SUNDAY IN THE COUNTRY
Canada - 1974
Image plateforme « Blu-Ray »
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Genre : Thriller
Réalisateur : John Trent
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 2 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Dans la campagne de Locust Hill, le vieil Adam (Ernest Borgnine), aigri par la mort de sa fille, tente d’élever sa petite-fille selon ses principes de rédemption religieuse. Il se rend à l’office dominical quand il apprend que trois voyous sont en fuite après un braquage dans la ville d’à côté. Selon la police, ils rôderaient dans les parages. Ce serait une aubaine pour Adam de retrouver les voyous avant la police, et de leur donner la leçon qu’ils méritent…
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No Trespassing

Croisé des années durant dans les bacs VHS poussiéreux sous le titre Self Defense, pan-scanné et avec un bon quart d'heure manquant, le canadien (mais ça ne se voit pas) Sunday in the Country, s'offre une seconde vie grâce au format Bluray et à Artus Video. Parce qu'il le vaut bien.

Comme son lointain cousin australien quelques petites années plus tard, le cinéma de genre canadien aura connu ses plus belles heures grâce à un joli allégement fiscal favorisant les prises de risques artistiques, mais aussi le pur cinéma d'exploitation. Un milieu où l'exercice préféré est de s'inspirer ouvertement du voisin américain pour s'engouffrer dans la mode du moment : on appelle ça la Canuxploitation. Avec Sunday In The Country l'idée est ni plus ni moins que de surfer allègrement sur des productions comme Un Justicier dans la ville (Michael Winner) ou Les Chiens de pailles (Sam Peckinpah) ... Non sans compter sur une bonne dose de La Dernière Maison sur la gauche (Wes Craven) avec son petit trio du truands qui tombe entre les griffes d'un hôte plus dangereux qu'eux. En l'occurrence Ernest Borgnigne, là encore simple alibi pour l'ouverture vers le marché international, mais qui fait un sacré pas de côté, s'éloignant de ses bonhommes sympathiques et mal dégrossi habituels, pour camper un papy campagnard franchement borderline. L'attrait de Sunday in the Country, connu aussi sous le titre Vengeance is mine, n'est pas forcément dans son postulat de départ, mais dans ce que réussit à en faire le réalisateur John Trent, se détournant aussi aisément de la facilité de la violence graphique et de la moralité douteuse.

 

attention chiens méchants


Une fois passée une ouverture qui ne fait aucun de mystère sur l'amoralité des braqueurs de banques, et en particulier de celui incarné par le déjanté Michael J. Pollard (Billy Le Cave, Les 4 de l'apocalypse), la vapeur s'inverse rapidement, installant le bon vieux paysan local comme un prédateur dangereux, préférant disposer son piège plutôt que de faire appel à la police, au détriment de la sécurité de sa petite fille. Une figure plutôt touchante au début (c'est Borgnine tout de même) qui montre peu à peu l'effondrement de ses valeurs, s'enfonçant dans le petit jeu sadique du donneur de leçon, du juge et bourreau, effaçant tout seul la frontière qui existe entre lui ses cibles. Ce n'est pas un film coup de poing, mais un croisement inattendu entre le rape and revenge, et le décorum outrancier Hicksploitation, qui opte pour la rigueur du suspens tranquille et efficace, et surtout pour une exploration subtile de la monstruosité. La relation ambiguë entre Paps et Lucy (Hollis McLaren qui tient la dragée haute) n'est ainsi jamais au centre de l'attention, mais toujours en périphérie, laissant planer un vrai doute sur l'intérêt que lui porte le chef de famille, relayé par les évocations évasives des disparitions des autres femmes de la maison. On est très loin de l'ambiance poisseuse d'un Canicule, mais il persiste un arrière-plan malsain dans Sunday in the Country, petite partie de campagne made in Canada, qui impressionne par la qualité de son interprétation et sa pertinente robustesse. A découvrir.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Revenant de loin (une pauvre VHS recadrée et délavée), Sunday in the Country se dote pour son transfert HD de couleurs particulièrement chaudes et d'une photographie ensoleillée du meilleur effet. Les contrastes ont été largement réhaussés et les cadres nettoyés ne laissant plus transparaitre que quelques reliquats, essentiellement visibles lorsque l'image était autrefois baignée dans un bain bleuté. La copie est cependant loin d'être parfaite et ce travail de restauration (manifestement numérique) a nettement entamé la définition. Une sensation des plus visibles lors des plans d'ensemble, trop lisses et manquant un peu de profondeur. Propre donc, mais presque trop.

 


Son :
Les stéréos d'origines sont glissées sobrement sur le disque avec un rendu direct et très efficace. Le doublage français manque parfois de retenue et de finesse dans son jeu et c'est une fois encore la version originale qui se montre la plus convaincante autant grâce à l'excellence de l'interprétation que de la stabilité de la restitution.

 


Interactivité :
Entamée l'année dernière avec les bisseux Les Marais de la haine et La Vengeance de la femme serpent, la collection Hicksploitation d'Artus Films prend de la hauteur avec un mediapack comprenant le disque Bluray, le DVD et un livret d'une soixantaine de pages piquée dans la reliure. Que ce soit celui-ci ou la présentation vidéo présente sur les disques, les suppléments ont été confiés à Maxime Lachaud, auteur, entre autres, du livre Redneck Movies, et grand admirateur des films de cul-terreux et d'ambiances poisseuses. Sa passion pour le genre et ce film en particulier est palpable et ses deux interventions de manquent pas d'intérêt ni d'informations.

Liste des bonus : Livret 64 pages rédigé par Maxime Lachaud : Ces braves gens de la campagne, Présentation du film par Maxime Lachaud, Diaporama d'affiches et de photos Bandes-annonces.

 
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