AMERICAN GOTHIC SAISON 1
Etats-Unis - 1995 / 1996
Image plateforme « DVD »
Image de « American Gothic Saison 1 »
Musique : Joseph LoDuca
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais et Français Dolby Digital 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 990 minutes
Distributeur : Elephant Films
Date de sortie : 27 novembre 2019
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « American Gothic Saison 1 »
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LE PITCH
Bienvenue à Trinity, Caroline du sud. Une petite ville où il fait bon vivre si et seulement si vous faites tout ce que le shérif Lucas Buck attend de vous. A savoir, vendre votre âme au diable.
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Sherif fais moi peur

Les années 90 furent une décennie bénie pour les séries américaines. Et notamment pour la SF et le fantastique. Buffy, X-Files, le remake d'Au-delà du Réel ! Dans l'ombre de ces figures de proue qui firent la gloire des plus grandes heures de la trilogie d'M6 d'autres, moins connues, entrèrent dans nos tubes cathodiques par la petite porte. American Gothic, qui ressort aujourd'hui en DVD par le grâce d'Elephant Films fut de celles là. L'occasion de la (re)découvrir ne se refuse pas !

C'est un soir de novembre 1997 qu'apparaît pour la première fois le générique d'American Gothic à la télévision française. Dans la grille de la toute jeune chaîne 13ème Rue, qui ce soir là fête sa naissance en diffusant deux séries inédites : New York Undercover, signée par l'un des papes du policier Dick Wolf, et American Gothic, série fantastique créée par Shaun Cassidy, nom encore inconnu à l'époque mais qui créera plus tard de nombreux autres séries pour la télévision US. Avec son titre qui évoque le fameux tableau de Grant Wood représentant un couple de fermiers, fourche à la main, cette série (produite par Sam Raimi lui-même) annonce son atmosphère. Située en Caroline du sud, dans la petite ville fictive de Trinity, l'action met en scène un gamin, Caleb Temple (le jeune Lucas Black, qui fera une apparition dans le premier film X-Files), seul rescapé d'un drame familial auquel l'inquiétant Shérif Lucas Buck (l'excellent Gary Cole) n'est pas étranger. Son adjoint assiste d'ailleurs, médusé, le soir du drame, à la scène où son patron tord le cou de la sœur aînée de Caleb, Merlyn (la jeune Sarah Paulson, devenue célèbre depuis, notamment grâce à ses différents rôles dans l'anthologie American Horror Story). Le père de Caleb est alors accusé du meurtre et jeté en prison, dans laquelle il se « suicide » peu de temps après. Buck décide alors de tout mettre en œuvre pour devenir le nouveau tuteur de Caleb. Pour l'en empêcher, il trouve face à lui le docteur Crower (Jake Weber, mari de Patricia Arquette dans la série Médium) et Gail Emory (Paige Turco, la April O'Neil des deux séquelles des Tortues Ninja version 90's), cousine journaliste de Caleb, qui va tout faire pour percer à jour les crimes multiples du Shérif. Mais, de son côté, il peut compter sur l'ensemble des habitants de sa communauté, qui lui doivent pratiquement tous un service et en ont peur comme s'il était le Diable en personne.

 

L'Héritage de la haine


Pour tout ceux qui ont eu la chance de la découvrir dès l'année de sa diffusion en France, il y a peu de chance qu'American Gothic se soit faite oublier facilement. D'abord à cause de son côté très sombre, infligé dès l'épisode pilote, riche en scènes choc, images iconiques et dialogue marquant (« il y a quelqu'un derrière la porte ! »). Ensuite grâce à son générique, qui lui donne une identité clairement horrifique dès son épisode deux. Et enfin grâce à cette lutte entre son Shérif au charisme démoniaque et ce gamin paumé, qui fait évidemment penser à La Nuit du Chasseur même si ici Buck ne veut pas éliminer Caleb mais plutôt le prendre sous son aile, et lui inculquer une sorte d'héritage de la haine en le poussant continuellement à la faute et faire naître en lui les pires instincts. Sacrément immoral ! Mais c'est sans compter sur le fantôme de Merlyn, qui passera son temps à visiter Caleb afin, elle, de lui inculquer compassion, tolérance et honnêteté. La saison entière est alors rythmée par cette lutte entre ses deux forces à laquelle s'ajouteront les investigations de la journaliste et du médecin, chacun d'eux étant confrontés à différents habitants de Trinity qui ont bien évidemment eu maille à partir avec le Shérif et sont souvent en quête de rédemption après avoir été corrompus.

