THE MANIAC
Maniac - Royaume-Uni - 1963
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Maniac  »
Genre : Thriller
Réalisateur : Michael Carreras
Musique : Stanley Black
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HM Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 86 minutes
Distributeur : ESC Distributions
Date de sortie : 26 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Maniac  »
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LE PITCH
Dans le sud de la France, un peintre américain entretient une relation amoureuse avec une tenancière de bar. Cette dernière lui demande de l’aider à faire évader son mari, enfermé dans un asile pour un sordide meurtre au chalumeau, en échange de quoi elle sera sienne pour toujours. Une tâche peu aisée pour un modeste peintre, mais le jeu en vaut la chandelle. Si seulement tout pouvait se passer comme prévu…
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Grandes marées

Les grands films d'épouvantes gothiques d'un côté, les thrillers psychologiques de l'autre, la Hammer surfait sur les succès en ce début des années 60 et semblait pouvoir se permettre tous les outrages. Et The Maniac s'en donne à cœur joie.

On est pourtant loin du projet dissident puisqu'il est directement orchestré, produit et réalisé par Michael Carreras, fils du fondateur de la Hammer, dont la femme avait trouvé le sud de la France particulièrement agréable lors du tournage du précédent Hurler de peur. Le bon mari commanda alors un scénario dans la même veine à l'incontournable Jimmy Sangster qui s'empressa de mélanger joyeusement les effluves des Diaboliques de Clouzot, la mécanique du Psychose d'Hitchcock et le souffre du Lolita de Kubrick dans le décor bucolique et ensoleillé de la belle Camargue. Exotique pour les anglais, étrange pour les français The Maniac a tout dans ses grandes lignes du fameux thriller psychologique en noir et blanc de série, mêlant quelques ingrédients visuels du cinéma d'horreur (la vieille cabane à outils qui s'éclairen la nuit), le triangle amoureux un poil amoral et bien entendu une construction en poupée gigogne où les révélations s'enchainent quitte parfois à perdre un peu le spectateur en route. Film de série soit, mais fabriqué avec amour par les artisans de Carreras, qui le dotent d'une photographie ultra léchée imaginée par Wilkie Cooper (Le Grand alibi, Jason et les Argonautes), d'un casting carré, d'une réalisation élégante... Et d'une atmosphère particulièrement malsaine.

 

"ils sont fous ces français"


Le cadre refermé du petit village bien tranquille est rapidement le théâtre de pulsions sexuelles refoulées, de regards de biais et de violences qui ne demandent qu'à exploser. La séquence d'ouverture, en forme d'uppercut à l'estomac, reste sans doute la meilleure performance du film décrivant avec une musique yéyé particulièrement enjouée l'enlèvement et le viol d'une gamine de 15 ans et la vengeance au chalumeau du père de cette dernière. Un meurtre hors-champs mais aux hurlements tout à fait suffisants. So Shocking ! Une impulsion mortifère qui va dès lors flotter tout au long des romances fugaces sur la plage et des rêves désespérés de liberté retrouvée pour une mère et sa fille qui tombent sous le charme du beau Jeff Farrell (le héros du 7ème voyage de Sinbad), ou est-ce l'inverse ? Malin, voir diabolique, Sangster a bien entendu orchestré un faux drame sentimental / vrai traquenard glissant vers le suspense à psycho killer pour mieux mettre en place une machination alambiquée qui déjoue avec habilité les prévisions des spectateurs. Un exercice estival parfois un peu languissant, un mélange des genres qui ressemble parfois au puzzle forcé, mais qui convainc aisément par sa perversité et un final inspiré prenant pour décor d'authentiques carrières comme sculptées pour l'occasion. Comme toujours la Hammer ne fait pas dans la demi-mesure, mais c'est aussi ça qui lui permet de traverser les années aussi élégamment.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Bien souvent les films Hammer en noir et blanc se prêtent beaucoup plus facilement que leurs homologues en couleurs contrastées aux restaurations HD. Et une nouvelle fois le transfert a tout pour séduire les afficionados qui se réjouiront de cadres relativement propres, d'un piqué franchement solide, de reflets argentiques biens dessinés et d'un léger grain bien géré. Pas grand-chose à redire de ce très joli master.

 


Son :

Un peu plus chiche le mono d'origine disposé en DTS HD master Audio 2.0 se heurte régulièrement aux limites de la source avec une sensation légèrement étouffée assez fréquente et un mix relativement plat où les dialogues ressortent largement. Une piste tout à fait audible mais qui n'est pas d'une netteté exemplaire.

 


Interactivité :

Parfaitement intégré dans la désormais bien connu British Terrors, The Maniac profite du même modèle Mediabook avec une couverture élégante, un livret de 16 pages piqué en son centre et bien entendu le doublet Bluray et DVD. Ces derniers proposent le désormais habituel petit travelling sur l'histoire du studio par Nicolas Stanzick, agrémenté pour l'occasion d'une présentation de The Maniac par un autre intervenant Christophe Folzer. Du classique soit, mais plutôt agréable.

Liste des bonus : Livret de 16 pages, Présentation de la Hammer par Nicolas Stanzick, Entretien avec Christophe Folzer.

 
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