne » (5'), « Le manoir des Bellows » (4'), « Les créatures des ténèbres » (12'), scènes de tournages (5').

 
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