LE CONTE DU TSAR SALTAN
Skazka o tsare Saltane - Сказка о царе Салтане - Russie - 1967
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Réalisateur : Aleksandr Ptushko
Musique : Gavriil Popov
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Russe 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 85 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 7 janvier 2020
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Le tsar Saltan choisit son épouse parmi trois sœurs. Tandis que la cadette devient tsarine, les deux aînées, pleines de jalousie, font tout pour lui nuire. Alors que le tsar est parti guerroyer, la tsarine met au monde le prince Gvidon. Avec l’aide du traître conseiller, les deux sœurs parviennent à se débarrasser de la mère et du fils en les jetant à la mer dans un tonneau. Naufragé sur l’île de Bouïane, le prince grandit à une vitesse déconcertante. Un jour, il sauve un cygn...
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le lac du cygne

Grand maître du cinéma fantaisiste russe, et artiste encore bien trop méconnu dans les pays de l'ouest, Aleksandr Ptushko livre avec cette adaptation du célèbre conte de Pouchkine sont film le plus ouvertement naïf et enchanteur.

Le spectateur un tant soit peu curieux a tout de même constamment en tête l'image d'un cinéma russe relativement austère, froid, contemplatif et surtout politique, véhicule plus ou moins volontaire de la propagande du parti ou Cheval de Troie courageux. Même si on peut parfois dénoter quelques petites critiques de ses contemporains par le biais implicite des fables choisies, l'œuvre de Ptushko tranche clairement en proposant des voyages enchantés, magiques, piochant dans les légendes locales (mais aussi dans le corum universel avec un Sinbad et un Gulliver) pour explorer un cinéma artisanal dont l'ADN remonte jusqu'à Méliès. La Fleur de pierre, Les Voiles écarlates, Le Tour du monde de Sadko, Le Géant de la steppe, relèvent d'un penchant fantastique et aventureux qui n'aurait pas dénoter chez le concurrent hollywoodien. Avant dernier film du cinéaste, Le Conte du Tsar Saltan serait même à ce titre son essai le plus ouvertement enfantin balayant toute crédibilité ou plausibilité au profit d'une illustration excessivement naïve du célèbre texte d'Alexandre Pouchkine.

 

transformations


Il est donc question d'un gentil roi trop confiant manipulé par quelques croquants mal intentionnés, dont la femme et le fils vont survivre par magie à une noyade dans un tonneau pour accoster sur un royaume dont ils deviendront les généreux monarques. C'est une histoire de retrouvailles attendues où se croisent écureuils dansants, armée de géants, villages ensorcelées et cygne qui se transforme en jolie fée gracile interprétée par la célèbre danseuse du Bolshoi Kseniya Ryabinkina... Future princesse lumineuse qui va faciliter bien entendu le happy-end. Une production familiale, qui dans ses débordements de gentillesse, sa narration enfantine (la nuit de noces qui tourne au picoti-picota, le chagrin du roi qui emporte toute son armée...) et son opulence de couleurs et de décors hors du temps se donne clairement des airs de dessin animé live. Un rendu premier degré pas forcément aux goûts de tous (les plus vieux), mais particulièrement rafraîchissant et adapté à son jeune public, et qui porte indéniablement le savoir faire d'Aleksandr Ptushko, ancien maître de la stop-motion au même rang que Willis O'Brien et Ray Harryhausen. Il délaisse ici l'animation traditionnelle proprement dîte, mais en préserve tous les charmes grâce à une succession ininterrompue de tableaux à la photographie chamarrée, aux compositions grandiloquentes et aux trucages optiques impressionnants pour l'époque. Magique.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Production largement plébiscitée dans les pays de l'est Le Conte du Tsar Saltan a profité d'une restauration luxueuse à partir d'un nouveau scan 2K. Les couleurs sont vives et pimpantes, les contrastes bien dessinés et les quelques nettoyages plus ou moins lourds ont réussi à préserver les effets de profondeur autant que le doux piqué de la pellicule. Comme beaucoup de film à nombreux trucage visuels à l'ancienne le film montre quelques séquences plus neigeuses et moins stables mais rien d'étonnant.

 


Son :
Les mono d'origine sont tout logiquement proposé ici avec une version russe tout à fait propre, équilibrée et efficace. Le doublage français lui se montre beaucoup moins convaincant avec un rythme de traduction un peu éreintante et des décalages labiaux daté. Mais comme c'est un film pour enfant il faudra faire avec.

 


Interactivité :
On pourra regretter l'absence de bonus vidéos sur les disques autres que les traditionnelles galerie d'image et bande annonce d'époque, mais le Mediabook d'Artus recèle un livret d'un peu moins de cent pages qui comble efficacement les manques. Rédigé par Nicolas Bonnal (Le Paganisme au cinéma, Les Mystères de Stanley Kubrick...) ce dernier creuse autant la voie des thématiques des contes de Pouchkine (avec d'ailleurs l'intégralité du conte en conclusion), que la carrière et l'approche visuelle du cinéma de Ptouchko. Un petit coté cahier pédagogique qui pourrait intéresser les parents et les instituteurs.

Liste des bonus : Livret 96 pages rédigé par Nicolas Bonnal : Alexandre Ptouchko et le Tzar Saltan : la condition initiatique au cinéma, Diaporama, Bande-annonce.

 
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