LA CITé DE LA JOIE
City of Joy - Royaume-Uni / France - 1992
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Genre : Drame
Réalisateur : Roland Joffé
Musique : Ennio Morricone
Image : 1.85 16/9
Son : Français Anglais DTS HD Master Audio 5.1
Sous-titre : Français
Durée : 132 minutes
Distributeur : Pathé Distribution
Date de sortie : 7 décembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Hazari Pal et sa famille vivent à Bihar, petit village d’Inde. Incapables de rembourser le prêt qu’ils ont contracté, ils sont expulsés de leur logement et forcés de s’exiler à Calcutta pour démarrer une nouvelle vie…
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La dignité humaine

Film culte pour certain, La Cité de la joie de Roland Joffé vaut certainement plus pour ses qualités humaines que pour ses qualités intrinsèques au cinéma. Pourtant, les messages qu'il dégage sont et seront toujours d'actualité.

C'est lors d'un voyage en Inde que le réalisateur de Mission va tomber sous le charme non pas du pays, mais de ses habitants. Cette passion pour le peuple hindou se tournera vite vers les minorités dites « castes inferieures » obligées de survivre dans les bidonvilles de Calcutta au détriment de leur dignité. Roland Joffé ne se sentant pas les épaules d'un missionnaire, il va se résoudre à essayer d'émouvoir le monde avec les armes qu'il maîtrise le mieux, celles des images. C'est ainsi qu'à la même période le réalisateur va tomber sur un ouvrage de Dominique Lapierre traitant du même sujet. Lapierre a déjà prouvé la véracité de ses écrits par des recherches poussées avec son comparse Larry Collins en écrivant à quatre mains des ouvrages historiques comme Paris brûle t-il ? et O'Jerusalem. Roland Joffé se permettra d'y puiser abondamment dans son contexte tout en adaptant librement la trame. Le sujet peut s'avérer dangereux dans son équilibre. Difficile de ne pas tomber dans le patho lorsque l'on parle de misère en confrontant les points de vue occidentaux à ceux hindous. Mais peut-t-on dire que l'on fait des excès d'humanisme lorsque c'est le cœur qui parle ?

 

la communauté de l'amour


Hors de question dés lors de tourner en studio, les nombreuses scènes de foule se tourneront sur place. Le parti pris est donné de cacher les caméras pour offrir plus de véracité et d'énergie au film. Joffé, contre toute attente, engage Patrick Swayze pour le rôle-titre. Ce dernier a peur que le public ne le suive pas et que sa participation nuise au film. Qu'importe, le réalisateur veut suivre son personnage comme n'importe quel touriste débarquant en Inde et se trouvant en contact direct avec les problèmes locaux. Bien vite, son protagoniste va se retrouver au cœur même de la misère, là où la plupart des mortels bien portant refusent d'aller, là où la misère et la lèpre sont monnaie courante : les malfamés bidonvilles. Au milieu de ce chaos ambiant, une femme blanche a tout quitté pour ériger tant bien que mal un dispensaire de fortune. Dur de ne pas penser à ces hommes et ces femmes de valeur partant au-delà de toute logique dans ces pays reculés laissant le confort ouaté de nos pays capitalistes pour aller aider les plus démunis. On pense bien entendu à Mère Theresa à Calcutta ou plus proche de nous au couple français Christian et Marie France mis en lumière dans le documentaire Les Pépites ou encore au missionnaire Timothée Patton qui ont redonné des milliers de sourires aux enfants de Phnom-Penh au Cambodge. Tous ces exemples se sont un jour ou l'autre retrouvés confrontés, comme aux personnages du film, à la corruption et à la mafia locale. Dans le film, le parrain apparait avec la sagesse d'un Corleone en fin de vie maintenant le juste équilibre pour ne pas voir son monde imploser. Malheureusement, son héritier ne l'entendra pas de cette oreille. Dans son abus de corruption et d'explosion, c'est l'amour qui en sortira vainqueur. Bien conscient que l'argent ne fera pas leur bonheur, les habitants des bidonvilles mettront à profit leurs plus grandes forces, l'entraide et l'amitié.

Sur un sujet si fort, Roland Joffé accouche sans doute d'un film trop propre dû à certains manques de finesse. On ne peut lui reprocher d'avoir voulu trop bien faire. Son film respire l'amour des gens dans le pur message évangélique où l'amour du prochain prévaut sur notre zone de confort. Joffé ne cherche pas à filmer le misérabilisme de l'homme mais préfère se concentrer sur l'élévation de l'âme. Il conclut d'ailleurs son film par ce beau proverbe sanskrit « Tout ce qui n'est pas donné est perdu ». Un message qui se veut un résumé à lui tout seul.

Cédric Lemaire






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Image :
Les restaurations Pathé sont un label de qualité pour le respect des œuvres. Comme à son habitude, l'éditeur colle au plus juste aux visionnages d'origine en maintenant la texture organique de la pellicule et surtout en respectant le format 1.85 que l'édition précédente ne respectait nullement.

 


Son :
Les nouvelles pistes 5.1 confortent encore plus dans la justification de revoir ce film. Ample et faisant la part belle au score de Morricone, il prend également ses marques en terme d'ambiance comme toute la dernière partie lors des moussons. Le mixage a beau être moins contemporain que les standards d'aujourd'hui, pour Pathé c'est le respect de l'œuvre originelle qui prime.

 


Interactivité :
Une interview fleuve du cinéaste monopolise toute notre attention. Volubile en anecdotes, il nous parle de chaque stade de la réalisation de son film. De son voyage en Inde qui déclencha sa passion jusqu'à la restauration de Pathé pour son film. De quoi redonner envie de replonger dans les bidonvilles.

Liste des bonus : Entretien avec Roland Joffé (40'), L'Inde et le cinéma (3')

 
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