 

dans les griffes de la censure


Si la redécouverte de la série aujourd'hui, plus de vingt ans après sa première diffusion, ne se fait pas sans heurts (la saison entière porte les stigmates des sfx de l'époque, bien pourris il faut l'avouer), une chose frappe néanmoins : la noirceur assumée du programme, qui va parfois très loin dans ses intentions. Y compris dans le sexe, qui bien que jamais frontal (CBS n'est pas HBO) se permet des allusions très appuyées et certaines scènes carrément incroyables pour l'époque. Comme avec le personnage de Selena Coombs (Brenda Bakke, vue dans L.A. Confidential), institutrice toute dévouée à la cause de Buck, qui passe sont temps à essayer de corrompre l'esprit des bambins et n'hésite pas à donner son corps dès lors que le Shérif lui en donne l'ordre. Où lors de l'épisode 4 (Le Ferrailleur) où un ex-détenu prend une jeune fille encore mineure sur ses genoux et lui propose de déguster une glace de façon très... suggestive. Après une telle audace, la censure ne va alors plus lâcher la série, contraignant les auteurs à de multiples revirements qui se sentent de plus en plus au fur et à mesure du show (des personnages, dont celui du docteur Crower, disparaissant même totalement en cours de route) jusqu'à avoir définitivement sa peau à l'issue de sa seule et unique saison qui ne sera même pas intégralement diffusée.

Avec le temps, cette production clairement en avance d'une bonne dizaine d'années mérite donc plus que jamais d'être redécouverte. En espérant que d'autres titres tels les magnifiques Earth 2 ou encore L'Homme de Nulle Part aient elles aussi un jour droit à une seconde chance dans nos lecteurs. On croise les doigts en espérant très fort qu'un certain pachyderme s'y intéresse bientôt.

Laurent Valentin








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Image :
Eléphant Films se contente de ressortir la copie du DVD anglais d'Universal de 2006. Le résultat est médiocre, oscillant entre grains proéminents, flous et couleurs baveuses. A tel point qu'on se demande si l'image de l'époque n'était pas meilleure sur nos tubes cathodiques. Heureusement, ce qui vaut surtout pour le pilote (dommage, c'est un des meilleurs épisodes) s'améliore pour la suite du programme, mais on est que très rarement devant une image telle que le support DVD peut nous en proposer. A noter que, par contre, Eléphant Films a pris la peine de réinsérer les quatre épisodes non diffusés lors de la première programmation de la série aux Etats-Unis dans leur ordre chronologique. Ce qui n'était pas le cas chez nos amis anglais et lors de la diffusion sur 13ème Rue.

 


Son :
La seule piste stéréo existante gagne une compression numérique qui s'entend mais sans jamais réellement surprendre. Un gain notable comparativement à la découverte de l'époque, c'est sûr, mais pas de quoi sauter au plafond.

 


Interactivité :
Un seul petit doc d'une dizaine de minutes sur Sam Raimi (normal, son nom apparaît en haut du visuel de l'édition). Une interview de trois réalisateurs français (Xavier Gens, Didier Poiraud et Mathieu Turi) tous dévoués au cinéma de genre et qui reviennent (dans les locaux de notre cher Metaluna Store) sur le parcours de réalisateur de Sam « The Man », en insistant sur son côté artisan et sa cohérence en tant que producteurs (qui signa aussi, rappelons le, les séries Hercule et Xéna).

Bonus : Sam Raimi : Un portrait multi-facettes (12').

 
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